Adonis Diaries

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A highly educated French joined the Kurd fighters in Syria. An interview

Le récit d’Hubert, normalien français, qui combat l’État islamique en Syrie

INTERVIEW/VIDÉO – Ce jeune Français a tout quitté en septembre dernier pour rejoindre les combattants kurdes de Syrie. Il a participé à la libération de Manbidj, le principal point de passage pour les djihadistes occidentaux, dont plusieurs terroristes du 13 novembre.

Les dernières poches de résistance des djihadistes de l’Etat islamique à Manbidj en Syrie ont cédé samedi 13 août.

Les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe, ont célèbré ces dernières heures avec les civils la libération de la ville qui était le principal point de passage vers la Turquie pour les membres de l’Etat Islamique.

Marc Khairallah shared this link

Hubert, un jeune Français, a tout quitté il y a neuf mois pour s’engager auprès des Unités de protection du peuple (YPG), la branche armée des Kurdes de Syrie. Pour Le Figaro.fr, il revient sur la bataille et explique le sens de son engagement armé contre Daech.

LE FIGARO. – Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans les forces kurdes?

Hubert – Plusieurs raisons m’ont poussé à rejoindre les YPG, mais deux épisodes ont eu un effet déclencheur: lorsque Daech a tenté de s’emparer de Kobané, puis a pris le contrôle de Sinjar et massacré les Yazidis.

A ce moment-là, je travaillais dans le civil en Irak. J’ai vu que Daech était capable d’asservir une population. Mais j’ai aussi vu que les YPG étaient capables de les repousser.

J’avais été déçu par les peshmergas (les combattants kurdes irakiens, NDLR. A la solde de USA)), qui avaient fui Qaraqosh et la plaine de Ninive sans se battre. Je parlais kurde, j’avais des contacts sur place, donc j’ai décidé de rejoindre les YPG en Syrie.

Pourquoi avoir pris les armes?

Au départ, je voulais plutôt travailler dans le civil. Mais à l’Académie militaire, par laquelle transitent tous les volontaires étrangers, j’ai vu des jeunes kurdes, qui avaient fait des études comme moi, prendre les armes. (Donc, ce sont les militaires qui emboche les nouveaux Jihadists?)

Je me devais de les suivre. Nous menons le même combat contre Daech, un ennemi qui nous a clairement déclaré la guerre. On ne peut plus rester indifférent ou s’enfermer dans la peur. Ça suffit, il faut se battre. S’ils veulent nous frapper chez nous, il faut aller les frapper chez eux.

Quelle part avez-vous prise dans les combats?

J’ai combattu six semaines dans les villages autour de Manbidj, et trois semaines dans la ville. Dans un tabor (section) de 50 soldats, j’ai participé aux affrontements dans les quartiers d’al-Sarb et de Bustan al Yasti.

Au plus fort des combats, nous avons mis une semaine pour avancer de trois blocs… Il fallait déloger les djihadistes qui tenaient leurs positions dans des immeubles de quatre à cinq étages, avec la présence de nombreux snipers. Les affrontements ont été particulièrement durs, puisqu’ils ont duré plus de deux mois.

Les djihadistes nous ont opposé une solide résistance, d’autant qu’on leur avait coupé toute possibilité de retraite.  (A bad strategy)

Dans mon tabor, nous avons perdu près de 20% des effectifs. Parmi les volontaires étrangers, nous avons perdu deux camarades américains, un Suédois et un Slovène.

Les djihadistes étaient très mobiles, pour éviter les frappes de la coalition. Ils menaient des attaques éclairs, à trois ou quatre personnes, avant de disparaître dans la foulée. Ils n’étaient pas beaucoup, mais ils multipliaient les manœuvres pour tenter de nous déstabiliser.

Leur grand truc, c’était de hurler des “Allahou akbar” par des mégaphones installés sur des camions qui tournaient dans la ville, ou depuis les minarets, pour donner l’impression qu’ils occupaient le terrain. On leur répondaient par des insultes.

Pourquoi la libération de Manbidj était-elle une étape essentielle dans la lutte contre l’Etat islamique?

Manbidj était le dernier point de passage majeur de l’Etat islamique vers la Turquie, par lequel transitaient les djihadistes étrangers et prospérait le trafic par lequel ils se financent.

En reprenant la ville, nous avons renforcé leur isolement et nous tarissons leurs ressources. C’est une victoire majeure contre Daech. La prochaine étape sera de rejoindre Afrin, qui est à une centaine de kilomètres à l’Ouest, pour les couper totalement du reste du monde.

Pour vous, cette victoire a un goût particulier en tant que Français…

Oui, participer à cette bataille était essentiel pour moi. Ici, on surnommait Manbidj la «petite France», à cause du nombre de djihadistes francophones qui ont transité par là.

Samy Amimour y a vécu en juin 2014, comme d’autres de ses complices qui ont commis les attaques du 13 novembre2015 à Paris et Saint-Denis, où celle de Bruxelles. Cela faisait deux ans que Manbidj était devenue la première grande ville par laquelle tous les djihadistes internationaux passaient lorsqu’ils rejoignaient le califat, ou repartaient en occident.

La lutte contre Daech ne peut-elle pas se faire depuis l’Europe?

Si, bien sûr. Chacun doit faire du mieux qu’il peut là où il est. Moi, j’ai vu l’expansion de Daech depuis l’Irak où je vivais. Je ne pouvais pas rester comme ça, vis-à-vis de mes amis kurdes ou de mes frères chrétiens.

Mais il y a aussi beaucoup à faire depuis l’Europe où les idées vénéneuses de Daech prospèrent sur un vide spirituel profond, et sur l’incapacité de l’Occident à proposer un idéal à sa jeunesse. Il faut renouveler notre société, la rendre plus volontaire, plus optimiste.

Dans le Rojava (territoires kurdes de Syrie, NDLR), ils essaient vraiment de fonder un nouveau modèle que je trouve passionnant, et qui me pousse à m’engager auprès d’eux.

Il repose sur quatre principes: l’égalité hommes-femmes, le pluralisme religieux, la démocratie directe et le respect de l’environnement. Ils ont de belles idées, et une réelle vitalité dont la jeunesse de France devrait s’inspirer.

 

 

I survived a local cease-fire in Syria 

this February 20, 2015

Kassem Al-Haj Eid is also known by the nom de guerre Qusai Zakarya.

U.N. special envoy Staffan de Mistura has been working furiously to secure a local cease-fire, or “freeze zone,” in the battered Syrian city of Aleppo.

This week, de Mistura reported that the Assad regime was prepared to suspend its attacks on the city.

I believe I can offer some insight into what such a pledge really means. I survived a local cease-fire in Syria.

At the start of 2014, I was a hunted man.

After blocking food and other critical supplies from reaching us for more than a year, Bashar al-Assad’s forces had just strong-armed my home town, Moadamiya, into signing a local cease-fire.

In protest, I resigned from Moadamiya’s local council and denounced the terms of the deal live on Al-Arabiya television. This made me one of Moadamiya’s most wanted men.

Suddenly, I began to find on my doorstep notes threatening me and my extended family with death unless I turned myself in. Friends I had not spoken to in years were arrested, interrogated and tortured for information on me.

The regime raided my childhood home and attempted to arrest my family in Damascus and other places. Eventually, I came to believe that my detention was inevitable. I agreed to a meeting, figuring that I was about to die.

To my surprise, however, I was given the royal treatment.

The regime put me up in a five-star hotel and offered me scrumptious meals of a kind I had not experienced for 18 months.

Gen. Ghassan Bilal, an aide to Bashar al-Assad’s brother Maher, offered me and my entire family a safe, comfortable place to live in Damascus. I was asked to do only one thing in return: Promote local cease-fires in the media.

I told Bilal that in 2011, Syria’s freedom protesters had asked for a better future for everyone, including for him, but received only bullets in reply. He conceded to me that the crackdown had been wrong and had forced Syrians to take up arms, and he told me that Assad had tried to stop the attacks, only to be overruled by his intelligence services.

But when I asked about the use of sarin gas against civilians in August 2013, I clearly crossed a line. His demeanor changed, and a menacing smile crept onto his face. “We both know the who and why,” he snapped. “Don’t ask questions you know the answer to!”

This conversation convinced me that Bilal felt no contrition for all the innocent blood on his hands. I knew I could not accept his offer.

As a desperate gambit for my life, however, I pretended to agree, arguing that I needed to leave Syria to fulfill my new calling. If I were to praise the cease-fires from Damascus, I pointed out, my media contacts would assume I was doing so under duress.

The ruse worked. Bilal arranged for my passage to Lebanon, and from there, I made my way to the United States.

Today, I remain in regular contact with my friends in Moadamiya. Now enough time has passed to evaluate the success of this supposed cease-fire.

With the cease-fire, basic services were supposed to be restored, checkpoints removed and prisoners freed. None of this has happened.

The regime continues to cut off power, gas and other basic services to Moadamiya. Some humanitarian aid is allowed to enter, but not nearly enough for the town’s residents.

The regime is also pressuring civilians to return to Moadamiya, which is undermining living conditions and forcing the local council into more concessions.

My initial suspicions have all been confirmed.

Most egregiously, bombardments continue and the regime has resumed arrest raids on civilians. Dozens of people have been tortured to death. The politicians and diplomats say a local cease-fire is in effect in Moadamiya, but they have abandoned us to the Assad regime’s brutal hands.

De Mistura said this month that “President Assad is part of the solution,” but the regime has already shown that it is not serious about compromise and has no regrets for destroying the country.

If the United Nations cannot even enforce a local cease-fire in a single town, what makes de Mistura think he can do it in Syria’s largest municipality?

In recent months, my conversations with friends back home have grown more difficult. Many are seriously considering joining the Islamic State, even though they oppose everything it stands for.

They are sick of the world’s hypocrisy and double standards. The world protects Kobane but lets Aleppo burn (it is the local who defended their town for weeks before any rescue showed up).

Starving Yazidis in Sinjar receive urgent food airdrops while starving Syrians in Moadamiya are left to die.

Coalition warplanes crisscross Syria every day. Where are the airdrops of food or medical supplies for the hundreds of thousands of Syrians besieged by the Assad regime in Moadamiya and elsewhere?

Such glaring hypocrisy is bound to turn more Syrians toward the Islamic State. Correcting the hypocrisy should be a morally obvious choice. The world cannot help Syrian civilians by prodding us into negotiations with bloodthirsty murderers.

(The Syrians have two options: find a political resolution to efficiently fight ISIS and Al Nousra Front or join these extremist Islamic movements.)

Note: Fighting from the USA is not a convincing patriotic position or a serious opinion that will make any inroad in our societies.


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