Adonis Diaries

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Mon cher Ado. Part 113

Me voilà de retour sur mon enfance , au temps où je vivais avec mes grands -parents à Beit-Chabab .
En ce temps-là , les maison , mon cher Nabil , étaient en pierres de taille avec leurs toits en tuiles rouges de Marseille .

Aujourd’hui , la plupart de ces maisons sont toujours là , rafraîchies , mais moi je cherche à comprendre pourquoi les plafonds étaient si haut ? Et pourquoi nos grands parents accrochaient leurs photos en noir et blanc si haut sur les murs du salon ? (Les faux-plafont font rage: economiser la chaleur?)

Il m’arrivait de rester un moment à deviner , en face de ces photos , ce qu’ils ont été au cours de leur jeunesse ? Surtout ceux que je n’ai pas connus ?

Aujourd’hui , nos grands-parents, et nos aïeux ne sont plus là ,et leurs photos les ont suivis dans la tombe , et leurs souvenirs se sont fanés dans nos mémoires .

Mais ce matin, mon cher Nabil , je revois nos grands-parents et nos parents qui ne sont plus de ce monde : Je revois Geries et Farfoura , Said et Olga , Geries et Marie , Yousef et Rosalie, Asaad et Rachelle , et tous ceux qui assistaient à notre épanouissement , et qui nous ont aimés , et dont on souvient avec amour .

Mon cher Ado/Mireille. Part 90

A propos de livres , ma chère Mireille , au cours d’un de nos étés à Beit-Chabab , Charlot m’avait prêté : “Climat “, un roman d’André Maurois . Il doit s’en souvenir de ce roman sentimental , admirable …

On devait avoir seize ou dix-sept ans et il me semble que nous étions amoureux de toutes les filles du village , et de tous les romans qui traitaient de sentiments amoureux , comme ceux de Françoise Sagan , l’auteur de: “Bonjour tristesse ” , ou ” un certain sourire ” , ou ” La Chamade “…Et aussi ceux de Colettte , comme : ” Le blé en herbe ” etc,… (J’ai lu toutes ces livres et beaucoup plus en sixieme et cinquieme, et de gros volumes)

Aujourd’hui , j’ai de vagues souvenir de ce que racontaient ces romans . (Moi je me souviens, car j’ai lu une seconde fois quelques une)

Il faudra que je les relise, car je sais que ça me mettra du baume au Coeur en me replongeant dans cette splendide atmosphère de notre adolescence.

Mon cher Ado. Part 78

Au-début du siècle dernier , il n’y avait pas de voitures dans le monde , et encore moins à Beit-Chabab . Les gens aisés se déplaçaient à dos d’ânes . (Ceux qui ont pu acheter des anes et des “ja7esh” fesaient les trajets a Zahle et Damascus pour amener des produits necessaire aux villageois)

C’était le moyen de transport le plus commode à la montagne . Mais pour cela , il fallait avoir un âne , n’est-pas ?
Oui mais, les paysans dans leur immense majorité étaient pauvres et se contentaient de peu.

(I posted a novel where common people were forbidden to own horses: these animal transport with carriages were reserved to the nobility in order to tame any armed upheavals)

C’est pourquoi ils se déplaçaient à pied , car l’âne coûtait cher . C’était la Cadillac de ce temps-là .

Mais dans notre village , comme dans tous les villages du Liban , certains paysans qui à force de trimer dans leurs champs , et de traire leurs vaches et leurs chèvres , ils ont fini par accéder à la fortune , et ainsi , ils se sont acheté un âne .

Dès cette époque , les habitants aisés de notre village ont commencé à s’instruire et à voyager dans le monde , mais ceux d’entre eux qui n’ont pas su évoluer avec le siècle , et bien , ils sont restés analphabètes , er ont gardé leur statut , pensant que le monde était statique , que rien ne changerait dans leur mode de vie .

Ce fut le cas de Nasri notre voisin , le vacher . Alors que la plupart des habitants de Beit-Chabab , vers le milieu du vingtième siècle s’instruisaient et allaient faire fortune dans le monde , et construire de belles demeures , et se déplacer en voiture , lui, notre voisin le vacher, il continuait à traire sa vache et à se déplacer à dos d’âne , privant ses enfants de tout , y compris de l’instruction la plus élémentaire .

C’est ainsi que son dernier né , qui était de mon âge , a vécu comme au début du siècle , analphabète comme ses parents , mais fier de pouvoir se déplacer à dos d’âne .

Oui , mais un jour , avec le peu d’argent qu’il économisait en vendant des tomates et des concombres de son jardin , il s’est acheté une mobylette qu’il utilisait jour et nuit même pour monter et descendre les escaliers du village , et cela en chantant à tue-tête , surtout la nuit quand il passait devant notre maison pour exorciser le sort et chasser les loups qui rodaient dans le quartier , car notre maison se trouvait en bordure des la forêt .

Aujourd’hui , je pense à lui et à ce qu’il a pu enduré avec beaucoup de sympathie , car il a dû souffrir toute sa vie à nager à contre courant à cause d’un père qui n’a pas su évoluer avec le siècle . Pauvre de lui …

Mon char Ado. Part 77

Je me souviens du jeune homme que j’étais et qui aimait à se balader dans les ruelles de son village .

En sortant de chez ses grands-parents , il passait devant l’atelier du potier Youssef Tannous qui, dès l’aube , s’acharnait sur ses blocs d’argile pour façonner ses jarres et ses saladiers .

De la même manière qu’on s’habitue aux cris des grillons en été , on s’habitue au Tam-Tam de Youssef qui tape sur la glaise à un rythme régulier durant des heures , servi par ses enfants qui s’affairaient autour de lui .

Le village étant construit en pente , il fallait monter par des escaliers ou par de petites routes bordées de petites maisons entourées de petits jardins en fleurs. À chaque pas le jeune homme croisait une personne qui le saluait avec un grand sourire.

D’abord , Rosalie , la femme de Youssef , un Coeur d’or , qui vous charge de bonne humeur .

Un peu plus haut, il passait devant la maison du vacher , puis le voilà qui arrive devant la maison de Assad Boudebs.
La plupart du temps il croise ses enfants , Jean et Toni , deux jeunes gaillards en ce temps là , et qui , assis sur le perron de leur maison , prenaient le soleil en papotant.

Trente mètres plus haut , le voilà qui arrive devant la maison de sa tante Rose , celle qui l’a élevé petit. Et là , il s’arrête un peu plus longtemps pour s’enquérir de la santé de sa tante qui se tuait à la tâche pour assurer le bien être à ses enfants pendant que son mari Rachid Boudebs, de son côté , se tuait au travail.

Poursuivant son chemin , donc quelques pas plus haut , il se trouve devant la jolie maison de Geries et Marie Farah .
Parfois, il échangeait quelques propos avec Robert , leur fils aîné , une belle âme , qui vous impose le respect .
Mais aussi avec Denise sa jeune sœur qui le désarmait avec son sourire ….Angélique .

Puis le voici qui arrive devant la maison de Assad Bousaleh et celle de Geries Chbébé. Accolée à la maison de Bousaleh , il s’arrête un moment pour voir Reffo (Roufayel) et s’assurer qu’il va bien .

Enfin , il arrive dans la boutique de son grand-père qui s’y trouve avant le lever du jour pour s’occuper de sa boucherie , sous le regard intéressé de Nazem le coiffeur , et celui de Hatem Lwati qui guette

Aujourd’hui , je m’attriste chaque fois que je me promène dans le quartier de ma jeunesse sans que je ne rencontre toutes ces personnes que j’ai aimées et qui n’y sont plus …

Mais où sont les neiges d’antan ? (Un seul matin chaque annee’)

Mon cher Ado. Part 74

Georges Bejani posted on FB. 12 hrs

Au cours de ces soirées d’hiver au coin du feu avec ma grand-mère , je lui demandais parfois de me raconter son passé de jeune mariée . C’était il y a plus de cinquante ans auparavant me disait-elle .

Comment veux-tu que je me rappelle mon petit ? Et puis , c’était la guerre dans le monde .

Et puis,elle avait déjà un premier fils , le petit Assaf, qu’il fallait nourrir . Mais parfois un sourire s’affichait sur son beau visage de vieille femme assagie .

Elle se rappelait qu’elle s’était mariée avec le plus bel homme du village , et le plus costaud , et le plus gentil, et …
Elle ne tarissait pas d’éloge sur cet homme avec lequel elle a vécu plus de soixante ans , sans jamais se plaindre , malgré les vicissitudes de la vie .

Mais , mon petit ,à peine mariés , la guerre éclata dans le monde …par moment , elle s’arrêtait et semblait partir dans ce passé lointain , puis reprenait son histoire un peu décousue , se penchant de temps en temps pour remuer les braises pour se réchauffer , car à son âgé elle sentait le froid hivernal la pénétrer jusqu’à la moelle .

Un soir , elle me raconta , qu’au début de cette guerre de 14-18 , ce qui les a surtout fait souffrir , c’était moins la guerre qui sévissait surtout en Europe , que les nuages de sauterelles qui s’abattaient sur le Liban ,fauchant tout sur leur passage . Plus rien à mettre sous la dent . Même pas une herbe .

Les enfants n’étaient plus bien nourris , les mère se desséchaient et les morts se comptaient par milliers .

C’est ainsi que mes grands-parents maternels perdirent leurs deux enfants ainés qu’ils avaient laissés derrière eux avec leur grand-mère ,avant de quitter le Liban pour la Guinée .

Mais ça, c’est une autre histoire . Alors , elle me raconta qu’un jour elle a voulu accompagner son mari jusqu’à Zahle , une ville située sur la route de Damas. Mais au bout de deux heures de marche dans la montagne , Zahle se trouvant sur l’autre versant du Mont-Liban, une tempête de neige les a surpris alors qu’ils n’étaient pas encore parvenus au sommet de la montagne .

(Les mkariyyeh, les personnes qui transportaient les produits de Zahle et de la Syrie a dos d’anes, eviterent beaucoup de famine. Les gens de fortune (ekta3iyya) achetaient des maisns et des terres pour une bouche’ de pain)

Ma grand-mère , exténuée , et les muscles meurtris , elle décida de retourner sur ses pas . Oui mais en pleine tempête de neige elle ne savait plus comment se diriger. Elle se lançait comme elle pouvait en trébuchant , poursuivant son chemin , tant bien que mal , afin d’atteindre Bei-Chabab, car, me disait-elle, si elle s’arrêtait pour se reposer , elle mourrait gelée sur place .

Cela me fait penser à la retraite de Russie, de Victor Hugo : ” qui s’asseyait mourrait ” dit-il à propos des soldats de Napoléon qui tentaient désespérément de rejoindre la France , vaincus par la neige .

Voilà, ma chère Rachel , ce que notre grand-mère me raconta un soir d’hiver au coin du feu , dans sa maison de Beit-Chabab.

Mon cher Ado/Nada. part 35

Georges Bejani posted on FB. 2 hrs

Une assiette de taboulé accompagnée d’un bon verre d’arak  (a variant of Ouzou), c’est tout un art pour satisfaire son palais et aiguiser son esprit ..

En effet , ma chère Nada, hier , chez mon cousin Said , j’ai connu la gloire en goûtant à ces merveilles de l’art culinaire libanais .

Jano, un des fils de mon cousin souriais de bonheur chaque fois qu’il arrosait sa gorge d’un coup d’arak , cette boisson , ce nectar de Bachus , ce Dieu vénéré par les Romains pour lequel ils ont érigé un des plus beaux temples à Balbek dans la plaine qui vit passer des hordes d’envahisseurs au cours de notre histoire …(Balbek etait erige’ plusieurs millenaire avant les Romains et tous les conquerant de cette region)

Au cours de ma jeunesse, nos aînés ont toujours appris à tirer l’arak à partir du raisin qu’ils cultivaient depuis l’Antiquité…

Je revois mon grand-père sirotant son verre d’arak en gémissant de plaisir lorsqu’il s’attablait devant un plat de taboulé et quelques œufs au plat qu’il prenait dans son poulailler…

Aujourd’hui encore la tradition se perpétue comme hier au cours de ce dîner succulent chez mon cousin a Beit-Chabab 

Note: 2 years ago, we had a glorious summer at Abdullah’s petanque court. Almost every 2 weeks, we gathered 3 dozens of players for a night fiesta: singing, dancing, eating, drinking and getting happy with plenty of laughter. Has this tradition gone?

Mon cher Ado. Part 17

Note: Georges Bejani decided to write his autobiography on FB and I decided to share them on my blog. Kind of an extension to my autobiography related to living in Lebanon and that I published 10 years ago on wordpress.com

Avec Charlot, une complicité s’était installée depuis notre plus jeune âge .
On sait aujourd’hui, bien des années plus tard et bien que des milliers de km nous séparent que rien ne pourra effacer les souvenirs de notre jeunesse ! (Sauf si on ecrit ses souvenir avec franchise et labeur sincere)

Charlot aimait à s’amuser , parfois au dépend de la troupe .Nous étions quelques uns à nous retrouver quotidiennement pendant les vacances pour nous divertir…

Charlot trouvait toujours le moyen de jouer un tour au groupe ou à l’un d’entre nous .

Un jour, nous avions décidé d’aller voir un film à Beyrouth . Un de nos voisins , le fils du vacher , est arrivé subitement se joindre à nous et voulu savoir ce que nous allions faire .

Charlot lui dit que nous allions chez un ami qui vivait dans la localité d’ à côté et que s’il voulait se joindre à nous , il devait s’habillait correctement .

N’étant pas très futé , il accepta la proposition de Charlot, et courut s’apprêter . Entre temps nous avons filé à Beyrouth pour voir un film sans tenir compte de ce qui adviendrait du fils du vacher .

Mais le lendemain nous avons appris qu’il s’était rendu à Kornet Chehwan , chez Issam , pour assister à son anniversaire , et s’était contenté d’un café que la mère de Notre copain lui a offert , et qu’il était revenu à pieds sous une pluie battante n’ayant pas les moyens de se payer un taxi.

Charlot fut désolé que sa farce ait pris cette tournure dramatique , mais que faire ? A l’âge bête , on fait des bêtises !

Aujourd’hui encore , quand on se rappelle cette farce , on regrette d’avoir trahi celui qui tenait à être des nôtres … (Les gangs Lebanon-style. Et comment s’appelle ce garcon?). 

Mon cher Charlot,

Alors que je n’avais que cinq ou six ans , tante Rose nous a quittés pour aller s’installer à quelques pas plus haut , à côté de chez vous , avec son mari dans la vieille maison de son beau-père .

C’était une vieille maison charmante , composée de deux grandes pièces et d’une cuisine . Devant cette maison un petit jardinet au milieu duquel son mari avait construit un petit bassin d’eau dont elle se servait pour laver le linge.

En face de cette maison , il y avait la maison de Geries Farah, Abou Robert (le pere de l’aine’ Robert) . C’était la maison de mon ami Charlot.

Une belle maison avec un jardinet du côté de l’entrée, à l’opposée de la maison de tante Rose, et un autre vers celui de ma tante .

(La femme de Geries etait une des des soeur de mon grand pere Tanios. Les familles a l’epoque etaient grandes, plus de six enfants chaqune, sans conter les autre enfants qui mourraient en bas ages. Abou Robert etait un des Mokhtars, et etait elu pour le quartier de Haret Ta7tat. Quand j’allais pour une transaction officielle, se femme l’ordoner de ne pas prendre d’argent pour cette transaction)

Au-dessus du jardinet des Farahs, un balcon avec son garde – fou en fer forgé nous permettait le jour de la Pentecôte d’attacher une corde pour nous balancer en essayant de monter le plus haut possible jusqu’à toucher le balcon avec nos pieds .

(Pendant la Pentecote, on se retrouvait a un endroit appele’ Koneitra, une parcelle de foret, et on installait de hautes balencoires, les cordes attachees aux arbres et on prenait des accelarations affolantes pour depasser les 4 metres d’altitude)

Une fois en me balançant , un des neveux de Charlot, je ne me rappelle plus si c’était Toni ou Lino , eut l’idée de passer sous la balançoire et reçut un coup qui l’a mis par terre, raide mort, le temps de quelques secondes …

Aujourd’hui , les deux maisons et leurs jardins fleuris qui parfumaient le quartier n’existent plus …

Elles sont englouties par d’énormes bâtisses construites par leurs enfants sur l’emplacement des vieilles maisons , …

Les petites belles maisons du temps jadis …. (Remplace’ par de grandes maisons pour peu de gens, la pupart qui reviennet l’habiter pour quelque semaines l’an)

“Mon cher Ado”. Part 5

Cher Ado !
1958 fut une année heureuse dans ma vie . J’avais fini par m’habituer à mes parents , car entre deux et neuf ans , ils étaient sortis de ma vie . Mes grands-parents les avaient remplacés .

Très vite , je me suis fait à la vie du village auprès de mes grands_parents qui étaient adorables , et aussi de ma tante Rose, qui s’était occupée de moi ainsi que de ma sœur aînée avant de se marier quelques années plus tard.

Tante Rose était belle et très dévouée . Elle s’est occupée de ma sœur et de moi comme si nous étions ses propres enfants. Je me souviens d’un capuchon qu’elle m’avait tricoté pour me protéger du froid hivernal , surtout quand nous allions à l’école des sœurs qui se trouvait à plus de dix minutes de chez nous . (par voiture? ou marchant bil adoumiyaat ?)


Je me souviens aussi du gâteau qu’elle m’avait préparé le jours de ma première communion . C’était une sorte de cake qu’elle avait enveloppé d’une crème colorée en bleu et garnie par toute sorte de petites dragées de toutes les couleurs’. De toute ma vie , je n’ai plus goûté à un aussi délicieux gâteau ! (Surtout les dragees?)


De plus , elle nous confectionnait de délicieuses confitures , parmi lesquelles , la confiture aux coings dont elle était la seule à faire d’aussi bons .

Je ne la remercierais jamais assez pour tous les bienfaits qu’elle nous a procurés !
Pour les fêtes de Noël de l’année 1958 ma mère a voulu qu’on la fête chez sa tante Elizabeth qui vivait avec son mari et ses deux enfants à Kouroussa , à plus de 500 km de Kindia. 

Mon cher Ado,
Ça m’a fait plaisir que tu me racontes un peu ce qui s’est passé le 15 août le jour de la fête de la Sainte Vierge au village

Que tu évoque le fait que Charlot était le plus élégant avec sa chemise mauve , rien de surprenant car il a toujours été chic depuis notre enfance. J’aurais l’occasion de t’en parler si Dieu me prête vie .

Hier , je te disais que ma mère avait décidé que nous fêterons Noël chez sa tante à Kouroussa , une ville de la Haute-Guinée , arrosée par le fleuve Niger. C’est par ailleurs la ville de Camara Laye , l’auteur de ” L’Enfant noir ” , un roman écrit avec beaucoup de finesse et qui s’inspire de la vie de Camara Laye , un enfant de Kouroussa . 


Bref, ayant tout préparé la veille de notre départ , nous partîmes à l’aube car nous avions à parcourir plus de 500 km à travers la forêt du Fouta-Djalon , cette montagne de Guinée ou prennent leur source les deux fleuves d’Afrique occidentale : le Niger et le Sénégal . 


Mon père n’étant pas du voyage c’est notre oncle Fouad , le frère de ma mère qui prit le volant du break dont j’ai oublié la marque , une sorte d’américaine je crois qui devait nous contenir tous car nous étions nombreux à faire ce voyage.


À part notre mère et ses enfants , il y avait la femme de mon oncle Fouad , Rose, la fille de tante Elisabeth chez qui nous allions et leur fille , Mimi qui devait avoir trois ou quatre ans , et pour finir li y avait un jeune apprenti Guinéen qui nous accompagnait, indispensable au cas où il nous arrivait un pépin sur la route .

Ainsi , après avoir parcouru 150 km , une première escale eut lieu à Mamou , la ville où je suis né ainsi que ma mère


Nous nous sommes arrêtés chez Melhem et Marie Malkoun, des amis de Beit-Chabeb. Ils habitaient , si ma mémoire est bonne à l’orée de la ville. Dans la cour , à l’arrière de la maison , une biche s’amusait à galoper paisiblement . Mais sans trop tarder , nous voilà de nous nouveau sur la route , car le voyage sera long et pénible . 


Je ne me souviens pas de nous être arrêtés à Dabola , seconde grande ville avant d’arriver à Kouroussa .
Je me souviens surtout que nous avions traversé plusieurs cours d’eau sur deux planches , et que parfois nous apercevions des crocodiles s’y baigner . (Je croyis que les crocodiles n’aiment pas l’eau?)

Ça nous donnait des sueurs froides au milieu de la chaleur tropicale qui régnait , et d’autant plus effrayés par les cris que poussait Victoire, ma mere,  chaque fois qu’elle apercevait une de ces bêtes fort désagréables . (Ils peuvent etre doux quand ils sont rassasie’?)


Victoire ne pouvait s’interdire d’exprimer ses émotions à haute voix . Elle s’emballait au quart de tour pour après s’éteindre rapidement .

“Mon chere Ado” Part 3

A Kindia (Guinee’), pour nous rendre à l’école , un des chauffeurs de mon père nous y emmenait . Parfois, un certain Samir Asmar , un jeune libanais , nous chargeait dans sa camionnette , sous sous un soleil de plomb , et nous partions , nos casques sur la tête , à toute vitesse à travers la ville , en nous tenant solidement au garde-fous pour ne pas tomber .

(Pas notre plus jeune Samir, mon cousin)

Sauf que ma sœur aînée , qui était fragile, avait la peur au ventre et devenait blême comme un comprimé d’aspirine .
Il nous arrivait de rentrer à pied .

Alors , on devait traverser un petit bois qui nous menait jusqu’à la maison du curé , un Français vieillissant mais d’une gentillesse extrême , qui nous saluait avec des yeux pleins d’affections et un grand sourire.

Ensuite nous passions à côté de la cathédrale de Kindia qui jouxte le grand marché toujours grouillant de monde , entouré de boutiques tenues par des Libanais qui exposaient toutes sortes de marchandises .

La plupart d’entre eux qui, nous voyant passer, nous saluaient amicalement …
Au bout de quelques minutes , nous arrivions à la maison essoufflés et surtout assoiffés .

Et notre mère , qui nous attendait , avec son inquiétude maladive, nous servait des boissons fraîches : des jus d’oranges ou d’ananas que le cuisinier a pris soins de préparer .

En 1958, à neuf ans , me revoilà de retour en Guinée après avoir passé sept bonnes années au Liban auprès de mes grands-parents paternels . (J’etais dans le pensionat de Beit Chabab, boarding school. J’ai deja oublie’ le Francais et le Bambara)

De ce temps là , je garde un très bon souvenir en dehors des deux années où j’avais été interné à l’école des sœurs au collège du Sacré-Cœur de Beit-Chabeb , notre village. (Vous chez les femelles, moi chez les males)

Ma mère, que Dieu ait son âme , était apparue , pour quelques mois , le temps de nous inscrire comme internes , mes deux sœurs , mon frère cadet et moi , au collège des sœurs .

Je n’ai pas le souvenir d’avoir embrassé ma mère car elle était pour une inconnue qui apparaissait puis disparaissait subreptissement…

(Le meme cas avec mon jeune frere quand mes parents venaient un ete’ sur deux pour nous rendre visite. On fuyait, montant a pieds vers l’ecole: ils nous semblaient des inconnes)

Quelques années plus tard, en lisant “ Vipère au poing ” d’Herve Bazin , j’ai pensé à ma mère qui me paraissait comme Folcoche , cette mère sévère que ses enfants surnommaient ainsi , pour folle cochonne .


Aujourd’hui , je sais que la comparaison n’était pas appropriée , car ma mère était d’une gentillesse et d’une tendresse, et d’une générosité inégalable . Je dois dire que dans les années quarante et cinquante , l’éducation était un peu soldatesque dans le monde “civilisé ” .


Bref, en compagnie de ma mère, nous embarquâmes sur un DC4, un avion à hélices , pour la Guinée où nous attendait mon père .


Le voyage, fut long car les vols directs entre Beyrouth et Conakry n’existaient pas .

Il fallait faire quelques escales avant d’arriver à destination . Une première escale à Paris où nous avons dormi une nuit dans un hôtel qui me paraissait immense et d’un luxe auquel mon regard d’enfant n’était pas habitué .

Le lendemain , l’escale se fit à Tripoli , en Libye. C’était un petit aéroport désuet , non bitumé où nous avons débarqué pour quelques heures le temps de nous rafraîchir dans une espèce de hangar en buvant des bouteilles de jus frais .

Après , ce fit Casablanca , puis Dakar où nous avons passé la nuit dans un hôtel, moins luxueux que celui de Paris . Mais , le lendemain , entre Dakar et Conakry , l’avion a chuté de deux mille mètres à cause d’un trou d’air , juste au moment où on nous avait servi une collation .

Alors ce fut une pagaille des plus affreuse et en même temps des plus rigolotes parce que le passager qui se trouvait juste devant nous et qui n’était autre que Liés Bejjeni  (Elias), en essayant de soulever l’avion aves ses accoudoirs , a fini par les arracher , car il était doté d’une force herculéenne .

Aujourd’hui encore je ris en me rappelant cette scène !

Toujours est-il que nous voilà à Conakry . Mon père nous attendait pour nous emmener à Kindia, une charmante petite ville, à 150 km de la capitale .

Mon cher Ado !

Aujourd’hui , c’est la fête de la Vierge Marie et je regrette de ne pas être à Beit-Chabeb pour la fêter avec toute la famille et tous les copains . Je pense à vous tous et vous souhaite une très bonne fête …

Si tu participes au tournoie de pétanques  (non, je ne participe pas), tâche de nous ramener la coupe! Sinon , ce n’est pas grave, tu feras mieux au prochain tournoie .

Adonis reply:

J’ai fait l’auto -stop pour voir cette competition de petanque/boule a Haret al Ta7ta (Beit Chabab, la cour de l’eglise de la Virge Marie). Je suis arrive’ a 6:30 pm and repartis a 9 pm. Et ils jouaient encore.

Il y avait des joueurs de Sin el Fil, mais il n’avait pas droit a jouer: min ahlo. Comprener qu’il y a  au moin 5 groupes de petanque, qui ne se rencontrent que rarement a Beit Chabab. Si tu te decide a joindre un group il te faudrait une diplomacie extreme et assidue pour plaire aux autres membres.

Cette competition retenait 8 teams ou 24 joueurs. Ce qui est mieux: si tu dois consacrer une journee’, mieux vaut jouer que de regarder les autres joueurs. C’etait plus calme, organize’ et beaucoup a manger.

Quelques joueurs se prenaient trop au serieux et demandaient aux spectateurs de ne pas faire des gestes brusques ou de parler quand qulqu’un fesait un tir. Evidemmment, ce sont les joueurs moins doues.

C’est un peu depressif: ils deviennet plus age’ (bedain, stomach pendant, et barbes sales et nonchalent dans leur vestement), tandis que je rejeunisse aux fils des jours, affile’ et svelte.

Ils avaient besoin de temps pour me reconnaitre, et leurs critiques premieres se concentrent sur le teint de mais cheveux noirs et ma coupe. J

e crois que lire et ecrie rajeunisse, et avec ton train d’ecrire, je crois que je te verrais plus jeune. Ton ami Charlot y etait mais ne jouait pas: il etait le plus elegant avec des chaussures “signes” et portait une chemise mauve.

Mon Cher Ado”

Note: Georges Bejani has dual citizenship (French/Lebanese) and is settled in France. He taught in France before retirement. Georges started writing a few of his childhood souvenir on FB,  I prodded him that, by the by, he will learn to be bolder. I also reminded him that I have already posted my autobiography on wordpress.com several years ago. It kicked and Georges is posting one of his memoirs almost everyday. Here are a few samples.

Mon cher Ado,

Ce dimanche matin du 12 août 2018 , je me suis levé du pied gauche, parce que ma femme à occupé ma place habituelle au lit , celle qui me permettait de me lever du pied droit .

Cela me rend irritable ! Et si tu rajoute une douleur désagréable qui me titille à la poitrine , alors tu comprends dans quel état se trouve ton ami .

Bref, et comme l’horloge du salon m’indique qu’il est presque huit heures , c’est à dire , neuf heures au Liban à cause du décalage , alors je suis doublement irrité car je ne pourrait pas me rendre à Mar Sessine pour la messe du dimanche , et où je pourrais me remémorer ceux de ma famille qui nous ont pré cédés au ciel , ni rencontrer ceux qui sont encore là.

Avec aussi l’espoir de te rencontrer en chaire et en os  (a Beit Chabab).

Autrefois , notre terrain de jeux était le petit espace devant l’église, (Mar Sessine ou La Vierge Marie), quelques mettre carré , on jouait à cache cache , à saute moutons , aux billes , car aux débuts des années cinquante, la petite place n’était pas encore dallée , ni d’ailleurs les escaliers du village .

Et les maisons étaient bien jolies avec leurs murs en pierres de taille et leurs toits en tuiles rouge de Marseille, et devant chacune d’elles , un jardinet et où les mains robustes de nos aïeux faisaient pousser des fruits et légumes , avec évidemment quelques fleurs en bordure du jardin, pour plaire à leurs épouses et aux passants.

Sans oublier le poulailler et pour certain une chèvre qui nous procurait du lait frais et du fromage blanc, qu’on appelait fromage vert, dont on se régalait surtout en été quand on accompagnait ce fromage avec une grappe de raisin ou une tranche de pastèque ou même une tomate bien rouge qu’on cueillait dans notre jardin

Tu pourras en rajouter si tu veux mon cher ami . Que rien ne t’en empêche ! Bon dimanche et à la prochaine !!!!

Adonis Bouhatab replied: 

Mar Sessine event day is in September 15. Are you already in Lebanon for Al Sayyidat (Vergin Marie) in August 15? I overheard from third party that probably they’ll play petanque/boule that day. Amene les toupies (belbol) aussi, and a few billes (kelal). J’entends te faucher toutes les billes, Le pied gauche est mauvais pour le coeur: ta femme devrait le savoir? A demain: on fera de sorte qu’on defriche un terrain pas dalle’

Mon cher Ado ,

En 1966 , l’école des frères Maristes de Jounieh fut transplantée à Dick el Me7di . De ce fait , nous avons déménagé à Beit- Chabab qui se trouve à quelques km de cette localité .

Ainsi j’allais tous les matins à l’école , du nom de Champville pour poursuivre mes études secondaires .

Cette année -là , à part les études , nous n’avions rien à faire car le village s’endormait dès 6 heures de l’après – midi .  (Ca n’a pas change’)

Parfois nous nous promenions jusqu’à l’orée du village , vers le pont tout en grignotant des cacahuètes et en cassant des pépins .

Par beau temps nous nous installions chez Alexandre Le Bas ( Scandar Lwati ) surnommé Le Bas parce que sa maison se trouvait au bas du village .

Et là, nous jouions aux cartes et autres jeux de société jusqu’à la fermeture de la boutique , qui se faisait au plus tard vers 8 heures du soir .

Alors nous rentrions nous coucher … Nos amours étaient courtes pour ne pas dire inexistantes . Je me souviens d’une fille charmante qui était interne au collège dès fille , et que j’aimais , mais que je n’ai plus revue depuis ce temps- là.

Je crois qu’elle s’appelait Aida , si ma mémoire est bonne . Le sort a voulu qu’ à la fin de l’année du bac , en 1968 , je partis pour la Guinée pour rejoindre mes parents . Tu dois te dire pourquoi je te raconte tout ça ? Et bien pour rien !

En 1976, nous avions quitté le Liban avec notre fils de trois ans, fuyant les atrocités de la guerre civile qui sévissait dans notre pays. Nous sommes partis pour Abidjan , capitale de la Côte – d’ivoire où j’ai trouvé un poste d’enseignant dans la ville de Bondoukou , située à plus de 400 km au nord est d’Abidjan .

Nous embarquâmes dans un taxi brousse car c’était le seul moyen pour y aller . Au bout de 100 km sur une route bitumée , mais bien sinueuse , nous avons poursuivi 

The dust invaded us from everywhere so that we arrived all red to destination and were greeted by the principal of the high school who hastened to accompany us to the hotel where we were eager to take a bath to get rid of pounds of dust that had piled up all over the body.

The next day, I walked to school, sandals and shorts. The students were very nice and applied.

One day I was writing on the blackboard, a student approached me silently: she was barefoot, like the majority of students, lack of means, and she tapped my leg. I flinched and asked for explanations!

She told me there was a horsefly who wanted to steal me! And the whole class started laughing and applauding the young girl who had just saved me from the worst disaster that could happen to me that day!

Back in Abidjan, for Christmas Holidays, I contacted the bocoum, to inquire about the health of Brigitte and Marie Jeanne who had been my students at the college in Lebanon where their father was ambassador to Ivory Coast and on leave . I wonder today if my dear Suzanne wasn’t with them?

Royan , face à l’océan !

Ce matin , je me suis promené au bord de l’Atlantique , cet océan qui a vu au cours des siècles derniers des marins s’aventurer pour aller pêcher la morue jusqu’aux confins du monde et souvent disparaître , engloutis Par ce monstre impassible …

Tôt , ce matin , je me suis donc trouvé seul , sans aucune âme qui vive alentours, et là, je me délectais à admirer le spectacle qui s’offrait à mon regard et écouter cette musique que fredonne cet océan , admiré et craint à la fois par les hommes , que Baudelaire compare dans ” l’homme et la mer ”

Adonis Bouhatab:  le morue ou les baleines? C’etait une industrie prospere dans le north east coast of USA qui a decime’ les baleines au 19eme siecle.

Georges first essay before starting “Mon chere Ado” series 

La côte Charentaise est une des plus agréable pour passer un été ensoleillé tout en évitant les grandes chaleurs. À partir de Royan, on peut prendre le bus , soit pour aller vers le Nord , vers Saint Palais ou La Grande Côte et La Palmyre , soit pour aller vers le Sud , vers Saint Georges de Didone ou encore Talmon sur Gironde .

Talmont , un petit village plein de charme avec ses petites ruelle parsemées de boutiques et de restaurant prêts à vous servir les bonnes fritures , les moules ou autres crustacés accompagnés d’un bon vin du pays car il ne faut pas oublier que le Médoc ou le Bordelais s’aperçoivent à vue d’œil .

Talmont sur Gironde avec son église du XII e siècle .

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Et là , nous pouvons visiter la petite églises de Sainte-Radegonde avec son cimetière marin du XII siècle et qui fut érigée sur la route qui mène vers Saint Jacques de Compostelle autrefois fréquentées par les pèlerins qui venaient du pays des Charentes ou d’ailleurs

Sachant qu’en 1284 , Édouard 1er d’Angleterre fut le fondateur de la ville close de Talmont . Au-delà de l’estuaire de la Gironde , nous pouvons apercevoir l’océan Atlantique confortablement installé dans son lit et toujours prêt à accueillir les navigateurs de tous bords qui se balancent à sa surface avec l’espoir d’aller tranquillement à destination , sur les bords américaines .

Voilà mon cher Ado ce que j’avais à te raconter ce matin.


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