Adonis Diaries

Posts Tagged ‘Charbel Nahas

Comments and notes in Lebanese/Arabic slang

Note: These are notes and comments are mostly local (Lebanon) and Middle-East events. Written in Lebanese dialect with Latin characters and with numbers (2,3, 5, 7,8) representing vocals and consonants Not available in Latin or Saxon languages.

“Al Douwaylat”? Fi 7aal dawlat “Loubnaan al Kabeer” kaddamet netfeh memma kaddamata “douwaylat Hezbollah”, shou 3a baalna?

Sa3d and Ben Zayed sharsha7o bayaaton bil koubour.  7aateen abawaaton rabou2 li fashalon. Ben Zayed akbar Sohyouni wa akbar kha2en lel kadiya al Falestiniya wa akbar moshtari li foreign mercenaries

Balsho sha2lbo bayn canalaat: Bta3rfo ayya a7zaab ejeta al tamweel al intikhabi (shantaat el massaari)

Mouwatinaat wa mouwatineen tofraneen: 7atta saalat saghirat ma t3abet. Drouri kel tonzimaat madaniyyat tetbana sakef Charbel Nahas al 3ali 7atta yetla3la tartousheh?

Ma 3endi moushkilat ma3 Sarkis Sarkis bi laa2i7at al Tayyar: saaken 7addi  bi zaat al share3 min 30 senni wa ma zaarni wa la zorto. Al meshkeleh enno akhad mak3ad Nabil Nicola le2anno tofran (nazeef). Kanoun moufassal lal aghniya, wa ma farkat keef jaab al massari

E7ssaass jameel enno Hezbollah karrar yenkhoret fi moukafa7at al fassaad, wa al kouroud (sovereign debt) elleh ma elha taa2el, wa mounakassaat bil tardiyat

Rou7ou et dabdabo: badna zawaaj madani. wa ma badna ekhtisassat al shari3at

7ello 3an Jebran: al khetyariyyeh al faasideen mettekleen 3alih ta yet7arak 3annon. wa bi sobbo 3alih kharafon al 7aaked

Ya 3ammi Kadafi koutel, wa Libya moush ma3rouf kou3a min bou3a. 7ejaj Nabih Berri masdarouha Alzheimer: baddo yi rajje3 Al Sader wa ya3mel mouzaahara kel senni

Nabih baddo al balad m3attal: wa ma baddo mo2tamaraat bi 3ahed Aoun.

Majless al Inmaa2 wa E3maar ma bi yokhda3 ila ayat hay2at rakabiyyat fi al dawlat. Wa ma 7aajatana ila haaza al majless  al “radeef” min khaarej al dawlat? 

Limaza UN 3am tetdakhal bi Iraq wa tmaddi 3ala “wathikat sharaf”? Hal le2anna al taddakhol USA fi Loubnaan taaghi bi $1 milyaar safarat?

Shokran baladiyyat Antilias: zabbatet mamar zgheer lel moushaat bayn share3 wa share3. Kol ma tabbaka min masa7aat 3aamat mokfalat li private Parking lots 

Jameel zaman al takaa3od: ma fi drourat tenzal 3ala Beirut lel shoghel wa tsammem badanak

Supermarket Spinneys affairs: A vaster syndicate fight in Lebanon…

Marisol RIFAI published this Nov. 2, 2013 in the French Lebanese daily Orient Le Jour.com

L’affaire Spinneys, enjeu d’une lutte syndicale plus vaste

LIBAN – JUSTICE Intimidations, licenciements abusifs, pressions sur les médias et les réseaux sociaux…

Depuis mars 2012, les accusations contre les méthodes et décisions appliquées par la chaîne de supermarchés Spinneys à l’encontre de ses employés se multiplient. Mais au-delà du cas particulier, c’est l’avenir des luttes syndicales qui est aujourd’hui en jeu.

« La diffamation est un droit quand elle relève du devoir citoyen. »

C’est sous ce slogan que plus d’un millier de personnes ont rejoint la page Facebook de soutien à l’ancien ministre du Travail Charbel Nahas.

Il comparaissait mercredi pour la deuxième fois devant un tribunal, pour diffamation. Il est accusé par la chaîne de supermarchés Spinneys d’avoir qualifié les pratiques du directeur exécutif de Spinneys Michael Wright à l’encontre de ses employés de « terroristes », ainsi que d’avoir jugé ces pratiques-là comme « méprisantes » vis-à-vis de la justice libanaise.

« Une plaidoirie est prévue le 11 décembre prochain au cours de laquelle des témoins seront présents et les preuves des méthodes “terroristes” apportées », indique à L’Orient-Le Jour l’avocat de M. Nahas, Nizar Saghieh.

Mais dans « l’affaire Spinneys », le cas de M. Nahas, bien qu’il soit le plus médiatisé, fait partie d’une longue série de procès intentés par et contre Spinneys où se joue l’avenir des droits civils, salariaux et syndicaux au Liban.

Rappel des principaux faits
L’affaire remonte au printemps 2012. La chaîne de supermarchés Spinneys, détenue majoritairement par le fonds saoudien Abraaj Capital, emploie quelque 1,500 personnes au Liban, avec des statuts très différents.

Parmi eux, des employés administratifs, mais aussi des caissiers considérés comme travailleurs temporaires et payés à l’heure ou encore des porteurs de sacs qui ne perçoivent aucun salaire à l’exception des pourboires et ne sont pas inscrits à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS).

« Tous ces travailleurs auraient normalement dû percevoir la hausse salariale pour le secteur privé », souligne Nizar Saghieh.

Cette hausse, la première depuis seize ans, avait été votée en février 2012 par le Parlement.

Trois mois plus tard, une centaine de salariés adressent une pétition à la direction de la société, pour protester contre la non-application de cette hausse des salaires.

« Des pressions et intimidations de toutes sortes ne tardent pas à s’abattre sur les signataires de cette pétition », raconte Nizar Saghieh.

Samir Tawk, l’un des employés à l’origine de la pétition, est muté du jour au lendemain de Dbayé à Saïda. « Cette pratique est une des méthodes employées par Spinneys pour pousser une personne à la démission en l’éloignant géographiquement de son lieu de résidence », explique l’avocat.

Contacté par L’Orient-Le Jour, M. Wright dément cette version des faits. « L’employé en question a été transféré pour prêter main-forte aux équipes de Saïda pendant le seul mois du ramadan, une pratique courante dans notre entreprise », souligne-t-il.

M. Tawk quant à lui, a répliqué qu’il a été averti la veille de son transfert et que Spinneys a refusé d’augmenter ses indemnités de transport.

La formation du syndicat, pierre d’achoppement de la bataille
Face à ce climat de tensions, beaucoup d’employés finissent par abandonner leurs revendications, « car forcés par la direction à revenir sur la signature de la pétition », selon M. Tawk.

Mais quelques obstinés s’accrochent et c’est alors que débute une longue bataille pour la création d’un syndicat propre aux travailleurs de Spinneys.

« Les pressions s’accentuent et, en août, une nouvelle fois, des centaines d’employés sont forcés par la direction de Spinneys à signer un document attestant leur retrait du syndicat et l’un des membres fondateurs du syndicat, Milad Barakat, est licencié », poursuit Nizar Saghieh.

Pour Michael Wright, la pétition n’est pas justifiée, « puisque nous avons appliqué la majoration salariale à partir de février à tous les employés payés au salaire minimum ».

Pour les autres, qui touchent plus, la compagnie adresse une requête au ministère du Travail, demandant une permission pour modifier la méthodologie prévue par la loi pour la majoration des salaires.

« La réponse du ministère nous demande de nous en tenir à la loi et c’est ce que nous avons immédiatement fait », clame M. Wright.

Ainsi, le directeur exécutif de Spinneys explique la raison de la colère des employés à l’initiative du syndicat par une « politisation de la part de l’ancien ministre du Travail Charbel Nahas ».

« Se rendant compte qu’ils avaient été floués sur les véritables cause de la création du syndicat, les membres se sont retirés de leur propre gré », poursuit M. Wright. Il soutient ainsi que « plus aucun membre du syndicat n’est à ce jour employé à Spinneys ».

« Normal, rétorque l’ex-employé Samir Tawk, ceux qui n’ont pas retiré leur candidature ont été renvoyés ! »

Plusieurs rappels à l’ordre
Face à cette situation, la juge des référés de Beyrouth, Zalfa el-Hassan, publie une décision qui empêche la société de licencier tout membre fondateur du syndicat des employés de la chaîne jusqu’à ce que le ministère du Travail approuve officiellement la formation de ce syndicat.

« Quelques jours auparavant déjà, l’Organisation internationale du travail (OIT) avait adressé un avertissement à Spinneys concernant ses pratiques et la CNSS avait effectivement constaté que des centaines d’employés n’étaient pas inscrits à la Sécurité sociale, ce qui représente un manque à gagner pour l’État se comptant en millions de dollars », indique Nizar Saghieh.

Pour l’avocate Mirelle Najm-Checrallah, membre du barreau de Beyrouth, il est très difficile pour des travailleurs libanais de tenir tête à des employeurs malveillants.

« En ce qui concerne la non-application de la majoration des salaires, par exemple, les employés peuvent recourir au Conseil arbitral du travail, mais ils ne le font généralement que dans le cas où ils sont licenciés, de peur de perdre leur emploi », explique-t-elle. Quant à la liberté de constituer un syndicat, celle-ci est soumise à l’autorisation du ministère du Travail, sur avis du ministère de l’Intérieur.

« Cette ingérence de l’État a été dénoncée maintes fois et elle est contraire au principe de la liberté syndicale consacrée par l’OIT », rappelle l’avocate.

Une bataille qui dépasse le cas particulier de Spinneys
Pour Nizar Saghieh, qui est également l’avocat des syndicalistes de Spinneys et le directeur exécutif du Legal Agenda, « le cas de Spinneys n’est malheureusement pas isolé, mais il a pris de l’ampleur à cause des méthodes particulièrement violentes utilisées pour faire face à la fronde salariale ».

« Le cas de Spinneys est seulement la partie émergée de l’iceberg qui dévoile au grand jour la réalité des relations entre employés et employeurs au Liban », regrette Nizar Saghieh.

Selon lui, le problème au Liban est qu’il n’existe pas de véritables luttes syndicales, « car les syndicats ne sont pas indépendants, ils sont créés par le haut et répondent à des intérêts pas toujours compatibles avec ceux des travailleurs ».

À ce jour, une dizaine de plaintes ont été déposées devant les prudhommes et au pénal « où nous invoquons l’article 329 du code pénal qui prévoit que “constitue un délit le fait d’interdire à tout citoyen d’exercer son droit civil” », rappelle l’avocat.

« Notre objectif dans l’affaire de Spinneys est de faire pression sur l’État pour ratifier la convention 87 relative à la liberté syndicale, de produire une jurisprudence susceptible de protéger le droit syndical et, plus largement, de promouvoir un État de droit et de justice sociale, loin des clivages confessionnels qui sacrifient les droits sociaux », conclu Nizar Saghieh.

Pour mémoire

Vers un printemps syndical ?

Le syndicat des employés de Spinneys menace de recourir à l’escalade

Election speeches in Lebanon since 2009: candidate Charbel Nahas (Na7aas)

Note: Na7aas decided to be a candidate in North Metn, instead of Beirut #2 district

شربل نحّاس مطلقًا الكلمة السياسية للائحة كلنا وطني في المتن، اليوم الأربعاء 4 نيسان عند نهر الموت :
نحن مش بكرنفال انتخابي. نحن بمواجهة. بمواجهة زعماء الطوايف. بمواجهة مندوبي الدول الاجنبية. بواجهة الاحزاب الدينية. بمواجهة زعما المحاصصة بكل لبنان.

وهون بالمتن، بمواجهة مين؟

بمواجهة العونيين؟ يلي وقفوا ضدّ الميليشيات وضد الطائفية وضد استباحة المال العام وضد ابراء يلي سرقوه وقالو انو ابراء مستحيل؟ أكيد لأ.

بس ضد جبران باسيل يلي رشح سركيس سركيس هون ورشح أبو رخوصة هونيك وتحالف مع الجماعة الإسلامية ومع تيّار المستقبل.(Sarkis Sarkis live on our street and we and he never paid us a visit)

بمواجهة الكتائبيين؟ يلي وقفوا ضد الانتداب الفرنساوي ليتحقق استقلال البلد؟ أكيد لأ.

This sectarian right-wing Phalanges party invited the Syrian in during Lebanon civil war and also invited Israel to occupy Beirut in order to kick out the Palestinians

( ( Wrong. the Phalanges party was created by the mandated French power(

بس ضد سامي الجميل يلي عند أول صوفيرة ركض عالسعودية ومتلو القواتية يلي متحالف معن هون ومتواجه معن هوينك.

بمواجهة القوميين؟ يلي اغتيل الزعيم أنطون سعادة لأنو بدو يوحّد المجتمع ويرجعلو عزتو؟ أكيد لأ.

(The leader Antoun Saadeh was executed summarily in 1948 within 24 of being apprehended in Damascus)

بس ضد أسعد حردان يلي اجا يرشّح فادي عبود : عدو الأجراء وحقوقن، والياس بو صعب : شريك الأمراء وأميركا.

بمواجهة ميشال المرّ؟ يلّي تحكّم يالمتن لأنو تعمشق عالسلطة شو ما كان جنسا وتكبّش فيا وجيّرها تيبني دولتو بالمتن، واليوم اجو الطامحين الجدد للسلطة سحبو البساط من تحت اجريه، فتركوه أزلامو وأصحابو وصار فيه متل ما عمل بغيرو من قبل؟ كمان لأ، لأن مش هوايتنا التشفّي.

هودي مختلفين مع بعضن؟

بالظاهر اي وضجة اختلفاتن عالية وكبّ المصاري من فج وغميق. مختلفين عالحصص وعالوجاهة بحسب رهانات وتعمليمات معلمينن، بس متفقين عليكن تيضلوا متسلطين وتضلوا يأسانين.

نحن مختلفين عنن وانتو مختلفين عنن. همومكن ما بتعنيلن شي.

نحن خطابنا واحد وين ما كان وتجربتنا بتثبت انو يلي منقولو منعملو. وانّا مش متمسكين بالموقع بس متمسكين بالموقف. ولكل واحد من ناخبي المتن شو ما كان تاريخو منقول : انو يلي بيميز أهل المتن تنوعن السياسي، انّما ايضًا قدرتن انن يحفظوا الجيرة.

وأهم شي انن عندن الجرأة انو لما بيشوفوا الحق بيوقفوا حدو. نحن جايين تيصير بلبنان دولة عنجد، دولة مدنية، عادلة ديمقراطية، وقادرة. وكلنا وطني. .#كلنا_وطني #المتن #انتخابات_2018

Note: In the electoral district of North Metn there are already 5 lists of candidates. This new election law that somehow disposed of the roller method (al ma7dalleh) is throwing some havoc in the selection of candidates to form a complete lists. We can only vote for a list and not pick a choose whom we want. And we can select a preferred candidate within only the list we voted for.

 

Lebanese politicians overwhelmed by the youth protests

Charbel Nahas shared this article
 

Le pouvoir libanais débordé par la contestation
(Le Monde)

« Nous voulons placer les corps constitués face à un examen, expose Charbel Nahas.

Soit ils se rallient à nous et participent à la gestion d’une transition institutionnelle, vers un Etat de droit, laïc et efficace, soit ils entrent en confrontation.

Les grands partis sont tous responsables de la faillite actuelle. On ne veut plus rien d’eux. Qu’ils fichent le camp. »

La fronde sociale provoquée à Beyrouth par la crise des déchets inquiète les partis politiques.
lemonde.fr

Les prémices d’une révolution ? Un coup de force, voire un bain de sang ?

Ou bien une manifestation sans lendemain ?

Samedi 29 août au matin, à quelques heures du début du rassemblement organisé dans le centre de Beyrouth par le mouvement de protestation antisystème « Tala’at rihatkum » (« vous puez », en arabe), le Liban était plongé dans l’expectative et l’inquiétude.

La crise du ramassage des ordures, qui sévit dans le pays depuis plus d’un mois et s’ajoute aux coupures d’électricité et aux pénuries d’eau, a libéré une colère d’une ampleur sans précédent à l’encontre de l’élite politique paralysée par ses divisions et son incurie. La mobilisation n’a cessé de croître depuis la fin juillet, avec des rassemblements de plus de 10 000 personnes le week-end du 22 août, marqués par de violents affrontements avec les forces de l’ordre. Le point de rupture est-il atteint ?

« Lénine disait que les révolutions surviennent quand la classe dirigeante ne peut plus diriger, analyse un vétéran de la gauche libanaise. De ce point de vue, c’est le moment parfait pour une révolution.

Le problème, c’est que je ne suis pas sûr que nous ayons un outil révolutionnaire fiable. Des rumeurs d’infiltration et de récupération courent la ville. La manif de samedi peut être un tournant. Mais il peut se passer aussi des choses très graves. »

« Qu’ils fichent le camp »Catalyseur d’un ras-le-bol généralisé, les jeunes militants de « Vous puez », issus de la société civile, ont été les premiers surpris et débordés par leur succès. L’absence de service d’ordre…
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/08/29/le-pouvoir-libanais-deborde-par-la-contestation_4739957_3218.html#7PM6q6bqMzuiASeJ.99

We are bound to Hope: Former most engaged minister Charbel Nahas meeting with protesters

Charbel Nahas discussed with protesters for 5 hours on the issues and process of resuming the Garbage Rally against the indignities heaped by the rotten political system on the Lebanese citizens for the last 30 years

شربل نحاس: محكومون بالأمل!

ينبغي دعوة الموظفين إلى التحرك بعدما هددهم سلام بوقف الرواتب (مروان طحطح)

أكثر من خمس ساعات أمضاها الوزير السابق شربل نحاس أمس مع منظّمي الحملات الناشطة في ساحتي رياض الصلح والشهداء، دارت خلالها نقاشات طويلة قبل صياغة نصّ نوقشت فيه كلّ كلمة تقريباً خوفاً من تأويلاتها السياسية. بعدها خرجت حملة «طلعت ريحتكم» بمؤتمرها الصحافي بعد ظهر أمس، معلنة فيه موقفها من التطوّرات الحاصلة، وداعية إلى التظاهر يوم السبت المقبل

مهى زراقط

شكّلت مساهمة الوزير السابق شربل نحاس في خلفية الحراك الشبابي ــ من خلال الاجتماع الذي سبق المؤتمر الصحافي لحملة «طلعت ريحتكم» ــ عامل اطمئنان لكثيرين، أخافهم، في اليومين الفائتين، سلوك عدد من المنظّمين من جهة، والاتهامات المتبادلة بـ«التشبيح» و«الاندساس» و«العمالة» التي وجّهت من قبل أكثر من طرف إلى بعض المشاركين في التظاهرة الأخيرة من جهة ثانية. وقد بقي نحاس، حتى بعد انتهاء المؤتمر الصحافي، يتلقى اتصالات من إعلاميين وناشطين يستفسرون منه عن التطوّرات، أو يطلبون منه تسلم القيادة، لأن «ما عنا حدا يقودنا، لكي نكمل صحّ يجب أن تكون معنا، نحن نثق بك». يشكر نحاس محدّثه على هذه الثقة، مصرّاً على حصر مشاركته بـ«تقديم أي مساعدة تحتاجون إليها بعيداً عن أي دور».

بحرص شديد يختار نحاس مفرداته وهو يحكي عن تظاهرات الشباب الأخيرة. يصفها بالضوء الصغير الذي خرج من قداحة كاد غازها أن يفرغ، لذا يجب إحاطته بعناية. وبالتالي هو يرفض الدخول في الانقسامات الحاصلة والاتهامات المتبادلة «من المفيد توسيع الحلقة، وليس إجراء عملية إقصاء لأي طرف».
كعادته، يجد نحاس في كلّ تحدّ فرصة لتحقيق اختراق ما، لكن هذه المرة «يجب التعامل برويّة مع هذه الفرصة، خصوصاً أن القصة كبرت أكثر مما كان الشباب يتوقعون، وأكثر مما كانت السلطة تقدّر». فكيف يقرأ اليوم ما حصل؟
بالنسبة إلى نحاس، الموضوع تراكمي. يعدّد بسرعة محطات القهر التي عاشها اللبنانيون منذ انتهاء الحرب وتوقيع اتفاق الطائف مطلع التسعينيات. يومها، تسلّم أمراء الحرب وأصحاب رؤوس الأموال البلد. حصلت ممانعة لهذا التسليم للسلطة، لكنها لم تنجح. بعدها ولدت شركات المحاصصة وصناديقها (شركة سوليدير، صندوق المهجرين، مجلس الجنوب، إلخ…)، حصلت ممانعة لها لكنها لم تنجح أيضاً في وقفها. وفي عام 1996 أوقفت الاستثمارات وجمّدت الاجور، أيضاً من دون وجود قوة اعتراض قادرة على إحداث تغيير، واستمرّ الأمر على هذه الحال. يكبر الفساد وتتدنى الممانعة حتى وصلنا إلى عام 2005. يومها، اختلف السياسيون، ودخل لاعبون جدد إلى الساحة، فجرت محاولات للاختراق. يذكر منها نحاس مواضيع: التغطية الصحية، تصحيح الأجور، استعادة أموال البلديات، الحسابات العامة والموازنة… كذلك انطلق حراك «إسقاط النظام الطائفي» وتلاه تحرّكات «هيئة التنسيق النقابية».
هذه محطات، وغيرها، كانت تثير الحماسة لدى البعض قبل أن تمنى بالفشل بسبب عمليات التطويق والابتزاز التي كانت تتعرّض لها بشكل ممنهج ومدروس. لكنها محطات «كانت تراكم قهراً أيضاً» برأي نحاس، معتبراً أن سبب التحرّك الأخير هو وصول السلطة «إلى أعلى درجات الوقاحة في ممارساتها. عندما اختلف السياسيون على حصصهم في سرقة المال العام، وصل بهم الأمر إلى رمي الزبالة على العالم». عندها «تحرّكت العالم، قدحت القداحة الفاضية وعملت ضو صغير». وبما أن قراءة نحاس لما حصل تراكمية «يجب أن نتعلّم من الأخطاء التي حصلت سابقاً كي لا نخسر هذه الفرصة».
هي فرصة، لأن «تضعضعاً» حصل فعلاً في صفوف الطبقة السياسية الحاكمة، وظهر في التصريحات السياسة العلنية لعدد من المسؤولين، «قبل أن يعودوا إلى التآلف ويشكلوا جبهة مضادة حاولت الهجوم على التظاهرات من خلال خطة مدروسة، ما يعني أن اللعبة انفتحت ويمكن الردّ على كلّ خطوة من قبل الحكومة بخطوة مضادة من قبل المواطنين».

يرى نحاس أن الحكومة «عمدت أولاً إلى قمع المتظاهرين، وتشويه تحركهم. وهذا قد يؤدي إلى امتناع البعض عن المشاركة في التظاهرات اللاحقة خوفاً من التعرّض للأذى، في حين يؤدي تشويه صورة المتظاهرين إلى توليد احتكاكات طائفية وربما أكثر».
الردّ على هذا القمع والتشويه يكون من خلال ثلاث خطوات: «أولاً، توقيف فوري لكلّ عسكري أطلق النار ولمن أعطى الأمر بإطلاق النار؛ ثانياً، إجراء تحقيق فوري يطال كلّ من أطلق النار ومن أعطى الأمر بذلك ومن امتنع عن ردع مطلق النار في حال كان قادراً على ذلك؛ وثالثاً محاسبة وزير الداخلية، وهو مطلب أكثر تقدّماً من مطالبته بالاستقالة، لأنه قد لا يستقيل»..
الهجوم الثاني للسلطة على التحرّك كان من خلال «التطويق والتهويل، إذ خرج رئيس الحكومة ليقول إنه قد لا يستطيع دفع رواتب الموظفين، وهو خطاب يشبه تماماً الخطاب الذي ووجه به حراك هيئة التنسيق النقابية، عندما قيل إن التلاميذ لن يتخرّجوا وسيبقون بلا شهادات وأن مستقبلهم مهدّد». الردّ على هذا الأمر يكون من خلال «تغيير الهيكل التنظيمي للتحرّك ودعوة الموظفين والنقابيين إليه، خصوصاً أن التهديد طالهم من قبل رئيس الحكومة».
في خطوة ثالثة، حاولت الحكومة إجراء «عملية استيعاب مستعجلة، من خلال المسارعة إلى فض العروض المالية للمناقصات والقول: انحلّت يا شباب. الردّ على هذا الأمر يكون من خلال ربط النزاع بالأساس، والتأكيد على أن هذه العملية غير مشروعة وباطلة».
أما الخطوة الرابعة، فكانت تحوير جبهة النار من خلال حديث سلام عن اعتداء على صلاحيته، ما يعني تحويل الموضوع إلى مشكلة طائفية. والردّ المباشر هو تحديد الخصم… أو الحكم في هذه القضية وهو: البلديات. إذ يرى نحاس أن ما يجري منذ سنوات هو استيلاء على أموال البلديات ومسؤولياتها، ونحن أمام موقفين «إما أن هذه البلديات موافقة على هذا الاستيلاء، وبالتالي هي خصم يجب ملاحقته لمساهمته في سرقة المال العام، وإما أنها ضحية فنقول لها: أهلا وسهلاً بها في التحرّك، خصوصاً أن هذه البلديات هي الهيئات المنتخبة الشرعية الوحيدة في لبنان اليوم والتي يمكن الركون إليها».

 

Master muddler: Buster of our internet and telecommunication system

The fibre optics lines have been installed a few years ago, and yet these lines are waiting for this idiot to connect them.

Abdel Moneim Youssef is not your average public servant. If there is one compelling impression from meeting him in person, it is that there is much more to him than meets the eye.

(He is such an idiot that he enjoys playing the game?)

In this sense, his office at the Ministry of Telecommunications is  confusingly unrevealing: large but functional, not overtly more guarded than the premises of other Grade 1 national officials, and adorned with memorabilia — fittingly in his case, blown-up images of historic Lebanese phone cards decorate the spacious waiting area.

 posted in Executive this April 7, 2015

But the bureaucrat has certain attributes that pit him as quite exceptional for a public servant.

For one, he singlehandedly holds a tremendous amount of power over the telecommunications sector.

He is at once director general of operations and maintenance at the Ministry of Telecommunications and chair–general manager of state owned fixed line operator Ogero (private company belonging to the Hariri clan), which acts as an internet service provider while simultaneously being responsible for selling international capacity to the private sector.

The man is also incredibly elusive.  (What can he says? “I am working for the Hariri clan who wants to buy this public institution for cheap?”)

Reaching Youssef required going through specific channels that are not usually required for journalists to meet public servants.

Then, there are the opinions people hold of him.

Everybody involved with telecommunications in Lebanon seems to have one.

Some view him as highly self interested, others regard him as no different from any other government employee — and some of those in the know even provided Executive with two conflicting views, describing him as “extremely smart and charming if he wants to be,” but also going as far as alleging that he must be “a maniac” or have a “crazy conspiracy theory” — speaking on condition of anonymity, of course. 

But for anything telecom sector related, Youssef is the go-to person.

He is Mr. X as Executive termed the theoretical, all knowing, unknown telecoms guru.

He is the one who should be able to answer basic questions on the minds of the Lebanese.

Questions such as:

1.  Why has the new fiber optic internet backbone not been turned on yet?

2. Why isn’t Ogero granting international capacity to private sector ISPs?

3. Why is our internet so slow and expensive?

Before Executive encountered Youssef, we were told he had a knack for derailing a topic by either losing his interlocutors in details or with his charming personality.

Sitting down with him, it quickly became clear that he was not going to give us any information — much less a straight, serious answer.

Youssef can talk, knows how to waste time and is a master of deflecting inconvenient questions.

Besides not allowing recording equipment, Youssef would craft his answers in a way to not only avoid the topic, but also be unspecific to the point of making generalization into an art form.

 When asked why the new fiber optic network contracted in 2011 — which now connects the bulk of the central offices in Lebanon as well as many of the country’s heavy users such as universities and hospitals — has not been turned on, Youssef immediately retorted on the semantics, not the substance, of our question.

‘Heavy users’ is a meaningless term, he shot back, embarking on a diatribe arguing that the term was “not even a word.” If you look up ‘heavy users’ on Google, he said, it would yield no results. He went further to say that ‘heavy users’ was only a term used by people in Lebanon, to describe a concept that does not exist in the rest of the world’s parlance.

Executive of course does not know when Youssef last googled the term, but we can confirm that a March 2015 search yields high level international technical sources as using the term ‘heavy users’ in important discussions — such as the net neutrality debate — and for considerable time in exactly the same way in which it was entailed in the question posed to him.

To a question about why our new, state of the art fiber optic backbone had not yet been switched on to carry data traffic, Youssef retorted with an ill informed rebuttal about heavy users.

The question remained unanswered, but Youssef’s response served a purpose: the longer the talk about definitions, the more time Youssef won as the clock counted down to 6 p.m., when he informed us he had another meeting.

At a certain point in the interview — and though his English appeared highly adequate for claiming knowledge on the appropriateness of the technical terms he disputed — Youssef became apologetic about his poor command of the language, excusing himself, in English, as having been “French educated” and switched to arguing in French from that point on.

“What’s the relation between internet and fiber optic?”

There are many strategies to waste time through talking, but it is an art to talk for 40 minutes and provide answers that are as far from clear as they are far from being quotable, in the sense of saying anything of informative value.

“What’s the relation between internet and fiber optic?” he barked at Executive when once more pressed for an answer as to why the fiber wasn’t turned on.

The discussion ascended to heights usually reserved to the performances of the Théâtre de l’Absurde as Youssef advanced to question the premise of a newly existing fiber optic network by asking us how we were sure it was really there.

The question was surprising, given that the network had been budgeted, tendered and indeed installed according to various statements given to Executive by telecommunications consultants, private sector contractors and vendors who had worked on the project — and notably, by advisors to the Ministry of Telecommunications.

Taking a somewhat contradictory position to the gauntlet just thrown that was perhaps worthy of a Camus essay, Youssef then went on to assert that of course we have fiber optic internet.

But this statement is too vague to be understood as a claim that the new network is indeed on, as Lebanon does have an older fiber optic network built over a decade ago that links 5 central offices together, which we understand is in operation.

This network was originally built only to carry Ogero’s internal traffic, and was not meant to be used as a wide area network as it is used now, to carry internet traffic.

When speaking, it is very common for one to forget to be precise and qualify what is being discussed, so any potential misunderstandings can generally be clarified through merely asking a simple follow up question. When pressed for a more specific answer, as in whether Youssef was referring to this older network, or if he was claiming that the new network was, indeed, turned on, he exploded.

The bone of contention appeared to be that Executive had called the fiber optic network “old,” or as he reworded it, “ancient.”

He thus addressed this supposed question of network longevity — which Executive had not asked and not intended to ask — with a discourse on how fiber optic cables have a very long lifespan.

Indeed, fiber optic cabling, provided it is properly insulated under the ground, is essentially good forever.

Yet when it comes to being able to carry an entire country’s capacity, no matter how long it physically lasts, it will not be able to carry traffic it was not designed for.

Youssef added that the older fiber that was built from 1994 to 2000 is only being used at 35% of its capacity.

(So why not making good use of the overwhelming remaining unused capacity?)

But in an attempt to revert back to the matter of whether Youssef was actually claiming that the new network was off or if his claims were just stating vague facts in order to confuse, Executive asked him if he had signed any documents approving the activation of the newer network.

He responded saying that he signed papers for fiber optic cables “every day.”

Again, it is unclear whether this means that Youssef signs papers approving some kind of fiber optic related work or if he was indeed claiming that he had signed papers approving turning on sections of the new network.

To close the discussion, he invited Executive to call up all of our sources and tell them they were wrong.

“They are completely ignorant,” he said.

Every source we had cited in our interview — the advisors to the Ministry of Telecommunications, the consultants, the internet services providers — were implied. All of them (are ignorant?).

After we dismissed some ideas implied by our interviewee — such as buying shovels and digging trenches to check for the presence of cables, or calling respected experts to insult them — the net gain of 40 minutes’ exposure to Youssef’s mastery in haranguing was thin.

What we learned was that the questions we were asking, for some reason, were questions that Youssef did not want to answer.

If there is one thing Youssef can be congratulated for, it is his prowess in semantics.

Not unsimilar to the style of long, colorful discourses of thesis and antithesis that are preached by certain prestigious schools in Paris in order for their students to succeed in oral presentations, Youssef can talk.

While we leave him with new appreciation of how one can use this talent in a top public administrative position, we can only speculate as to how this public servant uses this ability for the greater good of national telecommunications.

What we no longer wonder about is his charm, or that he knows what he is doing.

As he shakes hands with Executive before ushering us out of the door, smiling, he apologizes for being so “disagreeable.”

Note 1: Charbel Nahas  (former communication minister) shared this link on FB this April 12, 2015 

عبد المنعم يوسف يخطف شبكة الألياف الضوئية التي تم تلزيمها خلال تولي شربل نحاس وزارة الاتصالات
ويمنع اللبنانيين من الاستفادة منها
وهي تربط كل سنترالات لبنان وتصل مباشرة إلى مئات المؤسسات التي تستخدم الإنترنت بكثافة (إدارات، مؤسسات إعلامية وصحافية، تلفزيونات، موزعو إنترنت، جامعات…)

Abdel Moneim Youssef is not your average public servant.
Executive got to meet him for 40 minutes, and the least we can say, it was a bewildering encounter.
executive-magazine.com

 

 

 

 

 

 

Four years in the Syrian civil war: Repercussion on Unemployment in Lebanon

Former minister Charbel Nahas said:

“The Syrian crisis deepened inequalities in Lebanon society”

« La crise des réfugiés a rendu la société libanaise encore plus inégalitaire qu’elle ne l’était. »

Depuis le début du soulèvement en Syrie, l’économie libanaise, affectée par l’instabilité régionale et locale, tourne au ralenti.

Les taux de croissance annuels d’environ 2 % enregistrés ces quatre dernières années (contre 8 % en 2010) masquent une sombre réalité socio-économique dans les régions périphériques, où s’est installée la majorité des réfugiés syriens, en particulier dans le Akkar, Tripoli, la Békaa, et le Liban-Sud.

Car si l’économie a pu s’adapter à la baisse des exportations, du tourisme et des investissements, le marché de l’emploi absorbe très difficilement le choc démographique que représente l’accueil d’environ 1,2 million de refugiés.

Selon la Banque mondiale, la population active a augmenté de 15,4 % au Liban depuis le début de la crise syrienne. Photo Joseph Eid

Quatre ans après le soulèvement en Syrie, la guerre civil en Syrie a eu un impact globalement mitigé sur l’économie libanaise qui continue de résister tant bien que mal.
En revanche, le choc démographique que représente l’afflux des réfugiés syriens a bouleversé le marché de l’emploi.

La population du Liban a ainsi augmenté de près de 30 % en quatre ans.

Cet afflux s’est accompagné d’une aide humanitaire internationale, estimée à 800 millions de dollars par an.  (The minister of finance has no formal reliable data on any kinds of aids)

En soutenant la demande, les aides versées aux refugiés ont permis, à elles seules, de générer 1,3 % de croissance en 2014, souligne l’économiste Kamal Hamdan.
Ces aides sont insuffisantes pour permettre aux réfugiés de vivre décemment, ne serait-ce que pour payer des loyers qui ont flambé sous la pression de la demande.

Une enquête menée par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2013 auprès de 2 000 réfugiés avait révélé que près de la moitié d’entre eux travaillent pour compléter leurs revenus.

Plus de main-d’œuvre pour autant d’emplois
La population active, c’est-à-dire l’ensemble des résidents en âge de travailler (employés ou chômeurs), a augmenté de 15,4 % en quatre ans, selon les estimations de la Banque mondiale.

Étant donné le contexte économique morose, il est admis que les créations d’emplois n’ont pas suivi, même si les statistiques manquent cruellement dans ce domaine.

« Le taux de chômage (toutes nationalités comprises), qui était estimé à environ 11 % avant la crise, est passé à 18 voire 20 % », affirme l’économiste Kamal Hamdan.

« Si l’on ne considère que les Libanais, le nombre de sans-emplois a sans doute doublé, avec au moins 150 000 chômeurs de plus en quatre ans. »

En cause : le marasme économique, mais surtout la concurrence de la main-d’œuvre syrienne, prête à accepter des salaires largement inférieurs à ceux des Libanais.
Contrairement aux idées reçues, les qualifications des travailleurs libanais et syriens ne sont pas très éloignées.

« Le chômage au Liban ne touche pas essentiellement les personnes qualifiées comme on le pense, puisque de nombreux jeunes diplômés trouvent du travail à l’étranger et émigrent. Les personnes non qualifiées en revanche n’ont pas d’alternatives. On estime que 48 % de la population active libanaise a un niveau d’études élémentaire », indique l’économiste et ancien ministre du Travail, Charbel Nahas.
Pour ces derniers, la concurrence syrienne n’est pas un phénomène nouveau.

Bien avant 2011, les ouvriers syriens avaient déjà largement remplacé les Libanais dans les emplois non qualifiés du secteur agricole et celui de la construction.

« Les Libanais non qualifiés s’étaient alors tournés vers le secteur des services qui représente 60 % de l’économie. Ils travaillaient essentiellement dans les petits commerces, en tant que vendeurs, serveurs, cuisiniers, coiffeurs, etc. Mais aujourd’hui on observe un effet de substitution aussi dans ce secteur », constate le directeur de l’Institut du Levant pour les affaires stratégiques (LISA), Sami Nader.

Effet de substitution à tous les niveaux
Étant donné l’abondance de l’offre, la concurrence s’étend également aux emplois semi-qualifiés. Selon l’enquête de l’OIT, 45 % des réfugiés occupent un emploi non qualifié (agriculture, construction, concierge, chauffeurs…) et 43 % occupent un emploi semi-qualifié (menuisier, forgeron, industries agroalimentaires..), à des salaires imbattables.

Le revenu mensuel moyen d’un ouvrier syrien était de 418 000 livres par mois en 2013, la moitié de celui d’un Libanais non qualifié.
Cette forte concurrence a tiré le niveau des rémunérations à la baisse.

Toujours selon l’OIT, le salaire moyen d’un travailleur non qualifié a reculé de 30 % à Baalbeck et de 50 % à Wadi Khaled.

Près de 90 % des ouvriers libanais interrogés par l’OIT dans la Békaa ont constaté une baisse de leurs revenus. En moyenne, la Banque mondiale parle d’une baisse de la richesse par habitant au Liban d’environ 11 % depuis le début de la guerre en Syrie. Mais tous les habitants ne sont pas logés à la même enseigne.
En réduisant les coûts de production, la baisse des salaires a bénéficié aux entreprises.

En l’absence d’investissements, « cela s’est traduit par une hausse des profits du capital », souligne Kamal Hamdan.

L’OIT conclut dans son rapport que « les propriétaires de terrains et d’entreprises, et les autres membres de la classe moyenne et aisée profitent de la crise des réfugiés, tandis que les ménages libanais les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus menacés ». Charbel Nahas dresse le même constat : « La crise des réfugiés a rendu la société libanaise encore plus inégalitaire qu’elle ne l’était. »

4 000 nouveaux agents des FSI
Par manque d’opportunités de travail, les Libanais les plus défavorisés se dirigent donc vers le seul secteur qui leur est encore réservé : la fonction publique.

Et le gouvernement n’hésite pas à utiliser ce levier pour absorber le choc. Au début de l’année, les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont embauché 4 000 nouveaux éléments et s’apprêtent à en recruter 4 000 autres.

« Par rapport à un million d’actifs libanais ce chiffre est énorme, souligne Charbel Nahas. C’est comme si la France, qui compte 30 millions d’actifs, recrutait 120 000 policiers d’un coup. » Selon lui, 120 000 Libanais travaillent aujourd’hui dans les services de sécurité de l’État (armée, FSI, Sûreté générale).

Proportionnellement, cela représente 7 fois les effectifs actuels de la France.

Pistes de réflexion
Pour le moment, c’est l’une des deux seules solutions qu’a trouvées le gouvernement pour réguler le marché de l’emploi.

La deuxième  solution étant de limiter l’octroi de permis de travail à la main-d’œuvre étrangère.

Le ministre du Travail a fait de la régularisation des travailleurs syriens son cheval de bataille. Mais ses ambitions sont limitées par les moyens dont il dispose, sachant que près de 90 % des refugiés interrogés par le BIT en 2013 travaillaient sans contrat, et que le ministère du Travail compte une dizaine d’inspecteurs sur le terrain.
« Il faut faire pression sur les entreprises, les menacer de sanctions », estime Kamal Hamdan.
Le directeur de LISA, Sami Nader, plaide, lui, pour des « solutions créatives » en considérant qu’il faut canaliser la main-d’œuvre syrienne dans le secteur de la construction et dans l’agriculture. « Pourquoi ne pas employer les réfugiés dans des unités de production offshore financées par des bailleurs internationaux et destinées à l’export vers les pays du Golfe par exemple? »
De son côté, Charbel Nahas propose une politique de relance de l’emploi à l’échelle nationale. « Il faut un sursaut à la hauteur du choc.
Le Liban doit se tourner vers la communauté internationale pour financer un mécanisme de subventions à l’investissement au lieu de se contenter des aides humanitaires. » Mais pour cela, ajoute-t-il, « il faut sortir du déni et reconnaître que le pays est au bord de l’implosion ».


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