Adonis Diaries

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Mon cher Ado. Part 7

Comme je l’avais dit, notre séjour en Guinée ne dura que deux ans .

Et donc , nous revoilà en 1960 de retour au Liban. Mais cette fois , mon cher Ado, nous retournions en quelque sorte au bercail , dans notre village, auprès de nos grand-parents .

Et à peine arrivés , nous avons été inscrits comme internes au Collège des frères maristes à Jounieh , une petite ville côtière , au nord de Beyrouth .

Aujourd’hui Jounieh est méconnaissable ! La belle petite ville de ma jeunesse , pleine de charme, avec ses maisons en pierres de taille avec leurs toits de tuiles rouges , entourées de jardins d’agrumes qui sentaient si bons quand ils étaient e fleurs. (Comme tu as decrit Beit-Chabab? Il parait que toutes les petites villes se resemble au Liban?)

Cette ville de mes plus belles années , les années de mon adolescence , et bien, cette ville n’existe plus !


On a commencé par couper la ville en deux en construisant une autoroute , surmontée de plusieurs ponts , arrachant les jardins d’agrumes a grands coups de pelleteuses et de tracteurs, ces monstres qui vous assourdissent l’âme et dont le souvenir est d’une noirceur extrême .

Puis d’année en année on s’est mis à construire des immeubles de plus en plus hauts et de plus en plus laids de sorte qu’aujourd’hui les pauvres maisons en pierres se cachent entre les immeubles et pleurent sur leur passé glorieux . (Pas glorieux, mais serin?)

Je regrette surtout la belle maison de tante Bernadette , cette maison qui trônait sur la ville et sur les jardins d’agrumes qu’on surplombait de la terrasse côté mer en prenant l’air le matin , en été , pour nous cacher du soleil qui pointait son nez à l’Est en nous faisant coucou lorsqu’il sortait de derrière la montagne de Harissa ou la statue de la vierge est toujours là , imperturbable , impuissante face aux dégâts que les hommes font à la ville de Jounieh .

Je souffre chaque fois que j’y pense … (Pourquoi penser si tu vis en France?)

Ce matin, je me suis promené comme tous les matins du côté du port de plaisance de Royan. Le temps était idéal , des plus délicieux, avec un soleil qui s’avançait à petits pas vers son zénith .

La température d’ à peine 22 degrés me procurait un bien-être divin, et les bateaux qui somnolaient toujours au port, dans une eau miroitante, sans la moindre petite brise, ressemblaient à une de ces toiles de Vermeer que j’aime à contempler sans jamais me lasser .

C’est bizarre ! J’aime de plus en plus m’isoler dès l’aube parfois pour mieux apprécier le spectacle que nous propose la vie , aussi bien ceux de la ville quand les hommes dorment encore , que celui de la Nature qui nous est offert par le créateur . (Tout court: “que celui de la Nature” est suffisant)

En ce moment, alors que le soleil darde ses rayons à la verticale sur nos têtes , je me trouve à la terrasse du même café d’hier , et tout en sirotant un bon chocolat chaud ,(pour te rafraichir?)  j’observe les passants qui se promènent.

Qui à pieds, qui à vélos , ceux qui tirent leurs caddys pour aller au marché , et ceux , nombreux, qui se dirigent vers la grande plage de Royan, pour un farniente récupérateur (farniente est un mot espagniol?), avant de reprendre leur travail dès la fin de cette semaine car le bel été touché à sa fin!!!

Mon cher Ado

Mon cher Ado, n’oublie pas de me raconter comment s’est déroulé le tournoi de pétanques au village , hier ? As- tu gagné la coupe en or ? Sinon ce ne sera que partie remise . Moi je vais bien ici à Royan !

L’air marin est bénéfique et le soleil est au rendez-vous. Avec mon compagnon , l’océan Atlantique , on s’entend bien . On se raconte des histoires , surtout lui avec son bavardage continu. Il ne cesse de me conter des contes , ceux d’aujourd’hui et ceux d’hier , et même ceux d’avant hier .

J’aurais aimé y rester toute ma vie , mais bientôt nous rentrons à Paris . En attendant l’heure fatidique de ce retour , je me raconte mes souvenirs .

Après avoir assisté au feu d’artifice qui a eu lieu hier  (Juiller 14?), sur la grande plage de Royan, je suis rentré me coucher la tête comblée de soleils qui éclataient dans le ciel de minuit .

Mais le soleil de Guinée est resté dans ma tête , omniprésent , pour me rappeler les années de bonheur que j’ai vécues au cours de mon enfance.


Je me suis rappelé que mon père, ce héros , comme l’a dit (Marcel) Pagnol, dans ” La gloire de mon père ” , avait trois camions : deux Mercedes Benz et un GMC rouge que Seni, un jeune Guinéen conduisit.

Seni n’était pas que simple chauffeur, il chantait et dansait à merveille . Un Travolta méconnu , et toujours le sourire au lèvres , affichant ses dents d’une blancheur de Cygne . 


Un jour , il nous a emmenés sur son camion pour aller décharger les tonnes d’oranges , chargés en vrac. Si je raconte ce souvenir , c’est parce que nous avons fait le trajet , étendus sur les oranges . 


Vingt ans plus tard, j’ai revu Seni à Abidjan où nous avions été rejoindre nos parents , fuyant la guerre au Liban!


Un jour , après avoir été voir des amis , Amale , Walid notre fils de quatre ans et moi , nous avons pris un taxi pour retourner chez mes parents, et devinez quoi ?

j’ai été surpris de m’apercevoir que le chauffeur n’était autre que Seni!

Et quand il as-su qui j’étais , il a arrêté son véhicule, il est sorti et s’est mis à chanter et à danser comme vingt ans auparavant à Kindia en Guinée


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