Adonis Diaries

Posts Tagged ‘beit-chabab

Mon cher Ado. Part 113

Me voilà de retour sur mon enfance , au temps où je vivais avec mes grands -parents à Beit-Chabab .
En ce temps-là , les maison , mon cher Nabil , étaient en pierres de taille avec leurs toits en tuiles rouges de Marseille .

Aujourd’hui , la plupart de ces maisons sont toujours là , rafraîchies , mais moi je cherche à comprendre pourquoi les plafonds étaient si haut ? Et pourquoi nos grands parents accrochaient leurs photos en noir et blanc si haut sur les murs du salon ? (Les faux-plafont font rage: economiser la chaleur?)

Il m’arrivait de rester un moment à deviner , en face de ces photos , ce qu’ils ont été au cours de leur jeunesse ? Surtout ceux que je n’ai pas connus ?

Aujourd’hui , nos grands-parents, et nos aïeux ne sont plus là ,et leurs photos les ont suivis dans la tombe , et leurs souvenirs se sont fanés dans nos mémoires .

Mais ce matin, mon cher Nabil , je revois nos grands-parents et nos parents qui ne sont plus de ce monde : Je revois Geries et Farfoura , Said et Olga , Geries et Marie , Yousef et Rosalie, Asaad et Rachelle , et tous ceux qui assistaient à notre épanouissement , et qui nous ont aimés , et dont on souvient avec amour .

Mon cher Ado/Mireille. Part 90

A propos de livres , ma chère Mireille , au cours d’un de nos étés à Beit-Chabab , Charlot m’avait prêté : “Climat “, un roman d’André Maurois . Il doit s’en souvenir de ce roman sentimental , admirable …

On devait avoir seize ou dix-sept ans et il me semble que nous étions amoureux de toutes les filles du village , et de tous les romans qui traitaient de sentiments amoureux , comme ceux de Françoise Sagan , l’auteur de: “Bonjour tristesse ” , ou ” un certain sourire ” , ou ” La Chamade “…Et aussi ceux de Colettte , comme : ” Le blé en herbe ” etc,… (J’ai lu toutes ces livres et beaucoup plus en sixieme et cinquieme, et de gros volumes)

Aujourd’hui , j’ai de vagues souvenir de ce que racontaient ces romans . (Moi je me souviens, car j’ai lu une seconde fois quelques une)

Il faudra que je les relise, car je sais que ça me mettra du baume au Coeur en me replongeant dans cette splendide atmosphère de notre adolescence.

Mon cher Ado. Part 78

Au-début du siècle dernier , il n’y avait pas de voitures dans le monde , et encore moins à Beit-Chabab . Les gens aisés se déplaçaient à dos d’ânes . (Ceux qui ont pu acheter des anes et des “ja7esh” fesaient les trajets a Zahle et Damascus pour amener des produits necessaire aux villageois)

C’était le moyen de transport le plus commode à la montagne . Mais pour cela , il fallait avoir un âne , n’est-pas ?
Oui mais, les paysans dans leur immense majorité étaient pauvres et se contentaient de peu.

(I posted a novel where common people were forbidden to own horses: these animal transport with carriages were reserved to the nobility in order to tame any armed upheavals)

C’est pourquoi ils se déplaçaient à pied , car l’âne coûtait cher . C’était la Cadillac de ce temps-là .

Mais dans notre village , comme dans tous les villages du Liban , certains paysans qui à force de trimer dans leurs champs , et de traire leurs vaches et leurs chèvres , ils ont fini par accéder à la fortune , et ainsi , ils se sont acheté un âne .

Dès cette époque , les habitants aisés de notre village ont commencé à s’instruire et à voyager dans le monde , mais ceux d’entre eux qui n’ont pas su évoluer avec le siècle , et bien , ils sont restés analphabètes , er ont gardé leur statut , pensant que le monde était statique , que rien ne changerait dans leur mode de vie .

Ce fut le cas de Nasri notre voisin , le vacher . Alors que la plupart des habitants de Beit-Chabab , vers le milieu du vingtième siècle s’instruisaient et allaient faire fortune dans le monde , et construire de belles demeures , et se déplacer en voiture , lui, notre voisin le vacher, il continuait à traire sa vache et à se déplacer à dos d’âne , privant ses enfants de tout , y compris de l’instruction la plus élémentaire .

C’est ainsi que son dernier né , qui était de mon âge , a vécu comme au début du siècle , analphabète comme ses parents , mais fier de pouvoir se déplacer à dos d’âne .

Oui , mais un jour , avec le peu d’argent qu’il économisait en vendant des tomates et des concombres de son jardin , il s’est acheté une mobylette qu’il utilisait jour et nuit même pour monter et descendre les escaliers du village , et cela en chantant à tue-tête , surtout la nuit quand il passait devant notre maison pour exorciser le sort et chasser les loups qui rodaient dans le quartier , car notre maison se trouvait en bordure des la forêt .

Aujourd’hui , je pense à lui et à ce qu’il a pu enduré avec beaucoup de sympathie , car il a dû souffrir toute sa vie à nager à contre courant à cause d’un père qui n’a pas su évoluer avec le siècle . Pauvre de lui …

Mon char Ado. Part 77

Je me souviens du jeune homme que j’étais et qui aimait à se balader dans les ruelles de son village .

En sortant de chez ses grands-parents , il passait devant l’atelier du potier Youssef Tannous qui, dès l’aube , s’acharnait sur ses blocs d’argile pour façonner ses jarres et ses saladiers .

De la même manière qu’on s’habitue aux cris des grillons en été , on s’habitue au Tam-Tam de Youssef qui tape sur la glaise à un rythme régulier durant des heures , servi par ses enfants qui s’affairaient autour de lui .

Le village étant construit en pente , il fallait monter par des escaliers ou par de petites routes bordées de petites maisons entourées de petits jardins en fleurs. À chaque pas le jeune homme croisait une personne qui le saluait avec un grand sourire.

D’abord , Rosalie , la femme de Youssef , un Coeur d’or , qui vous charge de bonne humeur .

Un peu plus haut, il passait devant la maison du vacher , puis le voilà qui arrive devant la maison de Assad Boudebs.
La plupart du temps il croise ses enfants , Jean et Toni , deux jeunes gaillards en ce temps là , et qui , assis sur le perron de leur maison , prenaient le soleil en papotant.

Trente mètres plus haut , le voilà qui arrive devant la maison de sa tante Rose , celle qui l’a élevé petit. Et là , il s’arrête un peu plus longtemps pour s’enquérir de la santé de sa tante qui se tuait à la tâche pour assurer le bien être à ses enfants pendant que son mari Rachid Boudebs, de son côté , se tuait au travail.

Poursuivant son chemin , donc quelques pas plus haut , il se trouve devant la jolie maison de Geries et Marie Farah .
Parfois, il échangeait quelques propos avec Robert , leur fils aîné , une belle âme , qui vous impose le respect .
Mais aussi avec Denise sa jeune sœur qui le désarmait avec son sourire ….Angélique .

Puis le voici qui arrive devant la maison de Assad Bousaleh et celle de Geries Chbébé. Accolée à la maison de Bousaleh , il s’arrête un moment pour voir Reffo (Roufayel) et s’assurer qu’il va bien .

Enfin , il arrive dans la boutique de son grand-père qui s’y trouve avant le lever du jour pour s’occuper de sa boucherie , sous le regard intéressé de Nazem le coiffeur , et celui de Hatem Lwati qui guette

Aujourd’hui , je m’attriste chaque fois que je me promène dans le quartier de ma jeunesse sans que je ne rencontre toutes ces personnes que j’ai aimées et qui n’y sont plus …

Mais où sont les neiges d’antan ? (Un seul matin chaque annee’)

Mon cher Ado. Part 74

Georges Bejani posted on FB. 12 hrs

Au cours de ces soirées d’hiver au coin du feu avec ma grand-mère , je lui demandais parfois de me raconter son passé de jeune mariée . C’était il y a plus de cinquante ans auparavant me disait-elle .

Comment veux-tu que je me rappelle mon petit ? Et puis , c’était la guerre dans le monde .

Et puis,elle avait déjà un premier fils , le petit Assaf, qu’il fallait nourrir . Mais parfois un sourire s’affichait sur son beau visage de vieille femme assagie .

Elle se rappelait qu’elle s’était mariée avec le plus bel homme du village , et le plus costaud , et le plus gentil, et …
Elle ne tarissait pas d’éloge sur cet homme avec lequel elle a vécu plus de soixante ans , sans jamais se plaindre , malgré les vicissitudes de la vie .

Mais , mon petit ,à peine mariés , la guerre éclata dans le monde …par moment , elle s’arrêtait et semblait partir dans ce passé lointain , puis reprenait son histoire un peu décousue , se penchant de temps en temps pour remuer les braises pour se réchauffer , car à son âgé elle sentait le froid hivernal la pénétrer jusqu’à la moelle .

Un soir , elle me raconta , qu’au début de cette guerre de 14-18 , ce qui les a surtout fait souffrir , c’était moins la guerre qui sévissait surtout en Europe , que les nuages de sauterelles qui s’abattaient sur le Liban ,fauchant tout sur leur passage . Plus rien à mettre sous la dent . Même pas une herbe .

Les enfants n’étaient plus bien nourris , les mère se desséchaient et les morts se comptaient par milliers .

C’est ainsi que mes grands-parents maternels perdirent leurs deux enfants ainés qu’ils avaient laissés derrière eux avec leur grand-mère ,avant de quitter le Liban pour la Guinée .

Mais ça, c’est une autre histoire . Alors , elle me raconta qu’un jour elle a voulu accompagner son mari jusqu’à Zahle , une ville située sur la route de Damas. Mais au bout de deux heures de marche dans la montagne , Zahle se trouvant sur l’autre versant du Mont-Liban, une tempête de neige les a surpris alors qu’ils n’étaient pas encore parvenus au sommet de la montagne .

(Les mkariyyeh, les personnes qui transportaient les produits de Zahle et de la Syrie a dos d’anes, eviterent beaucoup de famine. Les gens de fortune (ekta3iyya) achetaient des maisns et des terres pour une bouche’ de pain)

Ma grand-mère , exténuée , et les muscles meurtris , elle décida de retourner sur ses pas . Oui mais en pleine tempête de neige elle ne savait plus comment se diriger. Elle se lançait comme elle pouvait en trébuchant , poursuivant son chemin , tant bien que mal , afin d’atteindre Bei-Chabab, car, me disait-elle, si elle s’arrêtait pour se reposer , elle mourrait gelée sur place .

Cela me fait penser à la retraite de Russie, de Victor Hugo : ” qui s’asseyait mourrait ” dit-il à propos des soldats de Napoléon qui tentaient désespérément de rejoindre la France , vaincus par la neige .

Voilà, ma chère Rachel , ce que notre grand-mère me raconta un soir d’hiver au coin du feu , dans sa maison de Beit-Chabab.

Mon cher Ado/Nada. part 35

Georges Bejani posted on FB. 2 hrs

Une assiette de taboulé accompagnée d’un bon verre d’arak  (a variant of Ouzou), c’est tout un art pour satisfaire son palais et aiguiser son esprit ..

En effet , ma chère Nada, hier , chez mon cousin Said , j’ai connu la gloire en goûtant à ces merveilles de l’art culinaire libanais .

Jano, un des fils de mon cousin souriais de bonheur chaque fois qu’il arrosait sa gorge d’un coup d’arak , cette boisson , ce nectar de Bachus , ce Dieu vénéré par les Romains pour lequel ils ont érigé un des plus beaux temples à Balbek dans la plaine qui vit passer des hordes d’envahisseurs au cours de notre histoire …(Balbek etait erige’ plusieurs millenaire avant les Romains et tous les conquerant de cette region)

Au cours de ma jeunesse, nos aînés ont toujours appris à tirer l’arak à partir du raisin qu’ils cultivaient depuis l’Antiquité…

Je revois mon grand-père sirotant son verre d’arak en gémissant de plaisir lorsqu’il s’attablait devant un plat de taboulé et quelques œufs au plat qu’il prenait dans son poulailler…

Aujourd’hui encore la tradition se perpétue comme hier au cours de ce dîner succulent chez mon cousin a Beit-Chabab 

Note: 2 years ago, we had a glorious summer at Abdullah’s petanque court. Almost every 2 weeks, we gathered 3 dozens of players for a night fiesta: singing, dancing, eating, drinking and getting happy with plenty of laughter. Has this tradition gone?

Mon cher Ado. Part 17

Note: Georges Bejani decided to write his autobiography on FB and I decided to share them on my blog. Kind of an extension to my autobiography related to living in Lebanon and that I published 10 years ago on wordpress.com

Avec Charlot, une complicité s’était installée depuis notre plus jeune âge .
On sait aujourd’hui, bien des années plus tard et bien que des milliers de km nous séparent que rien ne pourra effacer les souvenirs de notre jeunesse ! (Sauf si on ecrit ses souvenir avec franchise et labeur sincere)

Charlot aimait à s’amuser , parfois au dépend de la troupe .Nous étions quelques uns à nous retrouver quotidiennement pendant les vacances pour nous divertir…

Charlot trouvait toujours le moyen de jouer un tour au groupe ou à l’un d’entre nous .

Un jour, nous avions décidé d’aller voir un film à Beyrouth . Un de nos voisins , le fils du vacher , est arrivé subitement se joindre à nous et voulu savoir ce que nous allions faire .

Charlot lui dit que nous allions chez un ami qui vivait dans la localité d’ à côté et que s’il voulait se joindre à nous , il devait s’habillait correctement .

N’étant pas très futé , il accepta la proposition de Charlot, et courut s’apprêter . Entre temps nous avons filé à Beyrouth pour voir un film sans tenir compte de ce qui adviendrait du fils du vacher .

Mais le lendemain nous avons appris qu’il s’était rendu à Kornet Chehwan , chez Issam , pour assister à son anniversaire , et s’était contenté d’un café que la mère de Notre copain lui a offert , et qu’il était revenu à pieds sous une pluie battante n’ayant pas les moyens de se payer un taxi.

Charlot fut désolé que sa farce ait pris cette tournure dramatique , mais que faire ? A l’âge bête , on fait des bêtises !

Aujourd’hui encore , quand on se rappelle cette farce , on regrette d’avoir trahi celui qui tenait à être des nôtres … (Les gangs Lebanon-style. Et comment s’appelle ce garcon?). 

Mon cher Charlot,

Alors que je n’avais que cinq ou six ans , tante Rose nous a quittés pour aller s’installer à quelques pas plus haut , à côté de chez vous , avec son mari dans la vieille maison de son beau-père .

C’était une vieille maison charmante , composée de deux grandes pièces et d’une cuisine . Devant cette maison un petit jardinet au milieu duquel son mari avait construit un petit bassin d’eau dont elle se servait pour laver le linge.

En face de cette maison , il y avait la maison de Geries Farah, Abou Robert (le pere de l’aine’ Robert) . C’était la maison de mon ami Charlot.

Une belle maison avec un jardinet du côté de l’entrée, à l’opposée de la maison de tante Rose, et un autre vers celui de ma tante .

(La femme de Geries etait une des des soeur de mon grand pere Tanios. Les familles a l’epoque etaient grandes, plus de six enfants chaqune, sans conter les autre enfants qui mourraient en bas ages. Abou Robert etait un des Mokhtars, et etait elu pour le quartier de Haret Ta7tat. Quand j’allais pour une transaction officielle, se femme l’ordoner de ne pas prendre d’argent pour cette transaction)

Au-dessus du jardinet des Farahs, un balcon avec son garde – fou en fer forgé nous permettait le jour de la Pentecôte d’attacher une corde pour nous balancer en essayant de monter le plus haut possible jusqu’à toucher le balcon avec nos pieds .

(Pendant la Pentecote, on se retrouvait a un endroit appele’ Koneitra, une parcelle de foret, et on installait de hautes balencoires, les cordes attachees aux arbres et on prenait des accelarations affolantes pour depasser les 4 metres d’altitude)

Une fois en me balançant , un des neveux de Charlot, je ne me rappelle plus si c’était Toni ou Lino , eut l’idée de passer sous la balançoire et reçut un coup qui l’a mis par terre, raide mort, le temps de quelques secondes …

Aujourd’hui , les deux maisons et leurs jardins fleuris qui parfumaient le quartier n’existent plus …

Elles sont englouties par d’énormes bâtisses construites par leurs enfants sur l’emplacement des vieilles maisons , …

Les petites belles maisons du temps jadis …. (Remplace’ par de grandes maisons pour peu de gens, la pupart qui reviennet l’habiter pour quelque semaines l’an)


adonis49

adonis49

adonis49

March 2020
M T W T F S S
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Blog Stats

  • 1,375,692 hits

Enter your email address to subscribe to this blog and receive notifications of new posts by email.adonisbouh@gmail.com

Join 720 other followers

%d bloggers like this: