Adonis Diaries

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Story of assassination of Bashir Gemayel in Sept. 14, 1982

La mort de Bachir Gémayel et la survie de son assassin

Habib Tanions ‘Chartouni’, l’assassin du Président élu Bachir Gémayel, condamné à mort par contumace 35 ans après les faits.

Après l’annonce du verdict, le parti Kataëb (Phalanges, fondé par Pierre Gemayel, père de Bachir, en 1936), “célèbrera le triomphe du droit et de la justice en se réunissant place Sassine”.

La famille du président assassiné a ensuite prévu de se rendre dans sa ville d’origine, Bikfaya, pour déposer une copie du verdict sur la tombe du président assassiné. 35 ans ! Pourquoi tant de temps ? (Pouquoi maintenant?)

Les faits sont têtus.

Comme il l’avait fait chaque mardi, durant les 7 ans de guerre, sauf depuis son élec­tion par manque de temps, le Prési­dent-élu Bachir Gémayel se rendit ce 14 septembre 1982 à 16 heures au Markaz ([1]) d’Achrafieh (Headquarter) pour s’adresser à la population du quartier.

Il tenait à les saluer une dernière fois et voulait rendre hommage à Jean ‘Nader’ qui en était le « patron ». Le matin même, Bachir avait vertement ra­broué Zahi ‘Boustani’ ([2]) qui s’obstinait à le faire changer d’horaires par simple mesure de sécurité,

– Je n’en peux plus ! s’était-il écrié. Tu me traques tout le temps ! Est-ce que l’on va également en­trer avec moi à Baabda ([3]) et m’accompagner partout où je vais ?

En tout début d’après-midi, ce même 14 septembre, à leur descente d’avion spécial en provenance de Lood, des instructeurs militaires israéliens furent bloqués par les hommes du Jihaz el-A’men ([4]) de faction à l’aéroport.

Ils avaient voyagé avec Ména­chem ‘Navot (qui avait pour nom de code Mendy), le tout nouveau N°2 du Mossad.

Durant le vol, les instructeurs, en civil, lui avaient expliqué qu’ayant formé les « body-gards » de Bachir Gémayel depuis trois mois, ils se rendaient à Beyrouth, comme l’exigeait le programme d’entraînement, pour contrôler si ce qu’ils leur avaient enseigné était appliqué.

Mendy intervint auprès des libanais en expliquant qu’il devait s’agir d’une erreur. L’officier de la sécurité fut intraitable, Il brandissait un message impératif qui leur était adressé : « Ne restez pas au Liban. Repartez avec le même avion ».

« C’était complètement stupide mais ils ne pouvaient pas passer en force pour ne pas froisser des susceptibilités  » déclara plus tard Ménachem Navot ([5]).

Ménachem demanda à Woody (Walid ‘Fares [6]’) venu le chercher, à être immédiatement conduit chez Elie ‘Hobeika’ au Mabna el-A’men ([7]).

Mendy était en train de protes­ter auprès du chef de la sécurité des Forces Libanaises, lorsqu’à 16 heures 10, une très forte déflagration retentit.

Quelques secondes plus tard le téléphone d’Elie sonna. Un cor­respondant lui annonça qu’une explosion venait de se produire au Markaz d’Achra­fié. Sans se consul­ter, Woody, ‘Navot’ et Ho­beika regardè­rent leur montre. Connais­sant l’emploi du temps de Bachir, ils savaient qu’il devait y être. La secrétaire passa la tête par la porte et lança,

– Bachir est sain et sauf.

Au même moment le téléphone résonna,

– ‘Bachir’ a parlé avec les sauveteurs, annonça une voix, il est sous les décombres mais vivant.

H.K. bondit hors de son bureau, sauta dans sa voiture et dé­marra en trombe. Woody et Mendy le suivirent dans un autre vé­hicule.

Du Markaz, il ne restait qu’un tas de décombres encadré par des pans de murs verticaux. Des grappes d’hommes retiraient des gravats d’un endroit pour les lancer dans un autre. Des cris, des appels et des ordres se croisaient entre des hurlements de sirènes dans une confu­sion indicible.

Ici et là des coups de feu tirés en l’air étaient censés faire reculer des civils et des miliciens cho­qués et hystériques qui s’agglutinaient autour de l’amas de ruines. Lorsque l’Israélien arriva, une grue mobile était déjà au travail. Des dizaines de sauveteurs s’affairaient dans la poussière. Un homme l’interpella et lui demanda avec un regard fou d’espoir.

C’est vrai que Ba­chir a été évacué dans un hélicoptère is­raélien ?

Navot ne prit même pas la peine de répondre. Woody et lui étaient assommés par le spectacle et l’anxiété. Le cœur serré par l’angoisse, ils se mirent comme les autres à fouiller les ruines. Navot fit un faux mouve­ment, chuta lourdement dans un trou et s’ouvrit profondément la main. Woody l’évacua immédia­tement vers l’hôpital des Forces Libanaises à la Quarantaine.

Alfred ‘Madi, conseiller de Bachir Gémayel’, Zahi ‘Boustani’ et Fady ‘Frem’ Commandant en chef des Forces Libanaises (FL), arrivèrent sur les lieux alors que l’on installait des projecteurs pour lutter contre l’ombre de la nuit qui commençait à s’étendre.

En voyant l’amas de ruines, Fady Frem était persuadé que Bachir avait péri écrasé sous les décombres. Des personnalités présentes lui avaient alors affirmé avoir vu Bachir vivant.

Lucien Georges, le correspondant du « Monde » était de ceux-là et décrivait même le président élu, couvert de poussière, porté dans une ambulance par des sauveteurs. Connaissant leur sérieux et leur lucidité, Frem avait été submergé par un espoir fou que sa raison tentait d’écarter.

Malgré le doute angoissant qui le rongeait, il s’accrochait désespérément à tous les détails, les propos qui étayaient son espoir. Il était retourné à la Quarantaine. Puis, ne pouvant rester loin des recherches, il y était revenu.

Frem s’engagea sur l’amas de gravats suivit de ‘Paul’ Gémayel et Abou Roy (Fawzi ‘Mahfouz’) qui étaient déjà sur place. Ils s’approchèrent de l’emplacement où, logiquement, Bachir devait se tenir pour présider la réunion.

Des sauveteurs enlevaient des blocs de béton et de la ferraille. L’un d’eux cria qu’il avait trouvé un autre corps. Frem eut l’impression que son coeur s’arrêtait de battre en reconnaissant malgré la poussière le bleu ciel du vêtement. Les deux jambes portaient une plaie ouverte sur les cuisses. Le visage écrasé était méconnaissable.

Frem remarqua l’alliance octogonale que portait le cadavre. Celle de ‘Bachir’. Paul Gémayel et Abou Roy, immobile, ne pou­vaient détacher leurs regards du corps. Les sauveteurs le déga­gèrent complètement et le déposèrent sur un brancard sans l’identifier. Les trois hommes regagnèrent la rue en silence.

Sans se consulter, ils turent leur découverte pour éviter de transformer l’énervement ambiant en hystérie collective. Fady ‘Frem’ rejoignit ‘Madi’ et ‘Boustani’ et leur glissa d’une voix sourde,

– Nous l’avons retrouvé, en leur montrant du menton la civière que l’on plaçait dans une ambulance.

– Je veux le voir ! cria presque Zahi. Les cinq hommes montè­rent en voiture et suivirent le véhicule de la croix rouge alors que le jour finissait. Ils demandèrent aux médecins de l’hôpital de l’Hôtel Dieu de France de mettre Bachir dans une salle à part. Ils restèrent à ses côtés, pétrifiés, incapables de prononcer un mot, de faire un geste pendant plusieurs mi­nutes.

En sortant de la pièce, Frem exigea des médecins le si­lence le plus absolu et demanda que le corps soit nettoyé. Ils retournèrent à la quarantaine et entrèrent dans le bureau de ‘Bachir’ où ils savaient réunie toute la famille Gémayel. ‘Solange’, l’épouse du Président élu, figée, était assise dans le fau­teuil de son mari.

Le visage défait, Zahi s’approcha d’elle et l’embrassa. Tout le monde comprit. Sur le bureau se trouvait un message de Ménahem ‘Bégin’, adressé à Ba­chir, enté­rinant l’accord que le président élu avait passé avec Ariel Sharon à Bikfaya deux jours plus tôt.

Fady ‘Frem’, descendit dans la grande salle de réunion du Rez-de-chaussée dans laquelle s’étaient spontanément regroupés les membres du Conseil de Commandement des Forces Libanaises. Il leur confirma la mort de Bachir et leur annonça qu’il avait consigné toutes les unités dans leurs casernes.

Il se rendit ensuite dans la salle de réunion du nouveau bâtiment, un blockhaus de béton construit sur le côté Ouest de la cour d’honneur du Majliss. Il annonça la nouvelle à ceux qui s’y trouvaient, Elie ‘Hobeika’, Toto (Antoine ‘Bridi’), Fouad ‘Abounader’, Elie ‘Zayeck’, Poussy (Massoud ‘Achar’), Asso (Assad ‘Chaftari’) et Nazo (Nizar ‘Najarian’). (Pas de Samir Gea3ja3?)

Il y eut un long silence qu’Elie Hobeika interrompit en lâchant,

– Qui va prendre la relève ?

– ‘Amine’ son frère ! répondirent en coeur Fouad et Zayeck.

– Il n’y a qu’Amine pour prendre la relève ajouta le second.

–  Amine ! Jamais ! rejeta fermement Nazo, Il faut d’abord qu’il vienne vivre avec nous.

En apprenant la mort de Bachir, Mendy, Woody et Elie ‘Machahalani’, un des gardes du corps du président élu se préci­pitèrent à l’Hôtel Dieu de France.

Ils traversèrent les cou­loirs vides. Ils finirent par rencontrer un infirmier qui sans répondre à leur question leur indiqua une porte. Woody frappa doucement. Un médecin entrouvrit le huis et leur déclara,

– Il n’y a personne ici !

Le garde du corps, d’un coup d’épaule força l’entrée. Le corps de Bachir, allongé sur une table, était recouvert d’un drap. Machahalani découvrit le visage et éclata en sanglots. Le visage maintenu par des bandes qui enserraient la tête était tout juste reconnaissable.

‘Mendy’ se précipita à l’antenne du Mossad installée au bord de la mer, à Tabarja pour communiquer la nouvelle à Tel-Aviv.

Les radios libanaises diffusaient de la musique classique entrecoupée de nouvelles contradic­toires. Les unes annonçaient que Bachir avait été retrouvé sain et sauf, d’autres le disaient vivant mais blessé. Entre deux flashes toutes répétèrent le même communiqué, « Par ordre du commandant en chef, les combattants des Forces Libanaises ont interdiction absolue de circuler en armes, sans ordre de mission. Il sera également interdit de circuler en voiture dans Achrafieh demain à partir de 6 heures du matin ».

Pour éviter tout dérapage, Fady Frem avait mis l’ensemble de ses troupes en état d’alerte et les avait consignées dans leurs casernes. A minuit, Chaffic el-‘Wazzan, le premier ministre,’ annonça officiel­lement la mort de Bachir Gémayel. Il au­rait eu 35 ans le 10 no­vembre 1982.

Deux jours plus tard, le 16 septembre vers 17 heures 30, Habib Tanions ‘Chartouni’, 26 ans, était interpellé chez lui par un de ses cousins Elias ‘Chartouni’ ([8]), chefs de l’un des groupes du Jihaz el-A’men d’Elie ‘Hobeika’.

Il avait été dénoncé involontairement par sa soeur, qui hystérique hur­lait qu’elle devait la vie à son frère. Elle se trouvait dans le Markaz et ce dernier l’avait (quitte’) quelques secondes avant l’explosion. Ce détail alerta les enquêteurs.

Dans la soirée du dimanche 12 septembre, deux jours avant l’attentat, Chartouni avait déposé 35 Kgs de TNT, répartis dans deux sacoches, au second étage du bâtiment, dans l’appartement de ses grands-parents, où justement vivait sa soeur.

Bachir tenait ses réunions au premier. Habib Chartouni, après l’arrivée du président élu, avait télé­phoné à sa soeur, restée chez elle, en lui demandant de venir le rejoindre à l’hôpital où il venait d’être ad­mis après un ac­cident. Il avait attendu qu’elle s’éloigne pour appuyer sur le bouton qui, en activant le klaxon d’un modèle réduit de voiture de fabrication japonaise, actionnait le détonateur extrêmement sophistiqué de fabrication chinoise, de marque Chinowa provoquant l’explosion.

Sans même être interrogé, il fut remis par les Forces Li­banaise à ‘Amine’ Gé­mayel.

Ce dernier le confia à l’un de ses chefs de mi­lice « Tansa », responsable de la région de Douar dans le haut Metn, non loin de la ligne de démarcation qui séparait la zone tenue par les FL de celle tenue par les soldats syriens.

Habib Chartouni

Habib Chartouni, menotté, fut en­fermé dans le sous-sol d’une villa vide. Quelques heures plus tard, ayant dé­fait ses liens de fer, il s’échappa par un soupirail ouvert et disparut dans la nuit.

Il fut repris à l’aube, par des hommes d’Elie ‘Hobeika en faction au dernier bar­rage des Forces Libanaises, à Dhour Chouer, au moment où il passait dans la zone contrôlée par les Syriens,. ‘Char­touni’ fut ramené sur le champs au Mabna el-A’men. Il fut placé devant une caméra vidéo pour être interrogé.

Il expliqua posément et calmement qu’il était membre du Parti pro-syrien P.S.N.S.

– J’ai été contacté il y a trois ans, en 1979, au pavillon du Liban à la Cité Universitaire de Paris, par Nabil ‘Alam’, le pa­tron du service de renseignement du P.S.N.S. Il m’a demandé de rentrer dans son service parce que je suis chrétien d’Achrafieh.

La famille Chartouni n’était pas totalement inconnue du parti de l’idiologie que la Syrie esr une nation complete et que les Syriens (incluant les Libanais, Jordanien et Palestiniens formaient un seul peuple).

Le frère d’Habib, Georges dirigeait déjà une cellule du P.S.N.S en Italie. Leur père ([9]) était propriétaire d’un Laboratoire d’analyse médi­cale à l’Ouest, rue Clémenceau, non loin de la chancellerie française.

– J’ai été très vite détaché auprès de ‘Hawari’ (Sphinx) affirma Habib ‘Chartouni’.

Surnommé le Sphinx, Hawari ([10]) était avant tout le chef de la cellule « Organisation Aman el-Mandou­bine » ([11]) et avait pour adjoint un certain « capitaine Sadi ».

La structure et le rôle de cette cellule avaient été mis au point par un étudiant en droit gauchiste Fouad ‘Chémali’ ([12]).

En fonction de ses possibilités, chaque parti palesti­nien et progressiste devait fournir à l’ »‘Organisation Aman el-Mandoubine’ » des renseignements, des moyens technique, du matériel ou des hommes.

Ces derniers, ve­nus de différents horizons, devaient pouvoir « travailler » dans leur environnement d’origine.

Ainsi les maronites « traitaient » des objectifs dans les zones chrétiennes, les sunnites fai­saient de même dans la leurs et ainsi de suite. Cette méthode permettait une infiltration plus sûre mais aussi elle avait pour objectif de « brouiller les pistes ».

L’enquête effectuée sur l’Organisation permit d’arrêter deux Chrétiens Joseph ‘Kazazian’ et Nazih ‘Chaya’ qui,  en février 1980, avaient placé une voiture piégée près du Palais Bustros ([13]) pour assassiner Bachir Gémayel.

L’explosion avait pulvérisé sa mercedes 280 verte dans laquelle se trouvaient sa fille Maya et deux gardes du corps. Ces deux hommes avaient, un temps, fait partie du groupe d’Elias Chartouni ([14]) et Nazih Chaya avait été renvoyé des F.S.I ([15]) en 1977.

l’ »Organisation Aman el-Mandoubine » agis­sait au profit de chacun de ses « fournisseurs », mais également à la demande de tous ceux qui payaient -très cher- ses ser­vices. Habib Chartouni avait été « donné », dans ce contexte, à l’ « Organisation » par le P.S.N.S qui fut tout surprit d’être directement impliqué dans l’assassinat de Bachir Gémayel.

Son leader, Inaam ‘Raad’ affirma, dans un communiqué, que le poseur de bombe ne faisait pas partie de son organisation.

En février 1983, sur ordre de Fady ‘Frem’ qui avait décidé de le faire juger pour le meurtre de Bachir, Habib Tanious ‘Chartouni’, avait été sorti des geôles des Forces Libanaises.

Il avait été présenté à la presse puis livré à des officiers de l’armée venu le chercher. Ils lui ont bandé les yeux et l’ont emmené au Ministère de la défense à Yarzeh dans une Ranch Roover aux vitres teintées, escorté à cinq autres véhicules identiques et un hélicoptère.

Le Co­lonel Salah ‘Mansour’ l’installa dans une cellule du 2ème Bureau situées dans le Bâ­timent N°2 du Ministère.

Le jour même, Chartouni fut présenté au Procureur Général militaire Assad ‘Germanos’ qui ouvrit une procédure judiciaire à son encontre. Il reconnut les faits sans aucune difficulté et répéta presque mot pour mot ce qu’il avait dit devant les caméras des F.L. Le procureur l’inculpa du meurtre du chef de l’Etat.

Amine Gé­mayel, élu entre-temps Pré­sident de la République à la place de son frère, fit peu de temps après, en Conseil des Ministres, dessai­sir la justice militaire du dossier Chartouni pour le confier à la Haute Cour, juridiction prévue par l’article 80 de la constitu­tion liba­naise, mais qui n’existait pas et qui n’a jamais existée ([16]).

Le Président Amine Gémayel n’a jamais expliqué cette étonnante décision qui a permis à l’assassin de son frère d’échapper à la justice

Immédiatement après la décision présidentielle Chartouni quitta les cellules du Minis­tère de la Défense en 1983 pour être transféré dans celles de la prison jouxtant la caserne des Commandos de l’Armée à Roumié.

Habib Tanios ‘Chartouni’ sera libéré avec les honneurs, le 13 octobre 1990, lors de l’entrée des troupes syriennes dans le Metn que dé­fendait le géné­ral Michel ‘Aoun’.

Vivant à Damas, présenté comme un héros, il donnera des conférences de presse et participera à de nom­breuses émissions de télévision.

Note 1: Pierre Gemayel  (pere) etait en alliance direct avec le mouvement Zionist depuis la formation de son partie “les Phalanges” en 1936, avant la creation de l’etat d’Israel en 1948. Ce partie recevait des fonts du Zionism durant les elections electoral et a essaye plusieur fois d’assassiner le leader Antoun Saade du partie Syrien National Social.

Note 2: Le Front Libanais etait directement soutenu par Israel durant la guerre civile (1975-89) et des visites respectives a Israel et au Liban etaient une affaire frequente et connue.

My Enemy’s Enemy: Lebanon in the Early Zionist Imagination, 1900-1948

Laura Zittrain Eisenberg
Reviewed by William B. Quandt

When General Ariel Sharon‘s troops slammed into Lebanon in the summer of 1982, their purpose was not only to drive out the PLO, but also to bring to power a friendly Maronite government led by Bashir Gemayel. (Actually, most  Lebanese Maronite Presidents were serving the Zionist project, directly or indirectly)

The idea of an “alliance of minorities,” based on the “enemy of my enemy” notion, had deep roots in Zionist thinking. (Until the objective is fulfilled)

Indeed, before Israeli statehood, as this excellent historical study shows, the relations between Zionists and some Maronite leaders were far-reaching.

In 1946, a treaty of sorts was even signed with the Maronite religious establishment, but the peace proved as ephemeral as the 1983 agreement between Lebanon and Israel.

Eisenberg sympathetically explains the motives and misperceptions that led to the belief that Christian Lebanon could be detached from the surrounding Arab region as an ally of Zionism, but she also shows the project had no realistic chance, and she implicitly warns against ignoring the lessons of history.

This study drives home that ideas, once they take hold, are often resistant to reassessment, even when the evidence is overwhelmingly against them.

A gracefully written, well-researched book that makes excellent use of Zionist archival materials, interviews, and documents in French archives.

Why the Lebanese Maronite Patriarch feels this urge to visit Jerusalem?

Treaty of 1946: Between Jewish Agency for Palestine and the Maronite Church

The Maronite Patriarch of Lebanon Bshara Al Rai (Ra3i) has decided to join the Pope in his visit to Jerusalem, on the ground of his responsibility to pay visits to the Maronites living in Palestine and Israel.

Many political parties and organizations in Lebanon have been contacting the Patriarch and counseling him from going ahead with his decision.

Mind you that the Jews in Israel have started a wave of widespread defamation of churches and removing crosses from Christian cemeteries.

The same behavior as practiced by the Islamic Wahhabi extremist fundamentalists anywhere they occupy a region and cities in the Moslem World.

And no one of these Jews have been apprehended or detained.

What are the implications of the creation of a minority Jewish state on identity politics in Lebanon?

Check article 4 for one of the reasons of this visit

Treaty between the Jewish Agency for Palestine (a political agency) and the Maronite Church

May 30th 1946

(Two years before the creation of the State of Israel when Lebanon was already recognized as a State by the UN)

“We, the undersigned:

1. His Beatitude Antoine Arida, the Maronite Patriarch of Lebanon, acting on behalf of the Church and the Maronite community, the largest community in the Lebanese Republic with citizens residing in other countries, represented by Cheikh Toufic Aoud, ex-minister by virtue of authorization addressed to the President of the Jewish Agency, Professor Weizmann on May 24th 1946,which hereinafter shall be in this treaty addressed as “first party”.

2. Dr. Bernard Joseph, acting on behalf of the Jewish Agency for Palestine which is known in International Law as the representative of Jewish people around the world aimed at creating the Jewish National Home in Palestine,which hereinafter shall be in this treaty addressed as “first party”.
 

ART.1: The first party expressly and fully recognizes the historical link uniting the Jewish people to Palestine, the Jewish people’s aspirations in Palestine, and the Jewish people right to a free immigration and independence in Palestine. It also declares its approval on the Jewish agency’s declared current political program including the establishment of a Jewish state.

ART.2: The second party expressly and fully recognizes the independence of Lebanon and the right of its inhabitants to choose the regime they deem as appropriate. The second party also declares that its extending and widening program does not include Lebanon. On the contrary, it respects the state of Lebanon in its current form and borders. The Jewish immigration does not include Lebanon. 

ART.3: The two parties commit themselves reciprocally to abstain from undermining their respective aspirations and status; the so-called commitment has a binding obligation restraining the representatives of both parties – officials and non officials – in the country, abroad, in international conferences whether occidental or oriental, from expressing any kind of support to decisions or actions that may harm the other party. Also do their utmost to avoid taking such decisions or undertaking such actions. 

ART.4: The two parties commit themselves to provide mutual help at the following levels: political, commercial, security and social in order to promote the position of the first party and realize the aspirations of the second one. This engagement includes:

a) Raise the awareness of public opinion in the Orient and the Occident on the cause of each party, according to the spirit of the treaty hereby.

b) Concert their efforts to open the doors of each country with view to deepen cultural and social rights and promote commercial trades and the exchange of liaison officers to forge good neighboring relationships between one another.

c) The first party recognizes the right of every Jewish to immigrate to Palestine commits itself to help as much as possible in the realization of this immigration in the event that it shall pass through Lebanon.

d) The second party commits itself, after the creation of the Jewish state, to respect the sacred character of the holy sites in Palestine and commits itself as well after retaining the command of power to consider the treaty hereby as an integral part of the government program.

e) The two parties commit themselves to provide help, if requested, to one another in order to maintain security in their respective countries. This engagement has the binding obligation to take all necessary measures to block the entrance or exit of hostile elements capable of sowing public disorder and the obligation to refrain from providing any kind of help for such elements.

f) The two parties commit themselves to exchange information on all issues such as the politics of their countries, their economy, security, and relations with third parties.

g) At the industry, agriculture and scientific research levels, the two parties commit themselves to exchange information and advice in order to synchronize the Lebanese and Jewish efforts with a view to ensure the best development of their respective industries (including the tourism sector), agriculture and research on the basis of mutual cooperation.

h) After creating the Jewish state, the second party commits itself to reserve a friendly treatment to the representatives of the Maronite Patriarch, to facilitate the buying of a land and the construction of a Patriarchate worthy of the Maronite community.

i) The second party commits itself to require from its offices all over the world to support the cause of the first party and back its representatives in Washington, London, and Paris and in international conferences.

ART.5: In order to achieve the afore-mentioned obligations, and additional practical means of collaboration and mutual aid, the two parties will hold direct or indirect (through representatives) talks depending on the relevant advancement and circumstances. The first party has already chosen Cheikh Toufic Aouad to be its authorized representative till further notice.

ART.6: The treaty hereby takes effect upon signature. Each party has the right to terminate it within six months notice. 
 
In witness whereof the two parties have signed this treaty.”

Double original copy, Jerusalem, May 30th 1946.        

On behalf of His Beatitude His Grace Antoine Pierre Arida, Toufic Aouad    

On behalf of the Jewish Agency for Palestine, Bernard Joseph

Source: Central Zionist Archives 525/3269

Note 1: The treaty was between the Patriarch of a church and a Zionist political entity. That the current Patriarch expect this treaty to still be valid and respected by the State of Israel is tantamount to committing a big political mistake.

In any case, Israel never respected any treaty that stopped serving the Zionist apartheid system and its annexation policies.

Note 2:

Laura Zittrain Eisenberg published a book that reports:

1. When General Ariel Sharon‘s troops slammed into Lebanon in the summer of 1982, their purpose was not only to drive out the PLO, but also to bring to power a friendly Maronite government led by Bashir Gemayel.

2. The idea of an “alliance of minorities,” based on the “enemy of my enemy” notion, had deep roots in Zionist thinking.

3. Before Israeli statehood the relations between Zionists and some Maronite leaders were far-reaching.

4. In 1946, a treaty of sorts was even signed with the Maronite religious establishment, but the peace proved as ephemeral as the 1983 agreement between Lebanon and Israel. (that was not ratified)

Eisenberg sympathetically explains the motives and misperceptions that led to the belief that Christian Lebanon could be detached from the surrounding Arab region as an ally of Zionism, but she also shows the project had no realistic chance, and she implicitly warns against ignoring the lessons of history.

Note 3: I cannot recollect that any Lebanese Patriarch ever visited Jerusalem after 1948, even when Jerusalem was administered by Jordan Kingdom.

Note 4: The visit has political connotation, regardless of the religious reasons and excuses. The Patriarch has to make a public declaration relevant to the treaty and to clarify the Lebanese political positions regarding the Israeli enemy.

Note 5: The Patriarch must avoid to land in Tel Aviv or cross any Israeli checkpoints. A helicopter from Jordan and landing straight in Jerusalem should be considered.

 

These sweet Lebanese Christians kiss the hands of ladies and commit the worst of atrocities...”

The war crimes of Ariel Sharon are no less horrible than the crimes committed by Isaac Rabin, Shimon Peres and Golda Meir. (Asaad Bu Khalil angryarab.blogspot.com)
The worst crimes against humanity were committed during the invasion of Lebanon in 1982. The Lebanese political system has been trying hard to obliterate this criminal period from its educational program.
In his autobiography “The Warrior“, Ariel Sharon wrote:
“I came to Lebanon to have a feeling on the ground on the seriousness of the Christian Lebanese Forces intention and readiness to supporting our troops for our planned invasion of Lebanon in 1982.
I had met with Bashir Gemayel in Jerusalem, in one of his frequent visits to Israel asking for aid when I was minister of agriculture, and I sensed his determination and potentials.
I needed to pay a visit to the leaders of the Christian Forces in their homes and in their environment to acquire a better sense of adhesion to the planned invasion of 1982.
Bashir invited me to visit him in Jounieh and wanted me to meet with his father Pierre and other leaders. He also announced that a highly important Israeli personality will meet with him in early January.
When I landed from the helicopter, Bashir hugged me, as Arabs do, and said: “I knew it would be you that Israel will send to meet with me”.
After dinner, Bashir asked me: “What are we expected to do when you enter Lebanon?”
I said:
First, you must be able to hold on your land. Otherwise, there is nothing we can do if you lose your land.
Second, you see that hill? It is the Yarseh Hill overlooking the Defense Ministry. You must occupy it quickly as we enter.
Third, we are not entering West Beirut. Beirut is a Capital with embassies and ministries, and we are not about to be embarrassed with more troubles than we can handle. West Beirut is your responsibility and the Lebanese army to occupy.
I toured the Christian Mount Lebanon villages, riding in Bashir’s Mercedes that had a telephone, a facility we didn’t have in Israel. The people applauded us on the street while the Lebanese army passed by us and waved to us. Beshir even stepped out of the car to return the congratulation of the citizens: He certainly was very popular.
After a long day of visiting various villages and the civil war demarcation lines, I arrived at the house of Bashir in Ashrafieh. His wife Solange was waiting for us. I realized later on that she had a strong personality.
Solange prepared a copious dinner and the invitees ate in western style. Present were Pierre Gemayel (the father) and former President Camille Chamoun. Both of them were pretty old but still sharp up there.
Pierre was tall, slim and a perfect aristocrat. Chamoun was shorter and heavier but cooler and comfortable in our presence.
At coffee time, Pierre hoarded the talk in perfect French and a Mossad aid was translating to me into Hebrew. Pierre was crying slowly and whining on the losses and bloodshed they had suffered.
I looked at Chamoun who felt very disturbed by Pierre’s behavior and whispered in his ear in Arabic to get hold of himself.
They explained to me the election process for the Presidency and how many votes in the Parliament they need to secure… I told them that Israel is intent on securing its northern borders with Lebanon. As for the Presidency they have to rely on themselves with a small push from us in order to re-establish security and stability. We wanted a “peace treaty” with Lebanon and they have to be able to deliver on their promises.
Camile Chamoun got to the point and explained that a separate peace treaty will be an insurmountable obstacle due to the close business links with the Arab World and the presence of the huge number of Lebanese working in the Arab countries.  However, Pierre was more conciliatory on the potential for this treaty in the future.
I told them to start weaving close ties with the Shiaa and Druze sects. The Druze have never been enemies to Israel and the Shiaa were extremely upset with the Palestinian armed presence in the south.  I didn’t press on the topic of the possibility of Israel supplying the Shiaa with some weapons.
I emphasized that the Sunnis are not permanent enemies to Israel since we coexisted peacefully for two decades.
When I returned home in Israel, my wife Lily asked me: “What were your impressions?” I said: “These sweet Lebanese Christians kiss the hands of ladies and commit the worst of atrocities…
I related to Kamal Hassan Ali (Egypt counterpart during Sadat?) my visit to Lebanon and told him that the axe of Egypt, Tel Aviv and Beirut seems feasible.
My experience with Beirut is unimaginable. Cars were speeding with full horn on, the bars, restaurants and coffee shops plenty to crack… It seems that there was no civil wars for a stranger visiting Lebanon.  I was welcomed in a manner I joked that “if I needed political asylum anytime in the future, it is Lebanon that I’ll ask to stay in
I had visited Lebanon several times since then and I had the opportunity to know personally many of their personalities, writers, artists, poets and dailies.
After Bashir was elected president, I visited Bikfatya on September 12, 1982 and it was a very cheerful day: Hope and good expectation for stability were hovering among the invitees.
I had a chat with Beshir in private and tried to brush aside the negative impression that Menahem Begin had of Beshir, at their latest encounter in Naharia, two weeks ago. The chemistry between the old man and young man were missing.
Menahim told Beshir that he is not about to let go of Major Saad Haddad (the head of the Christian militia and part of the Lebanese army in south Lebanon) and Beshir was not about to reduce any of his prerogatives as President.  I was not about to let go of Saad Haddad too, but I comprehended the uneasiness of Beshir.
We discussed how to proceed with the “cleansing” of West Beirut of the “terrorists” (Palestinians and Lebanese), on account that should be the responsibility of the new Lebanese government.
I exposed the main points that Israel will propose in the peace treaty during the next meeting with our foreign minister Isaac Shamir on September 15. (Incredible, Beshir was to be officially inducted President on that day, and Israel would press for a meeting on that same day).
My meeting with Beshir lasted way after 1:30 am, and Solange had prepared a lavish dinner with all the dishes that I love.  She invited me and my children to pay a visit to the Presidential Palace once Beshir is in. She offered me an encrusted cherry box with Phoenician artifacts within.
Beshir volunteered to drive me personally to my chopper in Jounieh and I refused telling him: “These are crucial days and you should be very cautious in your travels and whereabouts”
(Beshir was assassinated on September 14 in the afternoon)
My meeting with Amine Gemayel (elder brother of Beshir) was lukewarm at best when I approached the proposed peace treaty.  During the burial ceremony of Beshir in Bikfaya, Amine was wearing a perfectly tailored white suit, shining snake shoes and his fingers were loaded with rings, and I realized that this “potential next President” will not be as easy and straightforward.
In January 1983, the poetess May Murr and her engineer husband Alfred Murr invited Lily and me. The streets were filled with welcoming people, though the government was less enthusiastic with my visit. (Amine Gemayel was elected President to replace his brother Beshir)…
Note 1: It is obvious from this autobiography that the invasion of Lebanon in 1982 was in full planning 6 months ahead of time and the intention was not to secure a buffer zone 40 km in south Lebanon. The plan was to advance toward the capital Beirut.
Over 20,000 Palestinian and Lebanese were killed and 3 fold that number fell injured and handicapped.  After the assassination of Bashir Gemayel, Sharon masterminded the genocide of the Palestinians in  the Sabra and Chatila camps, for 3 nights and 2 days, slaughtering 3,000 civilians in cold blood.
The camps had no Palestinian fighters, since they had been evacuated by sea a month earlier to Tunisia and Yemen.
The Israeli army had put siege around Beirut for 3 months, bombed the capital by air, land and sea and cut off power and water supply and prevented any foodstuff from entering.
Finally, the Israeli troops entered the Capital, robbed and looted all kinds of documents and artifacts. It was forced to retreat after 2 weeks with the increase of armed attacks against the Israeli checkpoints. They left by announcing in the streets “Stop shooting at us. We are leaving
The occupation of Israel lasted 25 years and they had to vacate in 2000 without any negotiations or preconditions. The Shiaa turned out to be fierce resistant fighters and Hezbollah is the main challenge to Israel further preemptive wars on Lebanon after the fiasco of July 2006 war.
Note 3: Part of the Arabic translation of Sharon’s autobiography

والترجمة هي من النص الإنكليزي لمذكّرات شارون وتبدأ بفترة التحضير للاجتياح الإسرائيلي في عام 1982): «وأنا أيضاً كنتُ أريد أن أرى لبنان بنفسي كي

آخذ شعوراً بالملموس عن الحالة على الأرض هناك، وخصوصاً من أجل فهم إذا كان هناك أي شيء ممكن توقّعه من القوّات اللبنانيّة المسيحيّة في حالة الحرب. وأنا كنتُ قد التقيتُ ببشير الجميّل للمرّة الأولى عندما كنتُ وزيراً للزراعة خلال واحدة من زياراته للقدس لبحث العون الذي كنّا نقدّمه (لهم). ولقد ترك عندي انطباعاً (إيجابيّاً) آنذاك على أنه رجل شاب مليء بالثقة بالنفس والعزم. تحدّث بإقناع وبسلطة، ولم يكن هناك شك بأنه كان قد أظهر قدرات قياديّة حقيقيّة. لكنني شعرتُ

بأن الطريقة الوحيدة لتقديم تقييم ملائم هو من خلال زيارته في موقعه، ولرؤية رجاله في منازلهم، ولرؤية عائلاتهم وقوّاتهم ومواقعهم لفهم كل شيء عن الرجل وعن ظروف حركته … وكان الجميّل قد دعاني بنفسه لزيارة لبنان للقائه، وللقاء والده، بيار الجميّل، وقادة آخرين. وقال إن الموقف المسيحي بات يزداد حراجة … وأعلمنا بأن «شخصيّة رفيعة جداً» ستصل (من إسرائيل) في أوائل كانون الثاني في عام 1982 … ووصلنا إلى جونية … وما إن ترجّلت من الطوّافة، عانقني بشير وقبّلني على الطريقة العربيّة وقال: «أنا عرفت أنك ستكون أنت الزائر، مع أنهم لم يعلموني، لكنني كنتُ متيقّناً من أنك ستكون أنتَ» … والتقط بشير النقاش الذي كان قد بدأ في ليلة أمس على العشاء وسأل: «في حالة الحرب، ماذا تتوقعون منّا؟»، في هذه الحالة، أوّل شيء يجب أن تفعلوه هو أن تدافعوا عن حدودكم هنا لأنكم يجب أن تعرفوا أننا لن نستطيع أن نسعفكم إذا كنتم ستخسرون الأرض شيئاً فشيئاً. ثانياً، أترون هذه التلّة هناك، تلّة وزارة الدفاع؟ هذه حيويّة. إذا اندلعت الحرب، سيطروا على التلّة (اليرزة) … ثالثاً، إسرائيل لن تدخل بيروت الغربيّة. هذه عاصمة، وحكومة وسفارات أجنبيّة. وجودنا هناك سيتسبّب بمشاكل سياسيّة معقّدة لنا. بيروت الغربيّة هي عملكم أنتم وعمل الجيش اللبناني
… بعد ذلك، تجوّلت في الجبل والخطوط المسيحيّة، في سيّارة المرسيدس الخاصّة ببشير، والتي كانت تحتوي على جهاز تلفون _ وهذا ما لم نكن نملكه نحن في تلك الأيّام. توقّفنا في قرية تلو الأخرى، وكان يشرح لي تاريخ وأهميّة كل منها. وفي كل مكان، كان الناس يتبيّنونه ويصفّقون، هاتفين باسمه، حتى إنه أوقف سيّارته وترجّل منها، فيما كانت وحدات من الجيش اللبناني تمرّ بمحاذاتنا، وكان الجنود يلوّحون ويهزجون. من الواضح أنّ الرجل كان معروفاً ومحبوباً. لا يمكن ألّا تترك هيبته والتعاطف معه أثراً (إيجابيّاً). وبعد يوم طويل في الجبل، رجعنا إلى منزل بشير في محلّة الأشرفيّة في بيروت. على الباب، انتظرتنا زوجته الجميلة، سولانج، التي تتمتّع بشخصيّة قويّة كما أدركت لاحقاً. وكان هناك والده بيار الجميّل وكميل شمعون، الرئيس الأسبق للبنان، وكلاهما كانا متقدّمين في السن مع رجاحة عقليّة
… كل شيء في منزل بشير وسولانج كان أنيقاً وبديعاً. وقُدّم لنا عشاء رائع، وكانت آداب المائدة للحاضرين مثاليّة، وتم التخاطب بأجمل لغة فرنسيّة. وكان الأب، بيار الجميّل، طويلاً نحيفاً مستقيماً وأرستقراطيّاً. شمعون كان أقصر وأسمن، وأكثر ارتياحاً … وبعد تقديم القهوة، بدأنا بالتصدّي لجملة مواضيع هامّة. وقام بيار الجميّل بمعظم الحديث في البداية، وبالفرنسيّة التي كان يترجمها لي إلى العبريّة واحد من جماعة الـ«موساد» بمعيّتي. وفيما كان هذا الرجل العجوز المتزمّت يصف الخسائر والدماء التي عانوها والمساعدة التي يطلبونها منّا، بدأ بالنحيب بصمت. ألقيتُ بنظري نحو وجه كميل شمعون ورأيتُ أنه كان متبرّماً من إظهار المشاعر. ومن خلال شفاه مقطّبة، همس للجميّل بالعربيّة: «ما تبكي» … وشرحوا لنا النظام الانتخابي (الرئاسي) وعدد الأصوات التي يحتاجون إليها لتعزيز حظوظ كسب موقع الرئاسة، وكيفيّة الحصول على الأصوات تلك … وقلتُ لو دخلنا نحن (إلى لبنان) فسندخل لحماية حدودنا الشمالية، لكن ستكون النتيجة قدرتكم على الحصول على فرصة لإعادة الحياة الطبيعيّة إلى لبنان. لكن هذا يتوقّف إلى حدّ كبير على السلام أو إجراء سلام بين إسرائيل ولبنان. وهنا قاطعني كميل شمعون ليقول إنه لا يعتقد أن بوسع أي حكومة لبنانيّة القدرة أو الرغبة على توقيع اتفاقيّة سلام مع إسرائيل. إن عمق العلاقات والمصالح الاقتصاديّة بينهم وبين العالم العربي، والعلاقة بين المصارف اللبنانيّة والمصارف العربيّة والعدد الكبير من اللبنانيّين العاملين في الشرق الأوسط والعلاقات التجاريّة ستمنعها. وإذا كان بيار الجميّل قد ترك عندي الانطباع بأن هناك إمكانيّة لإجراء سلام في مستقبل ما، فإن كميل شمعون كان أكثر تحفّظاً إزاء ذلك. وتحدّثنا أيضاً عن علاقات المسيحيّين بالطوائف الأخرى، وخصوصاً الشيعة والدروز. وكان اقتراحي أن يقوموا بمحاولة تقوية علاقاتهم بتلك الأقليّات الأخرى، حتى إنني طرحت إمكانيّة تحويل _ وإن بصورة رمزيّة _ بعض السلاح الذي نمدّه لهم إلى الشيعة، الذين كانوا يعانون من مشاكل كبيرة مع منظمة التحرير الفلسطينيّة. ومع أنني لم أخض في التفاصيل، فإنني لم أعتبر يوماً الشيعة كأعداء لإسرائيل على المدى البعيد، والدروز لم يكونوا أعداء (لنا) بأي صورة من الصور … كما أنني لم أكن أعتقد أن السنّة أعداء دائمون لنا بالضرورة. لقد تعايشوا معنا بسلام لأكثر من عقدَيْن من الزمن، وليس هناك من سبب للظن بأنه ليس بمستطاعهم ذلك من جديد … وعندما وصلت أخيراً إلى منزلي في تلك الليلة، كانت ليلي تنتظرني. «كيف وجدت اللبنانيّين»، سألتني. «الانطباع الذي أخذته _ قلتُ لها _ أنهم قوم يقبّلون أيادي النساء
ويرتكبون الجرائم». وأخبرت (كمال) حسن علي عن الزيارة (إلى لبنان) وتباحثنا في ما كنتُ أراه من شروط للسلام. وعبّرت عن وجهة نظري أن شبكة القدس _ القاهرة _ بيروت ليست فكرة مستحيلة، وأن تحقيق ذلك يمكنه أن يغيّر من وجه الشرق الأوسط» … مرّة أخرى، كانت العاصمة اللبنانيّة تجربة غير معقولة، لكن بعد زيارتي في كانون الثاني لم أكن متفاجئاً تماماً. كانت المطاعم والبارات لا تزال مزدحمة وكانت الحشود نفسها تتدفّق في الأرصفة المُضاءة بالـ«نيون»، بينما كانت السيّارات الصادحة بالزمامير تملأ الشوارع. لم يكن هناك من أي أثر يُذكر لجو الحرب. قلت لبشير: «أوتعرف. ظننت أنه ربما سيهرع الناس للقتال من أجل وطنهم، لكن انظر إلى هذا» … كان هذا (موضوع «انتشار النفوذ الإرهابي») واحداً من المواضيع التي تباحثتُ فيها مع الرئيس المنتخب بشير الجميّل في منزله في بكفيّا في 12 أيلول (1982). وكنت قد قمت حتى ذلك الوقت بزيارات عديدة للبنان، إلى درجة أنني بتّ أعرف الصحافة المحليّة والكتّاب والنخبة المثقّفة وأقمت علاقات مع عدد من اللبنانيّين الموهوبين والمميّزين. ومع الفرحة التي صاحبت طرد منظمة التحرير الفلسطينيّة، كنت أجد نفسي محاطاً بمئات من المُبارِكين المُبتهِجين. وكان الترحيب بي في بيروت كبيراً، إلى درجة أنني أكثر من مرّة مازحتُ أصدقاء هناك أنني إذا أحتجتُ إلى اللجوء السياسي فإن لبنان سيكون اختياري الأوّل. وكانت الأجواء في بكفيا دافئة بصورة خاصّة. كانت جماعة بشير، حول منزل عائلة الجميّل بجدرانه ذات الحجر القديم وأقواسه الأنيقة، مبتهجة بصورة خاصّة وكانت وجوههم مضاءة بالزهو والإعجاب بقائدهم. ومع اقتراب التنصيب، كان الترقّب يُظلّل سقف المنزل. شيء جديد كان على وشك الحدوث في لبنان، شيء مفعم بالأمل وإيجابي، للمرّة الأولى منذ أن أشعلت الحرب الأهليّة في عام درباً لا ينتهي من العنف. وكان بشير وسولانج فرحَيْن ومتحمسَيْن للتدشين (الرئاسي)، وملأ الغرفة شعور بالحميميّة، فيما جلستُ أنا وبشير للتحدّث في الخطوات التي سيتخذها كرئيس للجمهوريّة. وبالرغم من الدفء الشخصي، كنتُ مدركاً أن أوّل موضوع على جدول البحث كان في إزالة الشعور السلبي الذي تولّد بين بشير ومناحيم بيغن في اللقاء في نهاريا قبل أقل من أسبوعيْن. لم تكن الكيمياء بين الرجل المسنّ والرجل الشاب جيّدة. ومع أن فرص مستقبل العلاقات بين البلديْن كانت واعدة، فإن البحث في نهاريا تركّز لسبب من الأسباب على مواضيع الخلاف، وبالتحديد وضع الرائد سعد حدّاد بعد الحرب … وفي عالم الانقسامات اللبنانيّة المعقّد، كان حدّاد ينتمي إلى فريق مسيحي منافس لبشير الجميّل، ولم تكن العلاقة بين الرجليْن ودودة. وفي تلك الليلة في نهاريا، أوضح بيغن بشكل جلي أن إسرائيل لن تهجر صديقاً مُخلصاً لها، بينما لم يكن الرئيس المُنتخب حديثاً، بشير، في وارد تقديم أي تنازلات عن صلاحيّاته في الرئاسة التي سيتولّاها قريباً. كان اللقاء متوتّراً وتركه بشير ممتعضاً من محاولة رآها من بيغن للتدخّل في شؤون لبنان الداخليّة. ومثل بيغن، كنتُ مُلتزماً بالدفاع عن حدّاد، رجل قاتل معنا لسنوات. وقد تفهمتُ شعور بشير. وفيما جلسنا في منزله للحديث في تلك الليلة من 12 أيلول، حاولتُ جهدي لإزالة رواسب الغضب. وتحدّثنا بعدها في مواضيع أكثر عمقاً، وكان أوّلها موضوع الخطوات التي يجب أن تُتخذ لتنظيف بيروت الغربيّة من كوادر منظمة التحرير الفلسطينيّة لخلق مدينة مفتوحة وآمنة. لم يكن عند بشير أو عندي شك بأن قدرته على تشكيل حكومة مركزيّة مستقرّة مستحيل بوجود عاصمة مقسمة يمكنها أن تخلق بيئة خصبة لتوليد إعادة انطلاق لمنظمة التحرير. اتفقنا على أن في صالح بلدينا أن نتأكّد من انتزاع ما تبقّى من إرهابيّين من بيروت الغربيّة، على أن تقوم بذلك الحكومة اللبنانيّة بالتنسيق مع قوانا الأمنيّة. تحدّثنا في أمور كثيرة، كما تحدّثنا في مستقبل العلاقات بين لبنان وإسرائيل. وكنا في هذا الموضوع على اتفاق، آخذين في الاعتبار التحديات التي ستواجه بشير في تعزيز سلطته كرئيس للبنان المسلم كما للبنان المسيحي. اتفقنا على أنّ مفاوضات مباشرة يجب أن تبدأ عما قريب، وبدأنا بالتحدث في طبيعة اتفاقيّة السلام التي نودّ أن نتقدّم نحوها. ولعلمنا بأولويّة هذا الأمر، حدّدنا موعداً للقاء إضافي (يحضره وزير الخارجيّة، إسحق شامير) يوم 15 أيلول، أي بعد ثلاثة أيّام. الأمسية بدأت متأخرة، واستمرّ الحديث إلى ما بعد الواحدة بعد منتصف الليل بقليل، عندما دخلتْ سولانج لتدعونا الى عشاء خاص أعدّته هي على شرف المناسبة، ومليء بالأطباق التي تعلمُ هي أنني أحبّها. وعندما انتهينا من الأكل، قدّمت هي وبشير لي صندوقاً بديعاً منقوشاً من خشب الكرز وبداخله مجموعة من الأواني الفينيقيّة الزجاجيّة. كانت لحظة عاطفيّة. وبالرغم من المصاعب التي مررنا بها والتي لم نكن نتوقّعها، شاطرنا شعور في تلك اللحظة بأن البلد المُتشظّي يمكنه أن يستعيد عافيته. وعندما هممتُ بمغادرة المنزل في تلك الليلة، دعتني سولانج أنا وليلي والأولاد للقيام بزيارة مستفيضة للقصر الجمهوري بعد التنصيب. وأصرّ بشير على قيادة السيّارة لتوصيلي إلى الشاطئ حيث تنتظر الطوّافة. «لا تفعل»، قلتُ له. «لديك الكثير من الناس هنا الذين يستطيعون أن يقودوا السيّارة. عليك أن تكون أكثر حذراً، وخصوصاً الآن. أي شيء ممكن أن يحدث» …
خلال اللقاء التالي مع أمين (الجميّل)، تحدّثنا عن التطوّرات وعن احتمال استمرار المفاوضات. لم ألمس حماسة من أمين، لكن من الصعوبة معرفة ذلك. ومع أن جنازة بشير كانت قد جرت للتوّ، كان أمين يرتدي بزة بيضاء جميلة، ومُحاكة بمهارة. وكانت أصابعه مثقلة بالخواتم المذهبة وكان ينتعل حذاءً لمّاعاً من جلد الأفعى. نظرت إليه وأدركت أن أياماً صعبة ستكون أمامنا. وفيما كنا في موضوع (صبرا وشاتيلا)، همس أحدهم في أذني: أنتم اليهود، أنتم مجانين. أنتم شعب مجنون». وفي كانون الثاني (من عام 1983)، زرتُ أنا وليلي بيروت كضيوف لشاعرة لبنان العظيمة، مي المرّ، وزوجها المهندس المعماري، ألفرد المرّ. وكالعادة، كانت حشود الشوارع حماسيّة (نحوي) للغاية. لكن حكومتهم كانت أقل حماسة بكثير منهم على مر الأشهر المنصرمة». هذا الفصل المشين من تاريخ لبنان يجب أن يكون معروفاً ومدروساً. والرجل كتب في وصف كورنيش المزرعة على أنّه شارع عريض يفصل بين «الأحياء الإرهابيّة». (ص 503)
ووصف «الأحياء الإرهابيّة» ينطلق من عقليّة صهيونيّة كلاسيكيّة تعاملت مع المدنيّين العرب منذ بدء الهجرة الصهيونيّة على أنهم دخلاء على الإنسانيّة ويجوز هدر دمهم بشتّى الوسائل. لا تخفي سيَر أرييل شارون المنشورة في الغرب أنّ الرجل كان يرسل السيّارات المُفخّخة (يضحك جوني عبده عندما يُسأل إذا كان هو أيضاً يُرسل سيّارات مُفخّخة إلى بيروت الغربيّة في تلك الحقبة) من أجل زيادة الضغط على المدنيّين المحاصرين (انظر صفحة 166 من كتاب أنيتا ميلر وزملائها، «شارون: المُحارب _ السياسي لإسرائيل»). لكن علاقة شارون بقادة وكتّاب ومثقّفين في لبنان مرّت من دون حساب أو محاكمة، ويتحمّل مسؤوليّة ذلك أيضاً من لا يزال يزهو بأن «ضربة كف» لم تصاحب الانسحاب الذليل لقوّات العدوّ الإسرائيلي من أرض لبنان. لم تتعامل المقاومة الفرنسيّة بضربات كف مع أعوان الاحتلال النازي. * كاتب عربي (موقعه على الإنترنت: angryarab.blogspot.com

Political self-criticism: kinds and applications, (December 17, 2008)

Let me offer you samples of political self-criticisms and you determine if the criticism is compatible to how you define it.  Examples of Lebanese leaders’ self-criticisms:

“I embezzled the government. I ransomed the people. I slaughtered citizens on confessional basis.  I jailed citizens in deep wells for years.  I am not apologizing.  I am just stating facts that all the others also committed” (Druze leader Walid Jumblat)

“I admit that I made errors, mistakes, atrocities…, but it was all for the good cause” (Samir Geaja, leader of the Lebanese Forces)

“I committed the worst atrocities to thousands of citizens, but those who assassinated my father did the unforgivable.  My country Lebanon can go to hell, but I insist on my revenge.”

“I admit to errors and mistakes and would do them again under the same conditions”

“I admit that I made errors and mistakes like all the other parties and militias did” (Nabih Berry, head of parliament)

“I served jail term for the mass murders and the assassination of government officials, clerics, and army officers; the other leaders were rewarded for doing the same atrocities.  I demand the same power and all the benefits that I was denied” (Samir Geaja)

“I admit that I made errors, mistakes, and committed genocide because I was young, active and dedicated” (Bashir Gemayel)

“I admit that I made errors, mistakes, and assassinated on confessional basis, but I refuse to submit any records”

“I am willing to admit errors if the other parties and militia leaders do the same”

“I admit to errors, mistakes, and spying against my people, but I was pressured by external forces”

“I admit to mistakes against human rights, but mine were much lower in numbers”

“I admit to frequent errors, but mine were not fundamental and critical”

“The political conditions were very confused, intricate and beyond comprehension for my naive mind”

“The social conditions were not amenable to diplomatic means of resolution: Time was of essence…”

 “I am ready for reconciliation, but I reserve revenge for personal harms”

“It is very unfortunate, but I was following orders”

“I did my best to reduce violence, but the main culprits were the Italians, French, Americans, Iranians, Syrians…

“I did not make any errors in decisions regarding the safeguarding of the independence and self-autonomy of Lebanon. Unlike the other isolationist leaders, I had the courage to change political directions”

“My history of a staunch patriot is unblemished and my openness to all parties and States that act for the preservation of Lebanon’s self-autonomy is for the benefit of our future generation”

I am asking whether it is appropriate to indulge in superficial self-criticisms if we are not ready to take on the responsibilities for our deeds.  Would any political leader in Lebanon admit to errors and mistakes if there were strong central government and serious division of functions among the legislative, executive, legal, and control independent institutions?

Would not the admission of a single error or mistake that is developed and detailed and analyzed far superior in quality and effectiveness than general mocking self-criticisms?

Lebanon suffered 17 years of civil war and hundred of thousands dead and many fold permanently injured, mutilated, handicapped (physically and mentally), and the outcome was for a resolution to integrate the militia leaders in the parliament and the successive governments.  Could any other State envision a creative solution than letting the wolves care for the sheep?

Our kind of democracy is an image of our “leaders”” self-criticisms.  Maybe it is time to redefine political concepts if the United Nation is not willing to horde all our leaders to tribunal of crimes against humanity.


adonis49

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