Adonis Diaries

One or two lives? Is the third book another life?

Posted on: October 5, 2016

One or two lives? Is the third book another life? 

UNE VIE OU DEUX …

Mon troisième Roman sort dans 10 jours .

Contexte, et extrait .

(JULIEN, essayiste libanais , vivant en France, tomba amoureux de ZELPHA;journaliste et comédienne libanaise vivant en France aussi)

” Ce que j’ai envie de dire aujourd’hui, c’est qu’au fil de nos rencontres, cette femme ne fut pas pour me déplaire. Moi l’éternel célibataire, et quand je me suis décidé à avancer le premier pion; en reine impitoyable, elle le balaya, et me fit comprendre que non !

Mon pauvre pion se voulait cavalier, elle le traita de fou.« Non, c’est non.»

Pour se justifier, elle avait l’embarras du choix : Je n’avais déjà pas une brillante situation. L’ambition et moi, cela fait trois. (Je suis myope). Je n’étais donc pas en position de briguer quelque mandat sentimental que ce soit auprès d’une femme de bonne famille.

Me concernant, ma condition n’était cependant pas l’argument que ma compatriote mit en avant.

Je pense sincèrement qu’elle serait passée outre s’il n’y avait eu que cela. Ses parents certes, auraient voulu que leur fille unique fasse un beau mariage, or je ne suis pas l’homme des beaux mariages.

Sa raison était ailleurs. Elle sortait du tréfonds de notre conscience collective :

– Tu comprends Julien ! Accepte-moi comme la sœur que la vie ne t’a pas donnée, car pour moi, tu es le frère que je n’ai jamais eu. Tu es l’ami fiable. Le compatriote rassurant. Te regarder et te considérer comme un homme mâle, j’ai du mal. Prononcer les termes de l’amour et du sexe en arabe, me gêne.

– Je parle français tu sais ! Avais-je relevé.
Elle opposa une fin de non-recevoir à ma contestation:
– Ce serait ridiculement artificiel. Deux Libanais, désertant leur langue maternelle, et demandant l’asile sexuel à une autre langue ! Tu imagines la scène ?

Je n’ai pas eu le temps de réagir. Elle partit en vrille:

– J’ai été tellement moralisée en Arabe, que cette langue devint pour moi celle de tous les interdits.

Notre société étouffait les crises d’adolescence aux âges où l’on flirte.

Un train qu’on nous a interdit de prendre. De l’enfance, nous montions directement dans le train de l’âge adulte. Le premier homme qui m’a abordée, je l’ai pris pour un pédophile. Or il était on ne peut plus normal. Normal !

C’est moi hélas qui n’avais pas grandi.
Elle se tut le temps de reprendre son souffle, avant de poursuivre professorale :

– J’ai prié en Arabe. J’ai récité des poèmes sublimes en Arabe. Lu les textes les plus purs en Arabe. J’ai subi le lourd impact de la famille et de la religion, en Arabe. Les prêches du dimanche qui n’en finissaient pas quel qu’ait été l’église. Ils étaient en Arabe. Le seul amour que j’ai pratiqué dans cette langue fut l’amour parental. Trivialement dit, je ne pourrai pas mouiller en Arabe…

J’ai trouvé osé son terme. Elle faisait de l’érotisme sans le savoir.

– Tu m’écoutes ? Me rappela-t-elle à l’ordre.
– Oui je t’écoute !
– Comment ça, oui ?
– Je suis tout ouïe.

– En Arabe, j’aurai l’impression de transgresser. De commettre ! Il n’y a qu’à voir les insultes que la rue utilise dans notre langue !

Ces abrutis se sont appropriés tout le vocabulaire de la sexualité, à tel point, qu’ils l’ont rendue vulgaire, répugnante.

Non Julien, je ne pourrai pas. Pas avec un compatriote. Tu peux penser ce que tu veux, et tu auras sans doute raison, mais pour moi cela aura tout l’air d’un d’inceste au vocabulaire répugnant en plus !

Sous l’effet de cette ineptie, ma gorgée de café alla tout droit dans mes bronches.

– Tu vas un peu trop loin là, répondis-je en m’essuyant la bouche de mon revers de main. Comment font les autres Libanais ? Tous incestueux d’après toi !

Elle extirpa une cigarette refuge de son sac à main et sans me quitter des yeux, tout en cherchant son briquet dans son sac, (les yeux au bout des doigts), elle répondit aussitôt :

– Mais les Libanais intramuros, sont en immersion totale dans leur langue. Ils n’en sont pas sortis suffisamment longtemps pour la regarder de l’extérieur .

Même avec cela je connais des couples qui ont banni l’arabe de leur intimité. Ya3neh (je veux dire) on ne peut être à la fois in et out !

(Il arrive que les Libanaises soient trilingues dans une seule et même phrase). Nous vivons « en français » Julien, et cela nous donne le privilège de voir les petits défauts de l’édifice maternel…”

Jamil BERRY

Note: I feel that I’m still a child in my old age of candour. Could never fathom how we can become adult

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