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Water availability: The Blue Gold initiated a debate for “Democratization of Reforms”

Note: Water resources are public responsibility for all citizens. Any kinds of privatization for this fundamental resource has to be seriously discussed and checked.

SALON DU LIVRE « Nous voulons rendre aux Libanais le pouvoir », a déclaré Ziad Sayegh, directeur exécutif du Civic Hub, lors du débat au Salon du livre hier.

Le débat autour du plan quinquennal de l’Or bleu, présenté hier au Salon du livre, est assimilable à un forum de citoyens venus prendre part à une réforme, déterminés cette fois à réussir.

Sandra NOUJEIM published this Nov. 4, 2013 in the Lebanse/French daily Orient Le Jour

Le débat sur l’Or bleu initie une « démocratisation de la réforme »

Vue générale du débat animé par notre collaboratrice Suzanne Baaklini. Photo Michel Sayegh
Vue générale du débat animé par notre collaboratrice Suzanne Baaklini. Photo Michel Sayegh
SALON DU LIVRE « Nous voulons rendre aux Libanais le pouvoir

Présenté par le « Civic Influence Hub », un groupe civil de pression, le livret Blue Gold (disponible en anglais, français et arabe, aux éditions L’Orient-Le Jour) est l’aboutissement d’un travail de plus de trente experts sur les moyens de gérer d’une manière plus rationnelle les ressources hydrauliques au Liban.

Plus généralement, ce plan initie une dynamique civile pour la réforme, fédératrice par définition, et qui doit inclure dans l’avenir des plans relatifs à d’autres secteurs économiques.

La réforme préconisée commence par l’eau, « symbole de la fluidité, du bouillonnement, du foisonnement… de l’existence », selon les termes de Ziad Sayegh, directeur exécutif du CIH, présentant le plan Blue Gold comme point de départ d’une action qui vise à « unifier tous les Libanais autour de choix économiques fondamentaux ».

« Nous voulons rendre aux Libanais le pouvoir », a-t-il déclaré, résumant ainsi l’enjeu du CIH qui, « en ces temps sinistres de déconsidération du politique (…), cherche à redonner confiance en l’action politique ».

S’agissant précisément de l’Or bleu, notre collaboratrice Suzanne Baaklini, spécialiste des dossiers environnementaux, a appelé à débattre de ce plan qui « entend inverser la tendance actuelle – qui se rapproche plus du gaspillage que de la gestion durable – et rendre le Liban excédentaire en eau d’ici à 2020 ».

Ce débat est lié au « devoir de la société de réfléchir sur les moyens de protéger ses ressources et de faire parvenir l’eau à tous les citoyens ».

« L’eau, à l’origine de la démocratisation du Liban »
Dans un exposé historico-politique condensé de la gestion de l’eau au Liban, Hyam Mallat, avocat et professeur de droit de l’eau et de l’environnement, a décrit la mouvance des « relations privilégiées du Liban avec l’eau », ayant d’abord trouvé leurs bases dans « le droit coutumier, concrétisé ensuite par la théorie des droits acquis sur l’eau ».

Ce sont des « habitudes de gestion et de comptabilité » que des générations de Libanais ont acquises afin d’exploiter les eaux. Les relations privilégiées instaurées ainsi au fil de « pratiques concrètes, souples, naturelles pour vivre et survivre pendant près de trois siècles se sont concrétisées par un phénomène innovateur : celui de les doter d’institutions » capables d’assumer les différentes fonctions liées à la gestion de l’eau.

L’enjeu serait donc de préserver aujourd’hui ce rapport à l’eau au niveau des institutions, ce rapport historique étant en soi représentatif de l’idée selon laquelle « l’eau est à l’origine du phénomène de démocratisation au Liban ».

Ce rôle serait décrit par Volney (philosophe et orientaliste français du XVIIIe siècle) dans un passage lu par le professeur Mallat. Séjournant alors à Choueir, Volney avait écrit que « les habitants ont déployé dans ces rochers une industrie que l’on chercherait vainement ailleurs ».

À force d’art et de travail, ils ont contraint un sol rocailleux à devenir fertile. Le texte s’achève sur une impression qui se dégage de cette organisation innovatrice, celle de « sentir combien était puissante l’influence, même la plus légère, de la liberté ».

De l’importance de l’eau pour les productions agricoles jusqu’à « l’apport des familles et communautés pour la gestion de l’eau », un seul constat : « En dépit des querelles villageoises méritoires, les Libanais ont su se mettre d’accord, car ils étaient libres, et qu’il n’y a point de démocratie sans liberté. »

« La rareté a forcé à l’intelligence »
Cette importance de l’eau à l’échelle locale est transposée au niveau de « l’histoire diplomatique régionale », selon l’expression du professeur Mallat, que développe Pierre Blanc, ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts, auteur de l’ouvrage Proche-Orient : le pouvoir, la terre et l’eau. S’il décrit le Proche-Orient comme « le lieu de la rareté à l’échelle mondiale », il tend à percevoir néanmoins « la rareté comme facteur de civilisation ».

Elle a en effet « obligé les communautés à se fédérer pour répondre aux manques, mais aussi aux épisodes fréquents d’inondations ».

Autrement dit, « la rareté a forcé à l’intelligence », a-t-il déclaré. Et dans cette lutte énergique contre « la faible disponibilité hydraulique », le Proche-Orient enregistre « une moyenne de stockage en barrages qui se détache nettement de l’ensemble mondial : 80 % pour le Moyen-Orient, contre 10 % en Europe par exemple ».

Néanmoins, l’on se trouve à « une limite qui pose le problème de conflictualité interne », sur fond de tensions internationales, précise Pierre Blanc, à l’heure où « l’actualité hydro-politique continue de se renouveler », comme le démontre le modèle égyptien (l’exemple du barrage Renaissance en Éthiopie).

Il préfère évoquer « les violences hydrauliques », qu’il substitue à l’expression de « guerre de l’eau ». Ce sont en effet les rapports de force qui définiraient les avantages arrogés sur l’eau, en l’occurrence par Israël.

Il revient ainsi sur le conflit entre Israël et le Liban-Sud en 2002 autour des eaux du Wazzani, à l’issue duquel le Liban s’est contenté de la part couvrant ses besoins en eau potable, « se résignant à abandonner le volet irrigation, qui pourtant utilise le plus d’eau (le secteur agricole consomme 80 % de l’eau conventionnelle, selon l’étude, NDLR) ».

S’il estime en effet que le Liban est « un château d’eau, se démarquant naturellement des pays de la région », il se désole du fait que « ses équipements hydrauliques et sa politique de l’offre sont en retrait ».

Le plan quinquennal énumère d’ailleurs les failles de la gestion de l’eau, devenues « les spécificités » du pays, selon Fadi Comair, président d’honneur du Réseau méditerranéen des organismes de bassin (Romob), et l’un des principaux concepteurs du plan avec Hyam Mallat.

(Voir les autres événements organisés par L’Orient-Le Jour au Salon du livre francophone de Beyrouth)

Au Liban, le diagnostic des failles
Des coupures et fuites quotidiennes (estimées à 48 %) dues à « la distribution défaillante de l’eau » jusqu’aux « gaspillages importants », il existerait une véritable menace à la vie des citoyens. « La pollution des eaux est en augmentation », poursuit-il, dénonçant la désorganisation des responsables.

« Les responsabilités sont trop diluées, plus d’une dizaine d’organismes publics étant impliqués dans la gestion hydraulique ; les système intégrés d’informations sont absents, les connaissances parcellaires et les compétences insuffisantes. » À « la mauvaise gestion de la demande liée entre autres à la corruption » s’ajoute une gestion déficiente de la clientèle, que trahit par exemple un système tarifaire non équitable. Le déficit budgétaire conduit au gel de projets partenariat public-privé, nécessaire pourtant pour optimiser la gestion hydraulique.

Feuille de route
La feuille de route que propose le plan quinquennal s’articule autour de huit défis, notamment la promulgation d’un code de l’eau, préalable à la consolidation de la bonne gouvernance ; le contrôle des fuites « grâce à des actions ciblées » ; « le recours à des techniques d’irrigation plus économes et aux microcrédits pour les agriculteurs »; l’exploitation de nouvelles masses d’eau, ce qui permettrait de combler partiellement le déficit d’eau prévu pour 2040 (1 095 millions de m3 contre 1 660 millions de m3 en mobilisant 565 millions de m3 de nouvelles masses d’eau ) ; la création d’un centre d’information et de formation aux métiers de l’eau ; le travail, à l’échelle régionale, pour une meilleure application de la convention de 1997 de l’ONU

« Un partage équitable et une utilisation raisonnable entre les nations ».

Insistant sur l’éducation, le Civic Hub sollicite le vote de la société via Internet (bluegoldlebanon.com), mais aussi l’appui des investisseurs pour permettre à son initiative d’aboutir.

Lire aussi

Le plan quinquennal de « l’Or bleu » : pour une gestion plus rationnelle des ressources hydrauliques au Liban

L’eau, un grand gâchis libanais ?

Du Rhin aux conflits hydrauliques du Moyen-Orient : quelles leçons tirer ?

“Makhfar Hobeich” changed to Ras Beirut Police Station

The former police station Hebeich on Bliss Street and by the American University of Beirut (AUB)  finished the renovation work that has been undergoing for a year.

The bastion of Lebanon’s morale values incarceration station is to become a model commissariat.

C’est un nouveau visage accueillant, sobre et modernisé du commissariat de Hobeiche-rue Bliss, qui s’est révélé hier. Plus d’un an après le début des travaux de réhabilitation, les nouveaux locaux portent désormais le nom de « commissariat de Ras Beyrouth ».

Cette désignation neutre n’est pas fortuite : elle accompagne le projet pilote pour lequel ce commissariat servira de support, celui de la mise sur pied d’une police de proximité au Liban.

L’ancien bastion de la police des mœurs au Liban, qui avait longtemps inspiré une appréhension collective au fil de récits sur la sévérité de ses interrogatoires, est désormais le premier « commissariat modèle » du pays.

Sandra NOUJEIMpublished in OLJ this Jan. 17, 2014

 Le commissariat de Hobeiche change de nom et devient un modèle

Des policiers à vélo veilleront à la sécurité et au confort des citoyens sur la corniche de Aïn el-Mreissé. Photos Ibrahim Tawil
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Le commissariat de Ras Beyrouth est le premier à appliquer la méthode de la police de proximité, indissociable de la confiance des citoyens dans les institutions.

Doté d’une nouvelle équipe finement sélectionnée et formée dans l’esprit du respect des droits de l’homme, il fonctionne désormais sur les bases du partenariat avec les citoyens, qui a inspiré la méthode dite de la police de proximité.

Cette methode tend en effet à combattre la délinquance à l’échelle du quartier où elle est établie en y assurant une omniprésence, relayée par la confiance des citoyens.

Elle se manifeste par la multiplication des patrouilles, la normalisation de la présence des agents dans l’espace public, que l’on verra bientôt circuler à vélo sur la corniche, l’archivage numérisé des crimes et des informations utiles, l’accélération des mécanismes de réponse aux situations de détresse. La prévention du crime s’en trouve tout autant améliorée.

Cette réforme devrait notamment produire des effets palpables sur les cas de violence domestique.

Une conférence de presse au West Hall de l’Université américaine de Beyrouth, précédant l’inauguration officielle du bâtiment Hobeiche, a présenté les bases du projet de commissariat modèle, initié il y a 18 mois par la Direction générale des Forces de sécurité intérieure.

Il s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large de planification stratégique, qui avait permis notamment l’élaboration d’un nouveau code de conduite des agents. La réhabilitation et l’équipement du commissariat Hobeiche et la formation des agents ont été entièrement financés par les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne.

L’ambassadeur britannique, Tom Fletcher, a d’ailleurs pris part à la cérémonie aux côtés de Richard Mills, représentant l’ambassadeur des États-Unis, et de Peter Dorman, président de l’Université américaine de Beyrouth.

Au large public d’officiers des FSI réuni, à leur tête le directeur général des FSI p.i. le général Ibrahim Basbous, se sont joints le mohafez de Beyrouth, Nassif Alouche, représentant le ministre sortant de l’Intérieur, la juge Nada Asmar, représentant le procureur général p.i., les représentants du directeur de la Sûreté générale, du commandant en chef de l’armée et du directeur de la Sûreté de l’État, ainsi que les mokhtars de Ras Beyrouth.

La richesse de la localité

Modérant les interventions, le responsable du département des relations publiques des Forces de sécurité intérieure, le colonel Joseph Moussallem, a mis l’accent sur « l’unité nécessaire, pour servir la justice, entre les FSI et les citoyens de tout âge, toute catégorie et toute confession ».

Le choix de la localité de Ras Beyrouth s’explique. L’inspecteur général des FSI, le général Pierre Nassar, qui préside la commission de gestion du projet de police modèle, a longuement décrit la variété des établissements (pédagogiques, touristiques et bancaires) et la richesse identitaire de la région choisie. Peter Dorman a décrit le développement urbain de Ras Beyrouth, dont l’AUB « est un élément indélébile ».

Il a relevé la richesse de son architecture, qui contraste aujourd’hui avec « la triste multiplication des mendiants dans les rues ». Le tissu sociologique d’une région, qui en fait un indicateur de la situation politique et économique du pays, serait le lieu optimal pour tester l’efficience d’une police de proximité au Liban. Résumant l’essence de cette méthode, le général Nassar a précisé qu’elle marque « le passage de la perception du citoyen comme ennemi potentiel, à sa perception comme partenaire et acteur de la coopération avec les FSI ».

« Citoyens, nous vous tendons la main »

La méthode en question devrait en contrepartie inciter les citoyens à plus de confiance dans le professionnalisme des FSI, et à repérer « leur courtoisie, leur traitement égalitaire, leur transparence et leur fermeté ». « Nous vous tendons la main en espérant que vous ferez de même pour nous. Le commissariat a été réaménagé pour vous accueillir de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré, rappelant que le (long) chemin de réforme ne fait que commencer.

D’ailleurs, le directeur général des FSI p.i., le général Ibrahim Basbous, est revenu sur « la constante évolution des FSI depuis leur création en 1861 ».

Si la police de proximité est « une philosophie de l’organisation et une nouvelle méthode du travail policier », elle « ne tend pas à un changement radical des méthodes de la police traditionnelle, dont elle reste un complément, non un substitut », a relevé le général Basbous. Parvenir néanmoins à cette complémentarité serait en soi une consécration du « règne et de la souveraineté de la loi », a-t-il conclu.


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