Adonis Diaries

Archive for September 20th, 2016

My mother and I

MA MERE ET MOI

Venant à la vie, j’avais quelques minutes d’âge lorsque j’ai ressenti dans ma chair le traumatisme de la naissance.

Très vite mes sens de l’urgence se réveillèrent et j’ai fait connaissance avec le froid, lui-même né un mois avant moi.

On m’a habillé et réchauffé pendant que se présentaient à moi la faim et la soif. Elles m’ont effrayé et je me souviens d’avoir pleuré. Ma mère me prit alors contre elle.

S’étant ré-appropriée son utérus, elle me prêta son sein. Nous étions réglés comme du papier à musique.

Son mamelon me fit téter et ma succion lui provoquait sa montée de lait. Son sein allait de pair avec la chaleur réconfortante de son corps autrement plus authentique que celle des textiles qui m’enveloppaient.

Remis dans mon berceau après chaque tétée, je sentais le traumatisme de la naissance quitter ma chair et s’ancrer dans mon esprit.

Naquit en moi une rancune contre celle qui m’a violemment expulsé de son corps quelques jours auparavant.

Elle devint très vite un ou plutôt LE personnage central avec lequel il fallait négocier.

Un jour, ayant deviné qu’elle voulait mettre fin à une tétée, je suis arrivé à lui faire changer d’avis en lui souriant! Mon sourire lui donna une joie telle que j’ai eu double ration!!

J’ai vite compris l’astuce. Faim ou froid, pleurer (langue universelle que je parlais) suffisait. Je pensais que m’ayant expulsé, elle chercherait toujours à se faire pardonner.

Jusqu’au jour où pleurer ne suffit plus.

Elle était maligne la garce ! Tel fils telle mère ! Elle avait compris mon stratagème.
Les choses se sont compliquées lorsqu’elle me refusa un matin son sein, objet de ma consolation.

Elle me donna une espèce de fiole caoutchoutée à la place. (Fête des mères dites-vous?)
J’eus beau passer du sourire aux pleurs, rien n’y fit. Je touchais le fond.

Utérus et sein perdus. Ma rancune grandissait. Ma frustration aussi.
Comme si m’avoir expulsé de son corps ne suffisait pas, un jour, elle m’amena à « l’école », m’a-t-elle dit, m’expulsant ainsi de sa maison.

C’était un genre de camp de concentration pour enfants expulsés et raflés. Qu’est ce qu’on a tous pu pleurer ce jour-là.

Des fausses mères nous engueulaient. Le tout premier contact avec la notion de « maîtresse » !

Faut dire, à la décharge de ma mère, qu’elle est revenue me chercher à midi. Ella a dû avoir des remords.

Je lui ai vite pardonnée mais, du coup, elle récidiva le lendemain!

Au bout d’un mois, ce rituel de l’école s’est bien installé. Je me rappellerai toujours, lorsque mes deux sœurs et moi rentrions de l’école le soir (on avait chacun un an d’écart d’âge), le bonheur de cet instant où ma mère venait nous accueillir sur le seuil de la porte avec sa grande robe de chambre rouge, qu’elle ouvrait grand comme des ailes.

Nous nous y engouffrions, et elle la refermait sur nous, comme pour figer le temps et ralentir l’enfance qui se dérobait déjà sous nos pieds.

Plus tard, je quittai non seulement sa maison, mais tout son pays pour mes études à l’étranger.
Avec ce fichu « plus tard », je me mariais et m’inscrivais ainsi à un autre utérus, sein, chaleur et proximité,

La transition est grave : Votre épouse n’est pas votre mère, et c’est tout aussi bien sinon vous resterez figé à jamais dans l’enfance.

J’en avais voulu, il est vrai à ma mère et à sa série d’expulsions, jusqu’à ce que la Nature m’ait promu au grade de Parent. Elle s’est massivement rachetée.

Elle m’a donné un fils qui sera père et le plus extraordinaire c’est qu’elle m’ait donnée deux filles. Rendez-vous compte ? Deux futures mères de Ma Chair !!

Je compris que si une part de moi revenait à ma mère, Une part de ma mère a ressuscité à travers moi.

Aujourd’hui, j’ai soixante ans et j’ai envie de crier “Maman je t’aime “…

Jamil BERRY

Photo Album of Aleppo: before and after Syria upheaval

ALEP À.ELLES.EUX.PAIX

Livre de photos par Ammar Abd Rabbo et de textes d’intellectuels, édité par Noir Blanc et Caetera,
Jessie Bali. Beyrouth, Lebanon
Les éditions «Noir Blanc Et Caetera» se proposent de réunir dans un recueil hommage à Alep, ville martyre, des photographies inédites prises par Ammar Abd Rabbo. Intellectuels, journalistes, historiens, écrivains, amoureux de la Syrie – et d’Alep en particulier- ont contribué à la rédaction de ce témoignage unique en commentant chacun une photo de cet ouvrage exceptionnel

Le cadre
Ce recueil n’est pas un ouvrage nostalgique de la « belle époque » de la ville, ni un traité diplomatique sur les négociations, ni un état des lieux des forces militaires sur place.

C’est une photographie d’Alep aujourd’hui, avec les peurs des uns et les espoirs des autres…
Le coup de projecteur d’Ammar Abd Rabbo, photographe syrien à la renommée internationale, est d’autant plus précieux qu’il porte un regard à la fois personnel et tendre sur la ville phare de son pays, l’une des plus vieilles villes du monde à avoir été constamment habitée (depuis le VIe millénaire av. J.-C.) grâce à son emplacement stratégique des points de vue militaire et commercial entre la mer Méditerranée et la Mésopotamie.

D’ailleurs, le centre de la ville a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1986. Ce centre-ville est aujourd’hui en ruines.

Les contributeurs
Christophe Boltanski: journaliste, écrivain et chroniqueur français, lauréat du prix Femina 2015 pour son roman « La cache ». Il s’est rendu en reportage en 2012 à Alep.
Edith Bouvier: journaliste indépendante, elle a été blessée et bloquée pendant plusieurs jours à Homs en couvrant le conflit syrien. Auteur de «  Chambre avec vue sur la guerre » (Éditions Flammarion). Elle sest rendue en reportage en 2014 à Alep.
Nora Charabati Joumblatt: d’origine syrienne, elle est la présidente du Festival de Beiteddine et du « Children Cancer Center Lebanon ».  Également fondatrice de l’ONG libanaise « Kayany » (2013) qui a pour but de scolariser les enfants syriens. Sept écoles ont déjà vu le jour. Née à Damas, Nora Charabati Joumblatt est « Aleppine de cœur ».


Magyd Cherfi: chanteur, écrivain et acteur français d’origine algérienne, membre du groupe toulousain « Zebda ». Magyd Cherfi a donné des concerts dans les années 1990 à Alep.
Jean-Pierre Filiu: universitaire français, historien et arabisant, spécialiste de l’Islam contemporain et  diplomate en Syrie. Il sest rendu plusieurs fois à Alep dans les années 1990 puis plus récemment en 2013, et a effectué une visite marquante suite à laquelle il a publié « Je vous écris d’Alep » (Éditions Denoël).
Nicolas Hénin: grand reporter indépendant (Le Point, Arte) et journaliste d’investigation, auteur de « Jihad Academy » (Éditions Fayard, 2015) et de « La France russe- Enquête sur les réseaux Poutine » (Éditions Fayard, 2016). Il a été retenu en otage à Alep en 2014.
Salam Kawakibi: politologue d’origine syrienne et directeur adjoint de l’Initiative de réforme arabe. Ancien directeur de l’Institut français du Proche-Orient, à Alep.
Marie Seurat: épouse de Michel Seurat, sociologue et chercheur au CNRS, mort à 37 ans en captivité. Née à Alep où elle a passé son enfance, elle est lauteur de louvrage « Les corbeaux d’Alep », (Éditions Gallimard, 1989).
Camille de Rouvray: enseignante de Français Langue Étrangère (FLE). Lauréate du prix Panorama des idées « Grand récit » 2015 pour son livre « Quitter Alep en guerre » (Éditions Bord de L’eau, 2014). Elle a vécu et travaillé à Alep de 2009 à 2012.

L’objectif
Nous avons besoin de 10 000 USD afin que ce projet voie le jour. Le préfinancement paiera la production, l’impression (1 000 exemplaires) et le lancement du livre. L’argent  collecté permettra la réalisation d’un très bel ouvrage.

À noter que 8 % de la somme iront dans la part de contribution à reverser à Indiegogo.
Si la somme demandée est dépassée, le surplus permettra d’augmenter le tirage du livre et/ou de mettre en route la version anglaise également en gestation.
En adhérant à notre formule de prévente du livre pour le prix préférentiel de 33 USD au lieu de 38 USD vous contribuerez ainsi à assurer la faisabilité de ce projet dont le lancement est prévu pour décembre.
Cette levée de fonds est une manière efficace de faire connaître cette publication  au plus grand nombre de personnes possible et de la préfinancer.

Derrière lobjectif
Qui est Ammar Abd Rabbo ?
Ammar Abd Rabbo est un journaliste et photographe français et syrien, né à Damas. Il a vécu à Tripoli (Libye) et à Beyrouth (Liban) avant de s’installer en France à l’âge de douze ans.

Ancien élève de “Sciences Po” (IEP Paris), il a travaillé depuis 1990 avec de nombreuses agences internationales comme Sygma, Sipa Press, Abaca Press, et c’est un collaborateur régulier de l’Agence France Press (AFP).

En plus de vingt-cinq ans de reportages photographiques, il a couvert aussi bien les coulisses des concerts de Michael Jackson que les inondations causées par l’ouragan « Katrina » à la Nouvelle-Orléans (2005), ou encore la guerre en Irak (2003), au Liban (2006) ou les révolutions arabes en Libye (2011) et à Alep, en Syrie, en 2013 et 2014.

Il a signé plus d’une soixantaine de couvertures de magazines très différents comme Paris Match, Der Spiegel, Le Point, L’Express…

Noir Blanc Et Caetera , qui sommes-nous ?
« Noir Blanc Et Caetera » est la dernière-née des maisons d’éditions au Liban. Elle se propose d’être innovatrice dans son domaine, à savoir proposer à l’auteur un maximum d’avantages et lui donner un droit de regard sur son ouvrage, depuis sa conception jusqu’à son impression.

C’est une maison qui fait de la résistance culturelle dans un pays où s’exprimer librement devient de plus en plus difficile.
Fondée en 2012, “Noir Blanc Et Caetera” a déjà plus de 20 publications à son actif. De nombreux projets sont en cours pour 2016 et 2017.

Interruptions into the expected narrative: Talking to strangers
“When you talk to strangers, you’re making interruptions into the expected narrative of your daily life — and theirs,” says Kio Stark.
Stark explores the overlooked benefits of pushing past our default discomfort when it comes to strangers and embracing those fleeting but profoundly beautiful moments of genuine connection.

Kio Stark. Stranger enthusiast explores the myriad ways encounters with strangers impact our lives. Full bio

Filmed Feb. 2016

There are things we say when we catch the eye of a stranger or a neighbor walking by. We say, “Hello, how are you? It’s a beautiful day. How do you feel?” These sound kind of meaningless, right?

And, in some ways, they are. They have no semantic meaning. It doesn’t matter how you are or what the day is like. They have something else. They have social meaning. What we mean when we say those things is: I see you there.

0:44 I’m obsessed with talking to strangers. I make eye contact, say hello, I offer help, I listen. I get all kinds of stories.

About seven years ago, I started documenting my experiences to try to figure out why. What I found was that something really beautiful was going on. This is almost poetic.

These were really profound experiences. They were unexpected pleasures. They were genuine emotional connections. They were liberating moments.

 one day, I was standing on a corner waiting for the light to change. I’m a New Yorker, so that means I was actually standing in the street on the storm drain, as if that could get me across faster. And there’s an old man standing next to me. So he’s wearing a long overcoat and sort of an old-man hat, and he looked like somebody from a movie.

And he says to me, “Don’t stand there. You might disappear.” So this is absurd, right? But I did what he said. I stepped back onto the sidewalk. And he smiled, and he said, “Good. You never know. I might have turned around, and zoop, you’re gone.”

This was weird, and also really wonderful. He was so warm, and he was so happy that he’d saved me. We had this little bond. For a minute, I felt like my existence as a person had been noticed, and I was worth saving.

The really sad thing is, in many parts of the world, we’re raised to believe that strangers are dangerous by default, that we can’t trust them, that they might hurt us. But most strangers aren’t dangerous.

We’re uneasy around them because we have no context.

We don’t know what their intentions are. So instead of using our perceptions and making choices, we rely on this category of “stranger.”

Patsy Z and TEDxSKE shared a link.
ted.com|By Kio Stark

I have a four-year-old. When I say hello to people on the street, she asks me why. She says, “Do we know them?”

I say, “No, they’re our neighbor.”

“Are they our friend?”

 “No, it’s just good to be friendly.”

 I think twice every time I say that to her, because I mean it, but as a woman, particularly, I know that not every stranger on the street has the best intentions. It is good to be friendly, and it’s good to learn when not to be, but none of that means we have to be afraid.

There are two huge benefits to using our senses instead of our fears.

The first one is that it liberates us. When you think about it, using perception instead of categories is much easier said than done. Categories are something our brains use. When it comes to people, it’s sort of a shortcut for learning about them.

We see male, female, young, old, black, brown, white, stranger, friend, and we use the information in that box. It’s quick, it’s easy and it’s a road to bias.

And it means we’re not thinking about people as individuals. I know an American researcher who travels frequently in Central Asia and Africa, alone. She’s entering into towns and cities as a complete stranger. She has no bonds, no connections. She’s a foreigner. Her survival strategy is this: get one stranger to see you as a real, individual person. If you can do that, it’ll help other people see you that way, too.

The second benefit of using our senses has to do with intimacy.

I know it sounds a little counterintuitive, intimacy and strangers, but these quick interactions can lead to a feeling that sociologists call “fleeting intimacy.”

it’s a brief experience that has emotional resonance and meaning. It’s the good feeling I got from being saved from the death trap of the storm drain by the old man, or how I feel like part of a community when I talk to somebody on my train on the way to work.

Sometimes it goes further. Researchers have found that people often feel more comfortable being honest and open about their inner selves with strangers than they do with their friends and their families that they often feel more understood by strangers.

This gets reported in the media with great lament. “Strangers communicate better than spouses!” It’s a good headline, right? I think it entirely misses the point.

The important thing about these studies is just how significant these interactions can be; how this special form of closeness gives us something we need as much as we need our friends and our families.

how is it possible that we communicate so well with strangers? There are two reasons.

The first one is that it’s a quick interaction. It has no consequences. It’s easy to be honest with someone you’re never going to see again, right? That makes sense.

The second reason is where it gets more interesting. We have a bias when it comes to people we’re close to. We expect them to understand us. We assume they do, and we expect them to read our minds. So imagine you’re at a party, and you can’t believe that your friend or your spouse isn’t picking up on it that you want to leave early. And you’re thinking, “I gave you the look.”

With a stranger, we have to start from scratch. We tell the whole story, we explain who the people are, how we feel about them; we spell out all the inside jokes. And guess what? Sometimes they do understand us a little better.

now that we know that talking to strangers matters, how does it work?

There are unwritten rules we tend to follow. The rules are very different depending on what country you’re in, what culture you’re in.

In most parts of the US, the baseline expectation in public is that we maintain a balance between civility and privacy. This is known as civil inattention.

So, imagine two people are walking towards each other on the street. They’ll glance at each other from a distance. That’s the civility, the acknowledgment. And then as they get closer, they’ll look away, to give each other some space.

In other cultures, people go to extraordinary lengths not to interact at all. People from Denmark tell me that many Danes are so averse to talking to strangers, that they would rather miss their stop on the bus than say “excuse me” to someone that they need to get around.

Instead, there’s this elaborate shuffling of bags and using your body to say that you need to get past, instead of using two words.

In Egypt, I’m told, it’s rude to ignore a stranger, and there’s a remarkable culture of hospitality. Strangers might ask each other for a sip of water. Or, if you ask someone for directions, they’re very likely to invite you home for coffee.

We see these unwritten rules most clearly when they’re broken, or when you’re in a new place and you’re trying to figure out what the right thing to do is.

Sometimes breaking the rules a little bit is where the action is.

In case it’s not clear, I really want you to do this. OK? So here’s how it’s going to go. Find somebody who is making eye contact. That’s a good signal. The first thing is a simple smile. If you’re passing somebody on the street or in the hallway here, smile. See what happens.

Another is triangulation.

There’s you, there’s a stranger, there’s some third thing that you both might see and comment on, like a piece of public art or somebody preaching in the street or somebody wearing funny clothes. Give it a try. Make a comment about that third thing, and see if starts a conversation.

Another is what I call noticing. This is usually giving a compliment. I’m a big fan of noticing people’s shoes. I’m actually not wearing fabulous shoes right now, but shoes are fabulous in general. And they’re pretty neutral as far as giving compliments goes. People always want to tell you things about their awesome shoes.

You may have already experienced the dogs and babies principle. It can be awkward to talk to someone on the street; you don’t know how they’re going to respond. But you can always talk to their dog or their baby. The dog or the baby is a social conduit to the person, and you can tell by how they respond whether they’re open to talking more.

The last one I want to challenge you to is disclosure.

This is a very vulnerable thing to do, and it can be very rewarding. So next time you’re talking to a stranger and you feel comfortable, tell them something true about yourself, something really personal. You might have that experience I talked about of feeling understood.

Sometimes in conversation, it comes up, people ask me, “What does your dad do?” or, “Where does he live?” And sometimes I tell them the whole truth, which is that he died when I was a kid. Always in those moments, they share their own experiences of loss. We tend to meet disclosure with disclosure, even with strangers.

11:03 So, here it is. When you talk to strangers, you’re making beautiful interruptions into the expected narrative of your daily life and theirs. You’re making unexpected connections.

If you don’t talk to strangers, you’re missing out on all of that. We spend a lot of time teaching our children about strangers. What would happen if we spent more time teaching ourselves?

We could reject all the ideas that make us so suspicious of each other. We could make a space for change.


adonis49

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