Adonis Diaries

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What 72 hours reserved by the PM can resolve the plight of 3 decades of militia control system?

72 heures C’est le temps que donne le chef du gouvernement libanais Saad Hariri à ses partenaires du “deal”, pour qu’ils apportent une “réponse convaincante” aux Libanais en général et aux protestataires en particulier, ainsi qu’à la communauté internationale, sur l’existence d’une “décision unanime pour réformer l’Etat, arrêter le gaspillage et lutter contre la corruption”

Sinon, la kel 7édiss 7adiss, vogue la galère. Comme ils sont tous aussi déterminés, on se demande pourquoi ils ne s’entendent pas 🎭

J’ai rédigé deux réquisitoires accablants contre les dirigeants libanais pris en flagrant délit de négligence dans la maintenance de nos bombardiers d’eau Sikorsky ayant eu de graves conséquences.

J’ai dénoncé aussi avec vigueur le gaspillage de l’argent public par le ministre de l’Environnement, Fady Jreissati (Courant patriotique libre), qui n’a pas jugé utile de trouver 100 000 $/an pour faire fonctionner nos bombardiers d’eau, mais qui est en négociation en Espagne depuis des mois pour acheter de nouveaux bombardiers d’eau pour 8 millions $. (You are biased and Not fair on this issue. And you know the issue pretty well. So many older and well entrenched highway robbers in this government and you selected the one who is clean)

J’ai également réclamé sa démission ou son limogeage et une enquête approfondie pour déterminer qui sont ses complices. C’est pour vous dire, moi aussi je suis en colère.

Mais en ce temps des émeutes de rues et des esprits fumants, où chacun a son idée sur la marque de l’interrupteur qu’il faut installer pour que ‘bé kabsitt zirr’ tout soit résolu 🎭, je pense pour ma part qu’il vaut mieux investir dans une bonne boussole plutôt 🧭, afin de ne pas perdre le nord

Il nous revient en tant que citoyens responsables de nous rappeler trois principes fondamentaux de la vie en société :

1. Rien, absolument rien, ne justifie le recours de gens mécontents à la violence quelles qu’en soient les raisons et les époques. Les auteurs doivent être poursuivis selon les lois en vigueur.

2. Brûler des pneus, du mobilier urbain, des bennes de recyclage et des panneaux publicitaires, reste comme l’acte le plus primitif qu’un être humain ayant 100 milliards de neurones est capable de faire. Il doit être sévèrement puni par la justice. D’autant plus que ces émeutes sont devenues criminelles, on compte déjà plusieurs morts.

3. Les cercles du pouvoir, le Grand Sérail, le Parlement et le Palais présidentiel, ainsi que l’accès aux centres vitaux du pays -comme la Banque centrale, l’aéroport et le port de Beyrouth, les raffineries, les centrales électriques et téléphoniques, etc.- sont des lignes rouges. Quiconque s’y aventure doit être traduit devant les tribunaux et condamné avec la plus grande sévérité.

On peut ignorer ces principes, mais il faut assumer les conséquences, c’est la voie grande ouverte au chaos qui précipitera le #Liban dans l’abîme à la vitesse du son.

Respecter ces principes et tout sera permis. Tout acte civique doit s’inscrire dans le respect des lois en vigueur dans notre pays. Sinon, il est nul et non avenu.

*

. Qui a des revendications légitimes sur l’enquête concernant le scandale des Sikorsky, la taxation des narguilés, la cherté de la vie, le cumul des taxes, la hausse des prix scolaires et universitaires, la gestion des déchets, la pollution, la corruption, le népotisme, l’incompétence, les négligences, le confessionnalisme, le communautarisme…

Le recyclage, l’assurance maladie, la justice sociale, la relance de l’économie, le droit au logement, les locations anciennes, l’extension de la souveraineté de l’État sur tout le territoire libanais…

Le trafic illégal sur la frontière syro-libanaise, la réhabilitation d’Assad, le retour des réfugiés syriens installés au Liban en Syrie, la lutte contre Israël, la dissolution des milices palestiniennes, le désarmement du Hezbollah, est totalement libre de les exprimer dans le respect des lois en vigueur.

. Qui a envie de se perdre dans des slogans creux, « al sha3eb youreed eskatt el nizaam » (à bas le régime), « sawra » (révolution), « yi fello kelloun » (qu’ils partent tous), « tol3et ri7etkon », (You smell) « ta7élouf watani », les revendications vaseuses de la société civile 🎭, roue libre, dans le respect des lois en vigueur.

. Qui a un agenda politique déclaré, « faltaskout el 7oukoumi » (démission du gouvernement / revendications de la société civile, Parti socialiste et parti des Forces libanaises qui appellent à manifester mais dont les ministres ne démissionnent pas 🎭)

Et « intikhebaat niyabiyyé moubakkira » (législatives anticipées / revendications de la société civile, Kataeb), ou un agenda politique non déclaré comme et surtout le Hezbollah (agiter la rue pour faire pression sur le gouvernement libanais afin de le contraindre à adoucir les conséquences des sanctions américaines sur le parti-milicien chiite), qu’il aille fumer sa moquette, il vaudrait mieux.

. Qui veut carreler la mer (société civile en général), qu’il ne se gêne pas, yi rou7 yi balto el ba7er.

*

OUI aux manifestations pacifiques à #Beyrouth, Baalbek, Tripoli, Sour, Jounieh, Saïda, Nabatiyeh etc.

NON aux manifestations violentes aux quatre coins du Liban, même à celles qui consistent à couper les routes avec des pétales de roses !

Réclamer la baisse des tarifs des communications mobiles exorbitants est légitime, mais pénétrer dans les immeubles des compagnies pour les saccager est illégal.

On n’ hiberne pas 365 jours par an, pour ne se réveiller que le 366e jour, une fois tous les quatre ans, avec dans la tête l’idée incongrue de jouer au « Che » et de se prendre pour des « révolutionnaires » 🎭

Qui veut changer le monde s’implique en politique et travaille tous les jours pour cela dans le respect des lois en vigueur.

S’il n’est pas content des lois, il n’a qu’à militer d’arrache-pied pour les changer.

Jamais les citoyens n’ont disposé d’autant de moyens pour peser sur les décisions politiques. Il faut vraiment comprendre, que l’activisme agressif de nos jours est contre-productif par rapport à l’activisme pacifique qui est beaucoup plus efficace s’il est intelligemment mené.

*

Mon soutien est total à la population pacifique qui manifeste dans le RESPECT ABSOLU des lois en vigueur au Liban.

Je n’apporte aucun soutien aux protestataires agressifs dans la rue.

Vu cette « violence » qui prend différentes formes et ces « revendications » de toutes sortes, que je vois et j’entends depuis jeudi, mon soutien est aussi total au président Michel Aoun, au Premier ministre Saad Hariri, au chef du Parlement Nabih Berri, au commandant de l’armée libanaise Joseph Aoun, au directeur général des forces de sécurité intérieure Imad Osman, au gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé, et à chacun-e des 128 députés de la nation.

(I doubt that the more than a million protesters all over the country agree for Nabih Berry to remain chairman of the Parliament after 29 years of continuous tenure, or for Imad Osman who remained on vacation in Chili while all the unrest was going on, or Riad Salami who is the middleman for all the highway robberies of the mafia/militia “leaders”…)

Je ne le fais pas spécialement par estime aux personnes citées, mais par respect à ces hauts représentants des institutions de la République libanaise et du peuple libanais, jusqu’à nouvel ordre, qui ne peut survenir qu’à travers des élections organisées dans les délais prévus par la Constitution libanaise et jamais sous la violence de la rue.

(But what kind of fair election law?)

Halte au populisme à 5 piastres. Demander des élections présidentielles alors qu’il a fallu 900 jours de vacances pour y parvenir la dernière fois est grotesque.

Réclamer des élections législatives en octobre 2019, alors qu’on vient d’organiser en mai 2018 est une aberration démocratique.

Saad Hariri est incontournable au niveau internationale pour mettre en oeuvre les accords de la conférence CEDRE, promesses de $11 milliards de prêts avantageux et de dons contre des réformes structurelles.

Former un gouvernement de technocrates apolitiques, alors que le Parlement est politisé à 99% est une chimère, il faut 9 mois pour y parvenir et ne tiendra que 3 mois.

En abolissant le “Parlement des singes” au profit de “Kangaroo courts” populaires qui se prennent pour des tribunaux révolutionnaires, nous ne sommes pas en train de construire un Etat de droit digne de ce nom, mais une ferme au fin fond d’une jungle 🎭

(No body among the protesters demanded Kangaroo court or vigilante courts)

Note: I posted my second article on this mass upheaval

https://adonis49.wordpress.com/2019/10/20/the-mass-upheaval-in-lebanon-starting-in-october-17-is-growing-stronger-and-widespread/

Vive la République, vive le Liban. A bon entendeur, salut ! 🇱🇧

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Feedback on the impression of people in various country toward their political system

Que pensent les gens de la gouvernance de leur pays par l’armée, un leader fort, des experts, le peuple ou des élus ? (Art.511) A study and book review

(Ces statistiques de “preference” ne valent pas grand chose. Il faudrait avoir un petit entretien avec la peronne pour connaitre que son opinion n’est pas le meme que sa reponse, et meme contraire)

Note: This is the conclusion of the extensive article, and related to Lebanese feedback.

Bakhos Baalbaki, Feb 18, 2018

Enquête dans 38 pays du monde, dont le Liban, la France, l’Allemagne, la Suède, le Canada, le Royaume-Uni, l’Italie, la Tunisie, la Turquie, Israël, la Russie, l’Australie et les Etats-Unis.

L’appréciation des différents régimes de gouvernance par les Libanais, synthèse complémentaire

– Les Libanais sont dépités par le fonctionnement de leur démocratie et la performance de leurs gouvernements. Mais comme le montre l’étude du Pew Research Center, ils restent très attachés aux formes démocratiques représentative et directe. Ils sont méfiants dans leur majorité des régimes militaire et du dirigeant fort. Une minorité y croit pourtant. Etant donné la qualité de la classe politique qu’ils ont, ils croient massivement qu’un régime d’experts ferait mieux.

– Au total, seuls 18% des Libanais sont des « démocrates engagés » (ils appuient un système dans lequel les représentants élus gouvernent mais ne soutiennent pas un régime guidé par des experts, un chef fort ou l’armée), 68% des « démocrates moins engagés » (qui disent qu’une démocratie représentative est bonne mais qui soutiennent aussi au moins une forme non démocratique de gouvernement) et 13% des « non-démocrates » (qui ne soutiennent pas la démocratie représentative et soutiennent au moins une forme non démocratique, technocratie, autocratie ou régime militaire).

C’est un peu le profil des Hongrois, des Ghanéens et des Philippins. Le profil occidental est totalement différent, respectivement : 34-52% / 34-47% / 5-17%.

– Toutefois, il y a un chiffre qui poussera pas mal de Libanais à bien bomber leur thorax de fierté. Eh bien, figurez-vous, que nous sommes parmi les populations les plus attachées à la démocratie représentative au monde

Certes, on ne donne pas l’air de l’être, mais tel est le cas en théorie. Si on ne s’intéresse qu’à ceux qui estiment que cette forme de gouvernance est « très bonne » (en excluant, les adhérents mous, ceux qui trouvent qu’elle est « plutôt » bonne), les Libanais se hissent à la 5e place, avec un score de 51%juste après les Suédois (54%) et trois populations d’Afrique, les Sénégalais, les Tanzaniens et les Ghanéens (53-62%).
Le Liban, la Suède, le Sénégal, la Tanzanie et le Ghana, sont les seuls pays au monde, de l’étude, où il existe une majorité absolue en faveur de la démocratie représentative, la gouvernance du pays par des élus. Il y a tellement peu de bonnes nouvelles que ce point mérite d’être souligné. Pour mesurer son importance, sachez que les Américains ne sont qu’à 48% ; les Allemands à 46% ; les Anglais, Canadiens, Australiens et Turcs à 43% ;  les Néerlandais à 42% et les Israéliens à 41%.

Les autres populations encore loin derrière: les Italiens à 29% ; les Français c’est à peine à 23% ; les Japonais, Jordaniens et Tunisiens à 22% ; les Mexicains à 9% ; et les Brésiliens, record du monde, juste 8%.

– Peut mieux faire dirait le grec Solon, le père de la démocratie ! La façon de penser des Libanais est globalement rassurante, même s’il y a beaucoup à redire comme je l’ai expliqué dans l’article. Mais alors pourquoi diable le Liban est un pays nase à ce point?

On pourrait même parler de « paradoxe libanais » en politique ! Ce qui fait cruellement défaut au Liban, c’est la présence de la pensée communautaire qui ravage les esprits et le manque d’esprit critique à l’égard de son propre camp, deux tares qui affectent gravement la cohésion nationale et toute notre démocratie. La morosité économique n’arrange pas les choses. Et pour achever tout espoir dans l’avenir, nous avons un paysage politique peuplé de dinosaures, les mêmes dirigeants depuis trop longtemps, qui ne sont vraiment pas à la hauteur et qui ne sont jamais sanctionnés dans les urnes.

– S’il y a deux paramètres qui doivent concentrer tous nos efforts, ce sont ceux portant sur l’amélioration du fonctionnement de notre démocratie et la qualité de l’offre démocratique. Ils se répercuteront forcément et positivement sur les onze autres paramètres. Les périodes électorales constituent d’excellentes occasions pour agir.

Nous n’avons qu’une seule et unique voie. Soyons réalistes, exigeons l’impossible des candidat-e-s aux prochaines élections législatives, même de son propre camp : niveler les débats politiques par le haut, demander des comptes, présenter un programme électoral détaillé et s’engager sur des mesures concrètes et chiffrées. C’est le seul moyen d’améliorer les choses en envoyant au Parlement le moment venu, des représentants plus compétents que ceux que nous avons connus dans le passé.
– A ce propos un exemple parmi tant d’autres, le Liban a vécu près de 900 jours de vacance du pouvoir présidentielrécemment, et pourtant, aucun parti et pas un seul candidat baveux, même indépendant ou de la haute société civile, journaliste reconverti en tête, et Dieu sait qu’il y a des vocations en ce moment, enfin, personne ne propose quoi que ce soit pour en finir avec ce grave dysfonctionnement de notre démocratie. Allons bon, pourquoi faire? C’est pour vous dire!
Seul Bakhos Baalbaki a proposé d’introduire dans la démocratie libanaise le concept du “conclave présidentiel”, l’enfermement des deputés libanais dans le Parlement place de l’Etoile jusqu’à l’élection du président de la République libanaise dans les délais, comme le fait le Vatican depuis des siècles. (Berry a interdit aux deputes de sortir pour faire pipi avant que le budget soit vote’)
Allez pour finir avec une bonne dose de sarcasme, disons maintenant qu’on a du pétrole, il nous manque que les idées et des candidats pour les concrétiser

Que pensent les gens de la gouvernance de leur pays par l’armée, un leader fort, des experts, le peuple ou des élus ? (Art.511) A study and book review

(Ces statistiques de “preference” ne valent pas grand chose. Il faudrait avoir un petit entretien avec la peronne pour connaitre que son opinion n’est pas le meme que sa reponse, et meme contraire)

Bakhos Baalbaki, Feb 18, 2018

Enquête dans 38 pays du monde, dont le Liban, la France, l’Allemagne, la Suède, le Canada, le Royaume-Uni, l’Italie, la Tunisie, la Turquie, Israël, la Russie, l’Australie et les Etats-Unis.

Le Pew Research Center

Elles peuvent susciter la polémique, surtout quand elles abordent des sujets sensibles comme la religion, jamais l’indifférence ou le désintérêt. Les études du Pew Research Center sont toujours attendues.

Ce think tank américain basé à Washington est devenu en moins d’une quinzaine d’années une référence internationale. Ses publications concernent la politique et la législation américaines, mais aussi les tendances politiques, sociales et démographiques dans le monde.

Celle du mois d’octobre s’intéresse à l’évaluation des systèmes de gouvernance par les populations de 38 pays. Au total, 41,953 personnes ont été interrogées. Comme nous sommes la veille de nouvelles élections législatives au Liban, il serait utile de revenir sur les chiffres.

Dans chaque pays, on a demandé aux gens si les systèmes de gouvernement suivants seraient pour eux une « très mauvaise / plutôt mauvaise / plutôt bonne / très bonne » manière de gouverner leur pays : la démocratie représentative, la démocratie directe, un régime d’experts, un régime de dirigeant fort et un régime militaire.

Deux questions supplémentaires ont été posées aux gens pour savoir s’ils font confiance au gouvernement national et s’ils sont satisfaits de leur démocratie.

Démocratie représentative : « un régime démocratique dans lequel des représentants élus par les citoyens décident des lois »

 

– Dans tous les pays interrogés, sans exception, la majorité des gens pensent que la démocratie représentative est une bonne manière de gouverner leur pays.

Dans 31 pays sur 38, on est plus de 2/3 à le croire. Et même dans 26 pays, 3/4 des gens le pensent.

– On retrouve les populations les plus enthousiastes pour la démocratie représentative dans les pays occidentaux (74-92%), sans surprise.

Le record est détenu par les Suédois (92%), suivis de près par les Allemands (90%). C’est dans ces pays qu’on trouve le taux le plus faible de mauvaise opinion pour cette gestion politique de la vie collective (moins de 10%).

– A l’inverse, on retrouve les populations les moins enthousiastes pour la démocratie représentative dans les pays en développement. Le triste record est détenu par les Tunisiens, ex aequo avec les Colombiens. Ils ne sont que 53% à penser que la démocratie représentative est un bon système de gouvernement, 39% d’entre eux pensent même que c’est un mauvais système.

– En Europe du Nord (Suède, Allemagne), ainsi que dans les pays anglosaxons (Royaume Uni, Etats-Unis, Canada, Australie), on croit un peu plus que dans les pays d’Europe du Sud (Italie, Grèce, Espagne) à la démocratie représentative, respectivement, 90-92%, 84-88% et 74-79%.

– Avec 81% de bonnes opinions, la France se situe entre les deux groupes.

Toutefois, jusqu’à 18% des Français pensent que la démocratie représentative est un mauvais système. C’est presque le même profil que les voisins-ennemis, les Grecs (78% et 20%) et les Turcs (80% et 16%).

Ce n’est pas très glorieux ni pour cette grande démocratie, ni pour le berceau de la démocratie, ni pour ces candidats pour entrer dans le bastion démocratique européen.

Les chiffres français s’expliquent aisément par la présence ancrée dans l’échiquier politique des tendances extrêmes, droite et gauche. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, nombreux sont ceux qui s’estiment mal représenter par la démocratie représentative.

– Les Libanais s’en sortent avec des scores très honorables : ils sont à 85% à croire que la démocratie représentative est un bon système de gouvernement et seulement 14% à penser le contraire.

On fait mieux que les Français pardi! Les Libanais pensent comme les Anglosaxons (Anglais, Américains, Canadiens et Australiens) plutôt que comme les Méditerranéens des deux rives (Italiens, Espagnols, Grecs, Tunisiens). (C’est qu’ils n’ont pas eu a vivre avec un system pareil et l’experimenter. Les systems politiques au Liban etaient et sont toujours mauvaise. Un system anomie: les deputes control tous les business au Liban)

Les Libanais ont exactement le même profil que les Ghanéens sur ce point, et surprise, pratiquement la même façon de penser de la « démocratie représentative » que les Israéliens (87% la considèrent « bonne » et 11% « mauvaise »).

Démocratie directe : « un régime démocratique où les citoyens, et non des représentants élus, votent directement sur les principales questions nationales afin de décider des lois »

(Mais on n’a plus des City-States comme durant l’ Antiquite’. Meme le digital ne peut appliquer un tel system. Ceux qui repondent favorable pense en abstraction. Elle peut s’appliquer aux minucipalites)

– L’adhésion de l’écrasante majorité des peuples interrogés à la « démocratie directe » est certaine. Dans 36 pays sur 38, plus de la moitié de la population trouve que ce système aussi constitue une bonne manière de gouverner.

– Seuls les Tunisiens et les Jordaniens pensent que c’est une mauvaise manière (57 et 55%).

– En tête des populations les plus enthousiastes se trouvent les Turcs et les Libanais figurez-vous (84 et 83%).

Déçus par nos représentants, déçus par nos leaders, déçus par nos lois électorales, nous autres Libanais croyons que la planche de salut serait de retourner à la source de tout pouvoir politique, le peuple.

Sauf que ce qui marche pour la Suisse de l’Occident, ne fonctionnera pas forcément dans la Suisse de l’Orient, pour deux raisons très simples: le raisonnement communautaire et l’élan de domination présents dans toutes les communautés et les partis politiques libanais.

– Les Français et les Allemands manifestent beaucoup plus d’intérêt pour la « démocratie directe » (tous deux à 74%), que les Suédois et les Néerlandais (57 et 55%), qui la trouvent « mauvaise » à hauteur de 41 et de 44%.

– Dans tous les cas de figure, cette adhésion mondiale est nettement moins importante que pour la « démocratie représentative », à quelques exceptions (Russie, Turquie, Mexique, Colombie, Chili).

« Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », ah, tout le monde voudrait mettre en œuvre la formule d’Abraham Lincoln, le 16e président des Etats-Unis, sauf que ce n’est pas si simple, il faut que le régime démocratique qui en découle fonctionne et ne soit pas paralysé.

Et c’est bien cela qui explique en grande partie la différence d’adhésion des populations aux deux types de démocratie.

Pays dirigé par des experts : « des experts, et non des représentants élus, décident en fonction de ce qu’ils pensent être le mieux pour le pays »

 

– L’idée a de quoi séduire en théorie, sauf qu’à partir de là, le temps se gâtent et les résultats surprennent. Mais enfin, qui peut douter un instant que des technocrates, pardon, des experts, feront des miracles et des merveilles? Eh bien, la majorité des gens, au moins dans les démocraties occidentales! Si le monde est dans un sale état, c’est justement à cause de tous ces experts qui succèdent à la cour des politiciens depuis des décennies.

– En France, Allemagne, Suède, Royaume Uni, Etats-Unis, Canada et Australie, plus de la moitié de la population pense qu’un pays dirigé par des experts constituent une mauvaise manière de gouverner (53-63%).

– Devinez maintenant quel est le peuple qui pense exactement le contraire? Eh bien, nous autres Libanaiset à 70% svp, le record mondial, au moins parmi les 38 pays interrogés! Bon, il faut reconnaître que les politiciens libanais laissent tellement à désirer, que les pauvres citoyens croient forcément à la panacée des experts !

– Les Hongrois, les Vietnamiens, les Nigériens et les Russes eux aussi, croient dans l’expertise des experts.

– Dans les pays occidentaux, le soutien à la technocratie est plus grande chez les moins de 30 ans que parmi les plus de 50 ans.

Pays dirigé par un dirigeant fort : « un régime dans lequel un dirigeant fort peut prendre des décisions sans interférence du Parlement ou du pouvoir judiciaire » (Une oligarchie qui s’arrange avec cette personne “forte”)

– Tout le monde voudrait avoir un dirigeant fort. Mais là il est question d’un régime où le dirigeant du pays aurait le pouvoir absolu de prendre des décisions importantes indépendamment des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaires. Bienvenue dans l’autocratie. (Et la monarchie absolue)

– Sans surprise, ce sont les Allemands qui rejettent le plus massivement une telle configuration politique. A 93%, ils trouvent qu’elle constitue une mauvaise manière de gouverner. Ils sont rejoints par les Suédois, les Néerlandais, les Français et les Grecs. (Ce n’etait pas le cas pour les Allemands jusqu’a la fin de WWII)

– Et qui arrive en 6e position svp? Nous autres Libanais!

Nous pensons à 84% que le régime d’un leader fort incontrôlable, constitue une « mauvaise » gouvernance, comme les Espagnols. (Il faudrait avoir un petit entretien avec la peronne pour connaitre que c’ est le contraire)

Et si on ne s’intéresse qu’à ceux qui pensent que c’est une « très mauvaise » gouvernance, les Libanais remportent la médaille de bronze, ex-aequo avec les Sénégalais (68%), l’argent va aux Suédois (70%) et l’or aux Néerlandais (73%).

Par comparaison, les Allemands et les Grecs sont à 63% à penser que c’est une très mauvaise gouvernance, les Américains sont à 55%, Canadiens 54%, Français 52%, Australiens 50%, Anglais 45%, Israéliens 36%, Japonais 29% et les Russes seulement à 13%.

– Les plus enthousiastes pour le régime autocratique sont les Indiens, les Indonésiens et les Philippins, trois populations qui ont un profil comparable sur tous les paramètres, à quelques exceptions près.

Dans ces trois pays, plus de la moitié de la population (50-55%) pense qu’un « pays dirigé par un dirigeant fort » est une bonne manière de gouverner. Au pays de Rodrigo Duterte, rien d’étonnant. Au diapason, mais dans une moindre mesure, les Russes et les Turcs (48% et 40%).

Rien d’étonnant non plus aux pays de Vladimir Poutine et de Recep Tayyip Erdogan !

Par comparaison, c’est 25% pour les Israéliens, 22% pour les Américains, 14% pour les Libanais, 12% pour les Français et seulement 6% pour les Allemands, record mondial.

– Sur ce point, on observe un certain clivage dans les pays occidentaux entre les démocraties européennes et les démocraties anglosaxonnes. (On oublie les pays du Centre et de l’Est de l’ Europe?)

Alors qu’en Espagne, Grèce, France, Pays-Bas, Suède et Allemagne, on pense à hauteur de 84-93% de la population qu’un « pays dirigé par un dirigeant fort » est une mauvaise manière de gouverner, ils ne sont qu’entre 71-81% à le penser au Royaume Uni, Etats-Unis, Australie et Canada.

– Autre résultat intéressant, c’est le cas de l’Italie et du Japon, deux pays qui ont pourtant connu les dérives d’un régime autoritaire, comme l’Allemagne et l’Espagne. La majorité des deux populations rejette le régime du dirigeant fort, mais seulement à hauteur de 66 et 61%, deux exceptions parmi les grandes démocraties.

Jusqu’à 29% des Italiens et 31% des Japonais trouvent que ce régime constitue une bonne manière de gouverner.

– Dans quatre pays seulement, une majorité de la population ou presque, pense que ce type de régime constitue une bonne gouvernance: Russie, Philippines, Indonésie et Inde (48-55%), la population est pratiquement partagée dans les deux premiers.

Pays dirigé par l’armée : « un régime où l’armée dirige le pays »

(La plupart des pays qui exportent des armement: pas d’exception. Follow the money trail, the shadow government.)

– La majorité des populations du monde, de l’étude, rejette ce type de régime mais à des degrés différents (52-95%).

– C’est en Europe du Nord, qu’on trouve les scores les plus élevés contre ce type de régime. Les Allemands, les Suédois et les Néerlandais pensent massivement que ce régime constitue une mauvaise manière de gouverner (91-95%).

En Allemagne, on ne trouve que 4% des gens prêts à confier la gestion du pays à l’armée. Même profil en Grèce, et pour cause, l’histoire, dans les deux cas !

– Le régime militaire ne séduit pas les Turcs et les Israéliens qu’à hauteur de 9 et 10%.

– Quatre pays occidentaux sortent du lot et ce n’est guère flatteur : les Etats-Unis, la France, le Royaume Uni et l’Italie. Dans ces pays, entre 15 et 17% de la population pense que le régime militaire constitue une bonne manière de gouverner leur pays, comme au Japon.

– Au Liban, tout le monde sait que l’armée libanaise occupe une place importante au sein de la population, comme en témoignent les messages de sympathie et de soutien à chaque turbulence sécuritaire. (C’est recent a cause des jihhadistes. Tout au long de son court histoire, les Libanais avait peur d’une arme’ forte)

Cependant, défendre le pays est une chose, le gérer, c’est tout autre.

Ainsi, seuls 27% des Libanais pensent que le régime militaire serait une bonne manière de gouverner le Liban. C’est beaucoup, pour un pays démocratique, sauf que 73% des Libanais pensent le contraire, c’est une « mauvaise » gouvernance, et 51% de la population que ça serait même une « très mauvaise » gouvernance pour le Liban, comme en France et en Israël (48% et 56%).

– Dans cinq pays seulement, il y a au contraire, une adhésion massive pour le régime militaire (48-70%) : Nigeria, Afrique du Sud, Inde, Indonésie et Vietnam.

« Dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national pour faire ce qui est bon pour le pays ? »

– C’est parmi les pays en développement qu’on trouve les populations les plus confiantes de l’étude. Aux Philippines, Vietnam, Indonésie, Inde et Tanzanie, 80 à 89% des personnes font confiance à leur gouvernement. (Ca ne compte pas: Ils sont pour l’armee de gouverner)

– Parmi les pays occidentaux, il existe un clivage Nord/Sud. En Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Suède), en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) et dans les pays anglosaxons (Royaume Uni, Australie), plus de la moitié de la population ou presque, fait confiance au gouvernement pour faire ce qui convient pour le pays (48-71%). A l’opposé, en Europe du Sud (Grèce, Italie, Espagne), seuls 13 à 26% font confiance.

– Deux pays détonnent, la France et la Russie. Les Français ne font confiance qu’à hauteur de 20%. Bon, pas d’effet Macron encore au moment de l’étude (début 2017). Par contre, les Russes eux, ils sont à 67% à avoir confiance. C’est l’effet Poutine, une constante.

– Au Liban, le résultat est sans aucune surprise, seul 15% de la population fait confiance au gouvernement pour entreprendre ce qui est bon pour le pays du Cèdre.

Les Libanais sont donc à la 3e place de la défiance (85%), après les Colombiens et les Péruviens (88%), ex-aequo avec les Chiliens, voisins de palier des Mexicains (83%), riverains des Argentins, des Brésiliens et des Vénézuéliens (71-78%).

Je ne sais pas si c’est à cause de la culture de l’olivier et de l’immigration massive de nos ancêtres vers le nouveau continent au siècle dernier, mais alors pour les Libanais, question confiance dans les gouvernements, c’est direction Amérique du Sud via la Méditerranée.

Ce n’est pas du tout comme ça dans les pays africains de l’étude (Ghana, Sénégal, Kenya, Tanzanie), où la majorité de la population a confiance.

« Dans quelle mesure êtes-vous satisfait de la façon dont la démocratie fonctionne dans votre pays ? »

 

– Les plus satisfaits du fonctionnement de leur démocratie dans le monde sont les Indiens et les Tanzaniens. Ils le sont à 79%, autant que les Suédoisd’ailleurs.

– Sans la moindre surprise, il faut mettre le cap vers le Nord pour d’autres scores élevés de satisfaction. Les Allemands et les Néerlandais sont entièrement satisfaits (73-77%). Dans les pays anglosaxons, la majorité des gens est très satisfaite aussi.

Les moins satisfaits de ce groupe sont les Américains (46%). (Ca va de soit: quand ce sont les lobbies, with deep pockets, qui font la politiques)

Les plus satisfaits sont les Canadiens (70%), Anglais et Australiens sont entre les deux.

– En Europe du Sud, les Grecs, les Espagnols et les Italiens ne sont pas du tout satisfaits (seulement 21-31% le sont).

– Maintenant à votre avis qui sont les gens les moins satisfaits du fonctionnement de leur démocratie ? (Des lois electorales biaisees pour les riches et la feodalite’)

Un indice : ils bouillonnent de rage car malgré leur attachement à la démocratie, ils ne parviennent pas à obtenir ce qu’ils souhaitent.

Autre indice : ils ont des élections prochainement et une occasion en or pour le faire. Oui, absolument, c’est nous autres Libanais.

Nous ne sommes qu’à peine 8% à trouver que notre démocratie fonctionne bien.

Bienvenue au pays des merveilles, où un Parlement peut être fermé et boycotté pendant des années !

Et qu’est-ce qu’on fait pour améliorer la situation svp?

On réélit ceux qui l’ont fait fonctionné mal, les belles gueules et les beaux parleurs!

Maigre consolation, les Mexicains sont dans un piètre état, ils ne sont satisfaits de leur démocratie qu’à hauteur de 6%.

L’appréciation des différents régimes de gouvernance par différentes populations dans le monde, synthèse complémentaire

– Dans les pays riches où la démocratie est ancrée depuis longtemps et qui fonctionne correctement, les pays occidentaux, les gens sont plus attachés à la démocratie représentative.

– La démocratie directe est évidemment plébiscitée par les partisans des partis populistes.

– Que l’on soit dans les pays riches ou moins riches, au niveau individuel, pour les personnes ayant des niveaux d’éducation et économique plus bas, chez qui les frustrations économique, sociale et politique se cumulent et sont importantes, on a plus tendance à être ouverts à des formes de gouvernance non-démocratiques (experts, dirigeant fort, armée).

– Des scores plus élevés pour les régimes non-démocratiques (technocratie, autocratie, régime militaire), sont plus observés chez les partisans de droite que chez les partisans de gauche.

– La confiance dans le gouvernement et la satisfaction de la démocratie, sont étroitement liées à la situation économique et à la politique intérieure.

– De bons résultats économiques se répercutent sur la confiance dans le gouvernement national, mais aussi sur l’opinion que certains ont de la démocratie.

– Le pays qui détient le plus de records, ou n’en est pas loin, c’est la Suède.

Sur les 12 paramètres, les Suédois sont toujours dans le top le plus haut ou le plus bas, selon les cas et toujours du bon côté.

Il n’y a pas de doute, la démocratie se porte à merveille en Suède. C’est le seul pays au monde, de l’étude, où il y a une majorité nette de 52% de « démocrates engagés », qui appuient un système dans lequel les représentants élus gouvernent mais ne soutiennent pas un régime guidé par les experts, un chef fort ou l’armée.

 

– Il fait bon de vivre et de s’épanouir aussi dans tous les pays occidentaux, hors ex-pays de l’Est.

Ils restent fortement attacher à la démocratie représentative et très ouverts à la démocratie directe à des degrés différents. Dans tous les pays occidentaux sans exception, la majorité des gens ne confieraient pas leur pays aux experts. Ils rejettent tous sans exception, et massivement, l’idée de l’homme fort qui peut se passer du Parlement et le régime militaire.

Au total, entre 34-52% des Occidentaux sont des « démocrates engagés » (ils appuient un système dans lequel les représentants élus gouvernent mais ne soutiennent pas la technocratie, l’autocratie ou le régime militaire), 34-47% des « démocrates moins engagés » (qui disent qu’une démocratie représentative est bonne mais qui soutiennent aussi au moins une forme non démocratique de gouvernement) et 6-17% des « non-démocrates » (qui ne soutiennent pas la démocratie représentative et soutiennent au moins une forme non démocratique, comme celle des experts, d’un chef fort ou de l’armée).

Par comparaison le profil des Russes est à l’opposé : respectivement 7% – 61% – 22%. Il n’y a que 7% de « démocrates engagés » en Russie, c’est le taux le plus faible du monde.

– La différence notable entre les pays occidentaux, se situe sur le degré de rejet des régimes non-démocratiques.

Pour le régime du dirigeant fort, les pays d’Europe (France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Espagne, Grèce) s’y opposent bien davantage que les pays anglosaxons (Royaume Uni, Etats-Unis, Canada, Australie), respectivement 84-93% et 71-81% trouvent que c’est mauvais. Seule l’Italie fait bande à part (66%). Les plus favorables du camp occidental au régime du dirigeant fort qui se passerait du Parlement sont les Américains, les Anglais et les Italiens (22%, 26% et 29%).

– Pour le régime militaire, les cartes sont mélangées en Occident. 8-11% des Canadiens, Australiens, Néerlandais, Grecs et Espagnols estiment que c’est une bonne gouvernance. Des pourcentages qui passent à 15-17% chez les Français, Américains, Anglais et Italiens. Il n’y a que chez les Allemands et les Suédois que le régime militaire n’est pas légion (4%).

– Sur la confiance dans le gouvernement et la satisfaction de la démocratie, il y a trois camps occidentaux. Allemands, Néerlandais, Suédois et Canadiens ont des scores très élevés (entre 67-71%). Français, Italiens, Espagnols et Grecs, des scores très bas (13-26%). Américains, Anglais et Australiens sont très partagés (48-51%).

– Curieusement, les Américains et les Israéliens ont à peu de choses près, le même profil, sur les 12 paramètres! Je l’ai vérifié à trois reprises! Alliés sur le terrain et dans les chiffres, aussi incroyable que cela puisse paraître : démocrates engagés 40% vs. 36% ; démocrates moins engagés 46% vs. 51% ; non-démocrates 7% vs. 7%, pas plus de 5% de différence. (Israel fut fonde’ par la resolution des USA Evangelical Zionists depuis 1915)

Cela confirme une chose, Israël peut cumuler tous les défauts du monde, violer une quinzaine (45 resolutions en faveur des Palestiniens) de résolutions de l’ONU et piétiner le droit des Palestiniens ad vitam aeternam, et c’est pour cela que je reste favorable à son boycott, il n’empêche que l’Etat hébreux demeure une grande démocratie.

– Il y avait trois pays arabes dans l’étude, le Liban, la Jordanie et la Tunisie, fleuron du Printemps arabe. Le profil des trois populations est très différent.

C’est en Jordanie qu’on trouve le plus de « démocrates engagés » (33%), presque deux fois plus qu’au Liban et trois fois plus qu’en Tunisie. C’est au Liban, qu’on trouve le plus de « démocrates moins engagés » (68%), plus de deux fois plus qu’en Jordanie et une fois et demie de plus qu’en Tunisie.
Toutefois, l’état d’esprit de ces deux derniers laisse un peu perplexe. Les Tunisiens et les Jordaniens sont les seules populations au monde de l’étude, à douter sérieusement de tous les systèmes de gouvernance proposés.
Pire encore, un tiers des deux populations peuvent être considérées comme « non-démocrates » (32% en Tunisie et 36% en Jordanie, une monarchie quasi absolue), c’est trois plus qu’au Liban (13%).

Mais il ne faut pas oublier que la démocratie n’est pas vraiment bien installée dans ces deux pays. Non loin de là en Turquie, démocratie bien ancrée en dépit de tous les couacs, une petite minorité de la population soutient un régime non-démocratique (12%).

L’appréciation des différents régimes de gouvernance par les Libanais, synthèse complémentaire

– Les Libanais sont dépités par le fonctionnement de leur démocratie et la performance de leurs gouvernements. Mais comme le montre l’étude du Pew Research Center, ils restent très attachés aux formes démocratiques représentative et directe. Ils sont méfiants dans leur majorité des régimes militaire et du dirigeant fort. Une minorité y croit pourtant. Etant donné la qualité de la classe politique qu’ils ont, ils croient massivement qu’un régime d’experts ferait mieux.

– Au total, seuls 18% des Libanais sont des « démocrates engagés » (ils appuient un système dans lequel les représentants élus gouvernent mais ne soutiennent pas un régime guidé par des experts, un chef fort ou l’armée), 68% des « démocrates moins engagés » (qui disent qu’une démocratie représentative est bonne mais qui soutiennent aussi au moins une forme non démocratique de gouvernement) et 13% des « non-démocrates » (qui ne soutiennent pas la démocratie représentative et soutiennent au moins une forme non démocratique, technocratie, autocratie ou régime militaire).

C’est un peu le profil des Hongrois, des Ghanéens et des Philippins. Le profil occidental est totalement différent, respectivement : 34-52% / 34-47% / 5-17%.

– Toutefois, il y a un chiffre qui poussera pas mal de Libanais à bien bomber leur thorax de fierté. Eh bien, figurez-vous, que nous sommes parmi les populations les plus attachées à la démocratie représentative au monde

Certes, on ne donne pas l’air de l’être, mais tel est le cas en théorie. Si on ne s’intéresse qu’à ceux qui estiment que cette forme de gouvernance est « très bonne » (en excluant, les adhérents mous, ceux qui trouvent qu’elle est « plutôt » bonne), les Libanais se hissent à la 5e place, avec un score de 51%juste après les Suédois (54%) et trois populations d’Afrique, les Sénégalais, les Tanzaniens et les Ghanéens (53-62%).
Le Liban, la Suède, le Sénégal, la Tanzanie et le Ghana, sont les seuls pays au monde, de l’étude, où il existe une majorité absolue en faveur de la démocratie représentative, la gouvernance du pays par des élus. Il y a tellement peu de bonnes nouvelles que ce point mérite d’être souligné. Pour mesurer son importance, sachez que les Américains ne sont qu’à 48% ; les Allemands à 46% ; les Anglais, Canadiens, Australiens et Turcs à 43% ;  les Néerlandais à 42% et les Israéliens à 41%.

Les autres populations encore loin derrière: les Italiens à 29% ; les Français c’est à peine à 23% ; les Japonais, Jordaniens et Tunisiens à 22% ; les Mexicains à 9% ; et les Brésiliens, record du monde, juste 8%.

– Peut mieux faire dirait le grec Solon, le père de la démocratie ! La façon de penser des Libanais est globalement rassurante, même s’il y a beaucoup à redire comme je l’ai expliqué dans l’article. Mais alors pourquoi diable le Liban est un pays nase à ce point?

On pourrait même parler de « paradoxe libanais » en politique ! Ce qui fait cruellement défaut au Liban, c’est la présence de la pensée communautaire qui ravage les esprits et le manque d’esprit critique à l’égard de son propre camp, deux tares qui affectent gravement la cohésion nationale et toute notre démocratie. La morosité économique n’arrange pas les choses. Et pour achever tout espoir dans l’avenir, nous avons un paysage politique peuplé de dinosaures, les mêmes dirigeants depuis trop longtemps, qui ne sont vraiment pas à la hauteur et qui ne sont jamais sanctionnés dans les urnes.

– S’il y a deux paramètres qui doivent concentrer tous nos efforts, ce sont ceux portant sur l’amélioration du fonctionnement de notre démocratie et la qualité de l’offre démocratique. Ils se répercuteront forcément et positivement sur les onze autres paramètres. Les périodes électorales constituent d’excellentes occasions pour agir.

Nous n’avons qu’une seule et unique voie. Soyons réalistes, exigeons l’impossible des candidat-e-s aux prochaines élections législatives, même de son propre camp : niveler les débats politiques par le haut, demander des comptes, présenter un programme électoral détaillé et s’engager sur des mesures concrètes et chiffrées. C’est le seul moyen d’améliorer les choses en envoyant au Parlement le moment venu, des représentants plus compétents que ceux que nous avons connus dans le passé.
– A ce propos un exemple parmi tant d’autres, le Liban a vécu près de 900 jours de vacance du pouvoir présidentielrécemment, et pourtant, aucun parti et pas un seul candidat baveux, même indépendant ou de la haute société civile, journaliste reconverti en tête, et Dieu sait qu’il y a des vocations en ce moment, enfin, personne ne propose quoi que ce soit pour en finir avec ce grave dysfonctionnement de notre démocratie. Allons bon, pourquoi faire? C’est pour vous dire!
Seul Bakhos Baalbaki a proposé d’introduire dans la démocratie libanaise le concept du “conclave présidentiel”, l’enfermement des deputés libanais dans le Parlement place de l’Etoile jusqu’à l’élection du président de la République libanaise dans les délais, comme le fait le Vatican depuis des siècles. (Berry a interdit aux deputes de sortir pour faire pipi avant que le budget soit vote’)
Allez pour finir avec une bonne dose de sarcasme, disons maintenant qu’on a du pétrole, il nous manque que les idées et des candidats pour les concrétiser

A new Black Box for stealing public funds created in Lebanon:

Work Minister Sej3an Azzi created a new financial Black Box

A peine vous concluez que le Liban a atteint le fond de l’incompétence et que le pays du Cèdre ne peut désormais que rebondir, un événement malheureux vient vous signifier combien vous êtes naïfs et qu’il existe encore dans notre pays des profondeurs inexplorées par les dirigeants libanais.

Séjaan Azzi, le ministre du Travail, vient de nous proposer une plongée dans les abîmes de l’absurde.

C’est un secret de Polichinelle, tout le monde sait que le pays de Gibran Khalil Gibran est gangrené par la corruption.

Rien, absolument rien, n’est pas corruptible dans notre contrée d’Orient.

Faisons un petit tour. Que des cas perso, donc tous véridiques.

Prévoyant, j’arrive un beau matin à 8h30 pour demander une fiche d’Etat civil. « Rja3 khédo boukra », comme ça sec. Demain ?

Hors de question, le document ne prend que deux minutes, et cela me coutera encore deux heures d’embouteillages pour un aller-retour afin de le récupérer.

Je sors du bureau et je rentre de nouveau, après avoir glissé un petit billet entre les papiers demandés. Comment je le savais ?

J’ai vu faire, j’étais encore à quatre pattes. « Ahla estez. Repose-toi, prend un café, le temps que je te le prépare ». Au passage, en arabe, le vouvoiement n’est pas courant.

L’immobilier, l’héritage et la voiture, sont des domaines hautement corruptibles.

Je sais de quoi je parle, je l’ai vécu, dans trois dossiers.

Lorsque j’ai fait part de ma réprobation à un avocat en charge d’effectuer une démarche administrative pour moi, il m’a répondu : « c’est très simple, toi en tant que citoyen, tu peux éventuellement te permettre de ne pas céder à ce chantage, tu n’as qu’une affaire à régler ; mais moi, si je le fais, je serai traité comme un pestiféré jusqu’à la fin de ma carrière ».

Un jour j’arrive à 11h45 pour payer une facture, j’ai bien dit, payer une facture. Les services ne ferment qu’à midi. Eh bien figurez-vous, mon devoir de citoyen n’a pas pu s’exprimer que grâce à un billet vert.

The Hamilton ($10) m’a évité de revenir le lendemain.

Port et aéroport de Beyrouth, haddiss bala haraj, au moins pour le premier. Un jour, j’ai eu la malencontreuse idée de faire venir quelques affaires sans grande valeur marchande par bateau.

Je ne vous dis pas, c’était le parcours du combattant pour les récupérer. Certains Libanais n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe dans cette zone extraterritoriale. Je le savais, on m’avait prévenu.

Mais, je ne rechigne que rarement devant une première expérience.

En gros, j’avais deux fois plus d’étapes à effectuer que de cartons à sortir. Certaines étapes me paraissaient complétement farfelues. Ce n’est qu’à la sortie que j’avais compris la raison d’être d’une telle organisation complexe.

Dans ce système hérité de l’époque ottomane, la multiplication des étapes permet de multiplier les intermédiaires, et du coup, tout le monde peut se faire graisser la patte. Ingénieux, hein ?

La palme d’or de la corruption la plus comique à laquelle j’ai été confrontée un jour, revient à un douanier. Je me trouvais à l’aéroport de Beyrouth. N’ayant pas eu ma valise, je suis retourné le lendemain pour la chercher.

Je décroche une autorisation de la Sureté générale pour rentrer dans l’enceinte de l’aéroport sans billet. Je récupère ma valise et je m’apprête à sortir, en fredonnant « hob bladi biyejma3na, biyejma3na 3ala toul ». Tout va bien dans le meilleur des mondes sauf que je suis seul, une proie facile vous dira Cecil d’outre-tombe, il n’y avait aucun avion sur les pistes d’atterrissage à cet instant de la journée.

Un braconnier de la douane flaire la bonne affaire. Il me demande de me mettre sur le côté. Vous n’allez me croire vous aussi, j’avais oublié la clé du cadenas. Il était mort de rire quand je lui ai annoncé la bonne nouvelle. Je le voyais baver sur le Jackson qu’il s’est projeté dans sa tête. 20$ tombés du ciel, enno kekh ? « Je suis obligé de forcer la valise » me dit-il, d’un air à moitié convaincu.

J’ai beau lui expliqué que le bagage qu’il a devant les yeux fut contrôlé dans deux aéroports européens, Paris et Rome, où j’ai passé la journée, et qu’il peut lui même l’examiner au scanner éventuellement. Rien à faire.

« Quel scanner ? Il est à l’autre bout du bâtiment. » Il se croyait à JFK ou à CDG.

Commence alors un long interrogatoire tous azimuts. Il voulait savoir qui j’étais, d’où je venais, où j’allais, ce que je faisais au Liban, mon métier, mon état marital, ma pointure, j’en passe et des meilleures.

J’ai rapidement compris que la multiplication des questions n’avait qu’un but, m’exaspérer et me pousser à sortir ce Jackson (20$) ou un Hamilton (10$) pour abréger la conversation. Quand j’ai compris son stratagème, j’ai décidé de ne rien lui filer, pas même une pièce de 5 piastres.

Lorsqu’il a fini par le comprendre, il me regarda, me sourit et me dit texto : « leik, combien tu me donnes pour que je te laisse passer, heik 3al sari3 ? » Surpris, sourire narquois, je lui répondis : « Ecoute, je vais monter tout de suite dans les bureaux d’Alitalia, pour réclamer un dédommagement de 50$. Dès que je les aurai, je reviendrai te voir et on se les partage. Deal ? ».

D’un air dubitatif, il lâcha ma valise, hocha sa tête, me fit un signe de la main pour déguerpir et me balança en riant : « el tabkha el taïbé, ma btettekal ella soukhné » (le bon plat ne se mange que chaud). « Pas toujours, el ms2a3a wou el loubyé be zeit, se mangent froid », lui dis-je. Nous avons rit de bon cœur tous les deux. Heureusement que la pulsion de corruption n’étouffe pas la bonne humeur libanaise.

Aucun Libanais ou résident au Liban n’a pas une histoire de ce genre.

L’Etat libanais est gangréné par la corruption. On imagine bien à quel point il est difficile de la combattre. Elle peut se manifester à tous les niveaux sans exception.

Au point où nous en sommes, et d’après notre longue expérience en la matière, depuis les bakhchich de la lointaine domination ottomane, on peut admettre qu’un ministre d’Etat nous dise aujourd’hui : mes chers compatriotes, vous m’en voyez désolé, je ne peux rien faire pour vous. Mais de là, à légaliser la corruption au Liban, au nom de la lutte contre la corruption, il fallait oser. Séjaan Azzi a relevé le défi.

Dans sa circulaire controversée datant du 28 juillet 2015, le ministre du Travail précise : « Afin de garantir l’intérêt public… et pour empêcher le citoyen de recourir à des intermédiaires… on procédera à la création d’un fonds spécial qui sera financé d’une manière facultative par les citoyens qui désirent accomplir leurs démarches (administratives) le plus rapidement possible ».

Ces démarches concernent entre autres, la délivrance et le renouvellement des permis de travail aux employés de maison et aux travailleurs du bâtiment. Précision utile, au Liban, ce ne sont pas les employés qui effectuent les démarches mais les employeurs.

Désormais, pour une période d’essai d’un mois, qui souhaite accélérer le traitement de son dossier au ministère du Travail, pour obtenir en 24 à 48 heures ce qui normalement peut prendre 3 à 15 jours, devra s’acquitter de 50 000 LL (33 $).

Les sommes récoltées seront redistribuées aux fonctionnaires du ministère selon un barème établi par le ministre du Travail, la quote-part du directeur général étant le double de celle du concierge, pour les autres, l’intéressement se situe entre les deux marges.

Séjaan Azzi est si fier de lui qu’il n’hésite pas à parler « d’audace et de courage ».

Il se considère comme LE ministre qui veut « mettre un terme à la corruption ». Pour mieux vendre son idée, il prétend que « divers pays ont déjà pris des circulaires de ce genre ».

Ah bon, on aimerait bien savoir lesquels. En tout cas, pas en Europe. Le ministre prévoit même qu’en cas de rejet de la part de l’opinion publique et des médias, « je leur dirais, moi j’ai tenté de faire face à la corruption ».

Il y croit vraiment. Pour être honnête et juste, disons que Séjaan Azzi n’a rien inventé, des démarches administratives à deux vitesses existent à la Sureté générale, afin de permettre aux Libanais aisés et pressés d’obtenir un nouveau passeport ou de renouveler un ancien document de voyage plus rapidement que prévu. Bienvenue au Liban. Ainsi, qui veut faire le procès du ministre du Travail, doit se retourner aussi sur cette pratique instaurée dans les années 90.

Je ne doute pas des bonnes intentions du ministre des Kataeb. D’ailleurs, à l’écouter durant sa conférence de presse, on est presque convaincu de la justesse de sa décision. Mais, plus je réfléchis sur la question, plus je suis persuadé, que cette mesure conduira exactement à l’inverse de l’effet escompté.

Pour convaincre les récalcitrants le ministre du Travail multipliera les arguments incongrus, à l’exception de celui des passeports. Sur ce dernier point, il a entièrement raison, sauf qu’il a omis de préciser que l’argent des passeports en sus est versé au Trésor public et non distribué aux fonctionnaires de la Sureté générale. Nuance.

Toujours est-il que sur le fond, Séjaan Azzi soulève une question fondamentale, auquel le gouvernement de Tammam Salam devra y répondre : peut-on au sein de la République libanaise, instaurer des démarches administratives à deux vitesses ?

Pour tenter d’y répondre, le mieux c’est d’examiner l’argumentation de l’affaire en cours. Pour le ministre d’Etat, la différence entre une démarche administrative « normale » et une « accélérée », se retrouve par exemple dans l’hôtellerie, entre une chambre « classique » et une « suite », ainsi que dans les transports, entre le « taxi » (client unique) et le « service à la libanaise » (clients multiples), selon le principe, payer plus, pour être mieux servi.

Apparemment, notre ministre du Travail n’a pas l’air de comprendre que dans le premier cas, il s’agit d’un « service public », demandé par un « citoyen », alors que dans les autres cas, on a affaire à des « services privés », achetés par des « clients ». Nuance.

Il fallait sans doute commencer par expliquer à Séjaan Azzi que la corruption désigne « l’acceptation de dons illicites », mais aussi « l’incitation à agir contre le devoir ». Il ne suffit pas de légaliser ces « dons » pour se débarrasser de la corruption et faire oublier aux Libanais, qu’un fonctionnaire a le « devoir » de faire son travail consciencieusement et indépendamment du citoyen qui le sollicite, mais aussi de traiter tous les citoyens à égalité et sans aucune distinction.

Tout fonctionnaire qui n’est pas capable de remplir cette mission, n’a qu’à planter des patates dans la Bekaa et pêcher la Sardine en Méditerranée. Les hôtels et les taxis n’ont pas de devoirs.

Par contre, l’Etat en a, mais ça semble échapper à certains dirigeants. Dommage. Pour être juste envers les fonctionnaires libanais, il faut préciser que la grande majorité d’entre eux est honnête, ce n’est qu’une minorité qui prend les citoyens libanais en otage.

La faute incombe aussi à certains nantis Libanais, prétentieux, sans foi ni loi, incapables d’accepter les délais administratives aussi courts soient-ils, ils ont l’impression de tomber de leur piédestal. Hélas, ces corrupteurs jouissent d’une impunité totale.

Comme on le voit, la décision du ministre libanais du Travail, Séjaan Azzi, qui par la nature de sa fonction engage dans la foulée, la responsabilité personnelle du président du Conseil des ministres, Tammam Salam, est une fatwa pour légaliser et gérer la corruption structurelle au Liban.

Elle est à la fois immorale, illégale et anticonstitutionnelle, pour trois raisons. Primo, par cette mesure, Séjaan Azzi encourage la corruption, au lieu de la combattre. C’est immoral. J’y reviendrai. Secundo, le ministre du Travail n’a pas les prérogatives nécessaires pour créer une telle caisse.

C’est illégal. D’ailleurs, il reconnait lui-même que sa décision est « peut-être pas légale à 100 % ».

Tertio, une telle décision crée de facto, une discrimination entre les Libanais, basée sur l’argent. (Emulating the USA system of facilitating the procedures for the wealthy)

C’est anticonstitutionnel. Je ne m’avancerai pas trop en disant que le Conseil constitutionnel invalidera le décret du 28 juillet, qui viole d’une part, le préambule de la Constitution, « Le Liban est une République démocratique, parlementaire, fondée… sur la justice sociale et l’égalité dans les droits et les obligations entre tous les citoyens, sans distinction ni préférence » (paragraphe C), et d’autre part, son article 7, « Tous les libanais sont égaux devant la loi. Ils jouissent également des droits civils et politiques et sont également assujettis aux charges et devoirs publics, sans distinction aucune. »

Dans un pays normal, où le Conseil constitutionnel joue pleinement son rôle, une telle ânerie juridique n’a aucune chance de passer. Reste donc à savoir, si le Liban est encore un pays normal. On le saura rapidement.

En pratique, la décision du ministre du Travail institue des services administratifs à deux vitesses avec des conséquences désastreuses. Dans un premier temps, les fonctionnaires privilégieront les « bons clients », bons payeurs (ce n’est plus la peine de parler de citoyens), qui les ont soudoyé, par rapport ceux qui ne l’ont pas fait, les « mauvais clients », mauvais payeurs.

Par la suite, il n’est pas difficile d’imaginer que parmi ces derniers, ceux qui en ont les moyens, mécontents du service rendu, seront poussés petit à petit à emboiter le pas des premiers, avec sans doute l’encouragement de certains fonctionnaires. Le comble de l’absurde réside dans le fait que cette mesure ne fera absolument pas disparaitre la corruption. Rapidement, les services seront saturés par les « demandes accélérées ». Les délais rapides ne seront plus respectés.

Alors, les bons payeurs mécontents, qui voudront aller plus vite que la musique, reviendront à la vieille pratique, le billet vert glissé entre les papiers. On voit bien, que contrairement aux arguments avancés par Séjaan Azzi dans sa conférence de presse, le ministre du Travail sera l’homme qui a superposé une corruption officielle à la corruption officieuse, qui ne disparaitra jamais.

Pas besoin d’être devin, pour prévoir que ce qui se passera au ministère du Travail fera tâche d’huile là aussi. A long terme, dans tous les services de l’Etat libanais, il existera deux procédures administratives, représentant une double corruption, officielle et officieuse. L’image de l’Etat libanais sortira plus détériorer que jamais.

Et comme d’habitude ce sont les classes moyenne et pauvre qui trinqueront.

Rien à dire, cette décision est indigne de l’Etat libanais. Mais, il faut bien davantage pour déstabiliser le ministre du Travail. Il se montre sûr de lui, en affirmant que quiconque recevra de l’argent sans remettre un reçu à l’intéressé, est un fonctionnaire corrompu. Idem pour celui qui retardera volontairement une démarche classique.

Il affirme aussi que toute personne qui paye plus de 50 000 LL pour accélérer davantage le traitement de son dossier, est un citoyen corrupteur. Séjaan Azzi est même déterminé à renvoyer les corrompus et les corrupteurs devant les tribunaux.
Tayib, ya ma3alé el wazir, puisque vous avez les moyens de le faire, pourquoi ne pas poursuivre ces corrompus et ces corrupteurs officieux sans instaurer une corruption officielle ?

Et puisqu’on y est, si les fonctionnaires du ministère du Travail sont capables d’accélérer les démarches administratives des citoyens libanais, 24-48 heures au lieu de 3-15 jours, pourquoi ils ne le font pas sans les bakhchich ? On aimerait bien savoir.

Je ne comprends pas, si tous les problèmes de corruption au Liban peuvent se résoudre avec le paiement de 50 000 LL (33$) par démarche administrative, pourquoi ne pas instaurer une tarification unique et un raccourcissement général des délais pour TOUS les citoyens sans distinction et dans toutes les administrations d’Antioche et de tout l’Orient ? Toute cette histoire est absurde.

En moins de deux semaines, Séjaan Azzi (ministre du Travail) est donc le 3e ministre que je fais tomber de son piédestal, après Mohammad Machnouk (ministre de l’Environnement) et Wael Abou Faour (ministre de la Santé).

Il n’y était pas, je sais, comme les deux autres d’ailleurs, comme Gebran Bassil (ministre des Affaires étrangères) et Nouhad Machnouk (ministre de l’Intérieur), que j’ai déjà épinglés dans le passé.

Sincèrement, je crois que tous ces ministres aimeraient bien faire, mais ne savent pas s’y prendre et n’y arrivent pas. Il faut les aider en leur montrant le chemin, et surtout, en relevant leurs erreurs.

A vrai dire, je m’inquiète un peu car à ce rythme, dès la fin de l’année, les Libanais n’auront plus de ministres en exercice à la hauteur de leurs espoirs. Déjà que nous sommes sans président de la République et encombrés par 128 parlementaires sclérosés.

Il est temps de sonner le tocsin : les Libanais compétents, toutes tendances politiques et appartenances communautaires confondues, ont vraiment le devoir de s’impliquer en politique.

OUI au traitement accéléré de toutes les démarches administratives au Liban pour tous les citoyens sans aucune discrimination.

NON à l’instauration des démarches administratives à deux tarifications et à deux vitesses.

Pour lutter contre la corruption, il faut des mesures de bon sens.

En premier lieu, le gouvernement et ses ministres doivent établir au plus vite des délais standards pour l’accomplissement de toutes les démarches administratives libanaises et imposer leur respect par les fonctionnaires libanais. Ceux-ci seront affichés à l’entrée des ministères. Le non-respect de ces délais devrait entrainer des sanctions financières contre les fonctionnaires défaillants.

Une retenue de salaire par exemple. C’est exactement le contraire de ce que propose le ministre du Travail. C’est bien une telle mesure qui sera audacieuse et courageuse. Mais, il ne faut pas rêver, pour mettre en œuvre cette mesure choc, tous les partis politiques libanais doivent donner leur feu vert, pour qu’aucun fonctionnaire corrompu ou aucun citoyen corrupteur ne se sente au-dessus de la loi.

Il faut aussi multiplier les contrôles secrets dans tous les services publics de l’Etat libanais et viser aussi bien les corrompus que les corrupteurs.

Il convient également de faire la chasse aux emplois (pseudo)fictifs dans les administrations libanaises (ah si, ça existe !), les doubles emplois (public-privé, eh oui, ça existe !) et l’absentéisme (n’en parlons pas), ainsi qu’à la léthargie administrative.

On pourra ensuite revoir les tarifications et augmenter les salaires de la fonction publique pour mieux motiver les fonctionnaires honnêtes.

Dans tous les cas de figure, il est indispensable de simplifier toutes les démarches administratives au Liban (obsolètes pour la plupart, figées depuis l’époque ottomane et du mandat français, ou presque), de moderniser les administrations publiques (à quoi s’attendre d’un pays dont les jugements de ses tribunaux sont encore manuscrits !) et de développer les démarches électroniques.

Eh oui, c’est un point capital : moins il y a d’intermédiaires et de contacts entre les Libanais et les fonctionnaires, moins il y aura de corruption au Liban. Elémentaire.

Note: Our political people are intelligent and highly experienced in extorting and amassing money. This militia system refuse to invest in infrastructure and paying well the public servants (one third of the employed citizens) in order to pocket the budget and taxes and let the citizens pay twice for any services.

 

States that got the habit of acting with No Impunity

The USA, Israel, Turkey, Saudi Arabia acting with total impunity.

Russia and Iran have to be sanctioned for much less

Quand Israël, la Turquie, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, agissent comme bon leur semble en Syrie, alors il faut croire que le régime qui prétend contrôler ce pays, est bel et bien fini (Art.274)

Bakhos Baalbaki, écrivain, published this Feb. 23, 2015

Alors, récapitulons.

A 21h précises samedi soir, pendant que les retardataires se pomponnaient encore dans les salles de bain d’Istanbul, 572 soldats turcs, accompagnés de 39 chars et 57 véhicules blindés, et protégés s’il le fallait par des F-16 mis en état d’alerte -à l’échelle militaire, c’est un bataillon, enno bel mchabra7, ils ne passent pas inaperçu !

Franchissent la frontière turco-syrienne, celle de ce pays qui est soi-disant contrôlé par le dernier tyran des Assad qui prétend depuis quatre ans déjà qu’il n’en a plus pour longtemps avec cette bande de racaille de djihadistes de Seine-Saint-Denis, qui foutent la merde dans les paisibles oasis de la Syrie d’antan.

Ils traversent du côté du poste frontalier de Mürşitpınar, qui se situe à un jet de pierre du jardin public de Kobané, Aïn el-Arab, ou ce qu’il en reste, libérée héroïquement par les forces kurdes, grâce aux frappes aériennes de la coalition arabo-occidentale, que peu d’Arabes, Libanais compris, se sont donnés la peine de remercier, trop préoccupés par la garde-robe de Michelle Obama, la femme de magheiro, le remplaçant du blaireau de la Maison-Blanche, le sous-doué surnommé, W.

Ils entrent dans une zone tenue par les djihadistes de Daech, une organisation terroriste qui s’est autoproclamée « Etat islamique » et qui menace de marcher sur Rome, avec des Fiats Panda, dérobés à des concessionnaires chrétiens de Mossoul avant de les expulser de la ville.

A en croire les concernés, avec leur humour légendaire, les Italiens se préparent à les affronter avec du chianti et du salami.

Après tout, si l’ail éloigne Dracula, le vin et le saucisson pourront avoir le même effet sur les sanguinaires usurpateurs du califat et de l’islam de la bande d’Abou-Bakr el-Baghdadi.

La colonne s’enfonce 35 kilomètres en territoire syrien svp, vers le nord-est d’Alep, comme si de rien n’était. Il n’y avait pas un chat sur les routes défoncées par les barils explosifs.

Que de gros nids-de-poules en grande quantité ! Merci qui ?

Merci Bachar évidemment, le spécialiste en la matière. On en sait quelque chose au Liban en 29 ans d’occupation syrienne ! La colonne militaire passe dans des régions où campent des miliciens chiites libanais.

La colonne turque mène une opération militaire d’envergure baptisée « Şah Fırat » (le Chah de l’Euphrate). Celle-ci s’est composée de deux phases.

La première consistait d’une part, à rapatrier 38 soldats encerclés par les psychopathes de Daech, qui gardaient la tombe du grand-père d’Osman Ier, le fondateur de la dynastie ottomane qui régna sur le monde oriental pendant plus de 624 ans, et d’autre part, à mettre à l’abri « les reliques du dignitaire turc », mort vers 1236, comme l’a indiqué le Premier ministre de la Turquie d’aujourd’hui, Ahmet Davutoglu.

Il faut savoir que ce tombeau est situé dans une enclave de 10 000 mètres carrés, considérée comme un territoire turc en vertu de l’article 9 du traité d’Ankara, signé en 1921 par la France et la Turquie, et enregistré à la Société des Nations en 1926.

Par ce traité la nouvelle Turquie reconnut la souveraineté française sur ses anciens territoires d’Orient (le Liban et la Syrie).

(Mandated France even relinquished vast Syrian territories in the north and offered it to Turkey dictator Ataturk, a few months before he passed away)

Le traité stipule par ailleurs que « le tombeau de Suleiman Chah, le grand-père du Sultan Osman, fondateur de la dynastie ottomane (…) situé à Djaber-Kalessi (Syrie) restera, avec ses dépendances, la propriété de la Turquie, qui pourra y maintenir des gardiens et y hisser le drapeau turc ».

La seconde phase devait conduire à sécuriser une nouvelle zone en territoire syrien svp, afin d’inhumer de nouveau, dans les jours à venir, les reliques de l’ancêtre d’Osman Ier. Ainsi, ce grand-père n’en finit pas de se retourner dans sa tombe, le repos éternel n’étant pas pour tout de suite.

On l’a déjà déménagé en 1973, après la construction sur l’Euphrate du barrage d’al-Thawra et la formation du lac artificiel al-Assad, deux sinistres hommages au 1er président de la dynastie tyrannique des Assad. Il fut déplacé de Qalaat Jaabar (50 km à l’est d’al-Raqqa), 80 km en amont vers Sarrin (à 25 km de la frontière turque), toujours sur les rives droites de l’Euphrate, puisque la légende dit que l’ancêtre périt noyer dans les eaux du fleuve, alors qu’il fuyait les troupes mongoles.

Disons que l’opération turque de ce weekend a consisté à planter le drapeau turc dans une nouvelle zone, située à quelques kilomètres sur la rive droite de l’Euphrate (Firat en turc, al-Fourat en arabe), à quelques centaines de mètres de la frontière turque, je répète dans le sol syrien, par une décision unilatérale turque, qui de ce fait, a transformée un territoire de Syrie en une enclave sous souveraineté de la Turquie, signifiant à tous les protagonistes de la guerre civile syrienne, que les héritiers d’Osman Ier, au nationalisme exacerbé, gardent cette enclave turque de Syrie, comme le lui confère un traité international, mais se garde le droit de la situer où bon lui semble, uniquement selon ses intérêts.

En tout cas, tout s’est déroulé en coordination avec les forces kurdes et l’Armée syrienne libre, sans livrer bataille. Aucun combat n’a eu lieu. On déplore un mort, par accident. Les troupes turques sont rentrées avant la levée du jour, pour prendre le petit déjeuner sur les bords du Bosphore, après avoir pris le soin de détruire la sépulture historique pour éviter que les psychopathes de Daech ne la profanent.

Ceci étant conté, deux remarques.

  1. Dans un pays où l’horreur a dépassé les limites de l’imaginable, de la part du régime alaouite de Bachar el-Assad (cf. « album César », des dizaines de milliers de photos de corps suppliciés prises dans les geôles du régime ; l’extermination par le gaz sarin de 1 429 Syriens de la banlieue de Damas, etc.) et de la milice chiite libanaise du Hezbollah (à Qousseir, Damas et Homs, entre autres), mais aussi de la part des djihadistes de Daech et d’al-Nosra (exécutions de masse, décapitations, etc.), malgré des kidnappings de ressortissants turcs (libérés depuis), comment se fait-il que cette enclave turque n’ait pas été attaquée par aucun des belligérants en quatre ans d’une guerre qui a fait plus de 200 000 morts, ou rien ni personne n’est respecté, sachant que ce genre de site est banni par les islamistes de Daech qui le considèrent comme un lieu d’idolâtrie infâmeet que ces derniers ont menacé de le détruire il y a un an, mais n’ont jamais mis leurs menaces à exécution ?
  2. Disons-le clairement, de deux choses l’une : soit la Turquie sait se faire entendre, soit elle sait s’entendre. La réponse se situe sans doute entre les deux, entre la nuance diplomatique et cette subtilité linguistique ! Par comparaison, au Liban, Daech et Nosra sont libres de leurs mouvements, à peu de chose près, dans l’Anti-Liban et dans le jurd de Ersal notamment.
  3. Leurs attaques ont déjà couté la vie à plusieurs militaires libanais, dont deux par décapitation et deux par balle. Les deux organisations terroristes détiennent toujours plus d’une vingtaine de militaires libanais, menacés de mort à tout instant !
  4. Tout le monde sait que le régime fasciste de Bachar el-Assad a perdu, à jamais, le contrôle de la Syrie de son tyran de père. Il y a quelques semaines au Sud de la Syrie, l’affaire de Quneitra qui a impliqué les pasdarans iraniens, les hezbollahis libanais et les tsahalis israéliens, nous l’a prouvé. Il n’y avait aucun représentant du régime syrien, même pas un planton.
  5. Aujourd’hui, au nord de la Syrie, l’affaire du « Chah de l’Euphrate » nous le prouve. On a des Turcs, des Kurdes, des djihadistes, mais toujours aucun représentant du régime syrien. Entre les deux événements, l’attentat-suicide de Qordaha ce weekend, survenu au cœur du fief de la dynastie tyrannique des Assad, le prouve. Idem pour tous ses territoires à l’Est et à l’Ouest, qui sont passés entre les mains de « l’Armée syrienne libre » et de « l’Etat islamique en Irak et au Levant ». Idem pour les frappes aériennes de la coalition arabo-occidentale en Syrie.

Enfin bref, tout le monde le sait à l’exception du dernier tyran de Damas. Bachar el-Assad a beau joué au schizophrène frappé d’amnésie à chaque apparition médiatique, et faire de l’humour sur les cadavres de son peuple, il n’empêche que l’excellent interview qu’il a accordée à Jeremy Bowen de la BBC, le 10 février, dernier, le prouve encore.

Toujours et magistralement, contrairement à l’interview nauséeux et complaisant de Régis Le Sommier pour Paris Match en novembre 2014. Le chef du régime syrien n’a jamais été aussi « abruti » dans le passé qu’aujourd’hui. Voici une longue liste de morceaux choisis, que la presse ne s’est pas donné la peine de détailler. Ça vaut le détour.

« On ne peut pas parler d’Etat en faillite, parler de la perte de contrôle (de certains territoires) est une chose complètement différente… nous avons une invasion de terroristes venant de l’étranger…

Depuis le début, les manifestations n’étaient pas pacifiques…

Un million de manifestants, pour 24 millions de Syriens, c’est rien… nous défendons les civils… pourquoi ceux qu’on appelle l’opposition modérée se sont évaporés…

(à propos des barils explosifs, bourrés de TNT et d’éclats d’obus, lancés à l’aveugle par les hélicoptères du régime syrien sur les populations, voire photo ci-jointe) c’est une histoire infantile qu’on continue à répéter en Occident

(si l’ignare s’était donné la peine de se renseigner auprès de son ambassadeur à l’ONU, il aurait appris que dans la résolution 2139, adoptée il y a un an, jour pour jour,

« Le Conseil de sécurité… exige également que toutes les parties mettent immédiatement fin à toutes attaques contre les civils, ainsi qu’à l’emploi sans discrimination d’armes dans des zones peuplées, tels que les tirs d’obus et les bombardements aériens, tels que l’emploi de barils d’explosifs, et de méthodes de guerre qui sont de nature à causer des maux superflus ou des souffrances inutiles »)

Je n’ai pas entendu parler que l’armée (syrienne) utilise des barils ou des cocottes-minute (rire bête, et pourtant l’armée du régime de Bachar el-Assad est accusée, par le Réseau syrien des droits de l’homme, d’avoir largué 5 150 de ces engins meurtriers depuis octobre 2012)…

Si vous voulez parler de victimes (collatérales des barils explosifs), c’est la guerre, on ne peut pas avoir de guerre sans victimes (on estime que 12 194 personnes ont été tuées par les barils d’explosifs du régime alaouite syrien)… comment peut-on tuer sa population et avoir son soutien en même temps, ce n’est pas logique

(96 % des victimes des barils explosifs du régime syrien étaient des civils, 50 % des femmes et des enfants… (il était question de l’usage de barils explosifs dans la question, afin que son régime montre qu’il peut faire partie de la solution et non du problème) vous nous demandez d’arrêter de remplir notre devoir et de défendre nos compatriotes contre les terroristes… (« vous n’avez pas mené les attaques chimiques de Ghouta ? »), définitivement, non…

le nombre de victimes a été exagéré dans les médias (l’implication de son régime dans la mort de près de 1 500 personnes le 21 août 2013, ne fait pas l’ombre d’un doute comme je l’ai détaillé dans plusieurs articles consacrés à ce sujet)…

nous ne pouvons pas nous allier à des pays qui soutiennent le terrorisme (coalition arabo-occidentale qui bombarde Daech depuis le mois d’août 2015), parce que nous combattons le terrorisme (le régime affronte en priorité l’Armée syrienne libre)…

La société saoudienne est plus disposée à accepter Daech (à l’entendre il n’y a aucun Syrien avec Daech, les djihadistes viennent tous de l’étranger)…

Nous sommes informés avant que la campagne (de frappes aériennes de la coalition) ne commence, mais pas des détails (mais soi-disant les coalisés soutiennent les terroristes !)… Il n’y a pas de dialogues (avec la coalition) mais des informations…

(Sur la question à savoir s’il fait connaitre quelque chose à la coalition) Quand nous faisons quelque chose sur notre territoire, nous ne demandons et nous n’en parlons à personne (très grand sourire, manifestement il était très fier de sa réponse alors que les F-16 franchissaient le mur du son peu de temps auparavant)…

Oui elles (les frappes) pourraient avoir quelques bénéfices (pour le régime) si elles étaient plus sérieuses et plus efficaces… dans la plupart des cas, les civils ont quitté les zones contrôlées par les rebelles pour venir dans les nôtres

(sourire ; le journaliste lui fait quand même remarqué que si les civils viennent se réfugier dans les zones du régime, c’est parce que les zones contrôlées par les rebelles sont massivement bombardées, notamment par des armes non-conventionnelles comme les barils explosifs)…

Lorsque un organisme (de l’ONU) ou une organisation (ONG) dit quelque chose sur nous, cela ne signifie pas que c’est véridique… (à la question de savoir s’il se considère chanceux d’être encore là alors que la Syrie est détruite et meurtrie, et qu’il a une certaine responsabilité dans ce désastre) d’après la Constitution et votre éthique de travail, il faut protéger votre pays quand il est sous attaque…

Pourquoi voulez-vous que nous bombardons les écoles et tuer des enfants et des étudiants… encore une fois, c’est une chose d’avoir des victimes collatérales dans une guerre et de prendre pour cible les écoles… (« qu’est-ce qui vous empêcherait de dormir ? ») beaucoup de raisons, celles qui pourraient affecter tout être humain, la vie… (« avez-vous pensé à ces victimes ? »)

C’est quelque chose que nous vivons tous les jours, que ces victimes soient de l’opposition ou des supporteurs… nous le vivons dans la douleur ». Eh bien, disons que la douleur de ce tyran schizophrène et amnésique, à la langue de bois bien pendue, doit être terrible sachant qu’à ce jour, 210 000 Syriens sont morts, 10 000 000 de personnes ont quitté leurs foyers, 1 500 000 se sont réfugiés au Liban, la plus part se trouvant dans des conditions misérables.

Toujours est-il que Bachar el-Assad peut qualifier l’intervention turque de ce weekend « d’agression flagrante », force est de constater que son régime, bien que soutenu par l’autiste qui s’ignore, Vladimir Poutine (selon un rapport sérieux de l’Ecole de guerre de la Marine américaine), est aujourd’hui réduit à prendre connaissance de l’imbroglio irano-libano-israélien de Quneitra et de l’opération turque de Şah Fırat, dans la presse (enfin, presque !), de s’enterrer six pieds sous terre et de regarder ses chaussures et boucher ses oreilles au passage des avions de la coalition arabo-occidentale au-dessus de sa tête.

Ainsi, quand des forces étrangères, comme l’Iran, le Hezbollah, Israël, la Turquie, les Etats-Unis, la Jordanie et l’Arabie saoudite, j’en passe et des meilleures, agissent comme bon leur semble en Syrie, alors il faut croire que le régime qui prétend contrôler ce pays, est bel et bien fini. Sa chute n’est qu’une question de temps, même si ce dernier se montre hélas, extensible. (Ce refrain de temps compte est etourdissant)


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