Adonis Diaries

Mon cher Ado. Part 71

Posted on: December 12, 2018

Mon cher Ado. Part 71

Et malheur à celui qui ne se soumettait pas au règlement qui nous était imposé . Bien sûr , ce n’était pas Guantanamo ni Cayenne au temps de l’esclavage et des travaux forcés , mais quand même !

On avait cependant la possibilité de nous racheter quand nous dérogions à la règle . Donc, lorsque nous étions punis et cela consistait à être retenus le jeudi après-midi en classe ,et passer deux heures à écrire des centaines de lignes du style : “je ne dois plus parler à l’étude du soir ” , au lieu d’aller en promenade du côté de Kaslik.

Le Kaslik etait encore vierge de toute construction , rien que des pins qui se tenaient la main jusqu’à la mer , et jouer aux boucliers, nous pouvions moyennant une victoire gagnée pour avoir été vaillant dans un domaine scolaire ou au sport , échapper à la retenue : une victoire consistait en un carton rouge qui valait cinq unités . L’unité consistait en un carton jaune que l’on gagnait facilement .

Comme j’en gagnais beaucoup, je suppose que j’étais à la fois turbulent et brave, je me rachetais et profitais des sorties du jeudi .

Mieux encore , si après avoir racheté toutes les retenues , il vous restait dans la,cagnotte plus de cent victoires à la fin de l’année, vous pouviez participer à l’excursion en bus qui nous menait dans la plaine de la Bekaa , chez les pères blancs qui y résidaient dans leur vaste propriété et où l’on pouvait nager dans leur piscine .

(Au college prive’ de Beit Chabab, les eleves qui restaient en ete’ allaient a Falougha pour 2 semaines. Moi, la cousine de ma mere, soeur Ursula, ne me permettait pas de joindre les vacanciers, ni mon petit frere Ghassan)

Rien que du bonheur !

Oui , mais voilà que j’arrive en classe de sixième dans la division des moyens et de ce fait , le temps béni des unités et des victoires n’était plus qu’un souvenir .

Alors durant quatre ans , j’étais abonné aux retenues des jeudis après-midi . Je me rappelle que parfois je me retrouvais seul avec le surveillant .

En classe de troisième, le surveillant était un vieux monsieur , bossu et assez original qui nous avait enseigné l’art de la diction en classe de 7eme .en nous apprenant les fables de La Fontaine .

Et comme je me trouvais des fois seul en retenue , nous avons fini par devenir amis . Alors , il me laissait sortir avant l’heure .

De son côté , ça l’arrangeait de regagner sa maison un peu plus tôt , jusqu’au jour où il s’est cassé la jambe en descendant du bus .

Alors il demanda au préfet , frère Vivien , un Alsacien qui aimait les sportifs ,que je le remplace , car monsieur Nasri Gemayel a fini par me trouver quelques qualités .

C’est ainsi que j’ai commencé ma carrière d’enseignant en devenant surveillant au collège des frères maristes à Jounieh ….

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