Adonis Diaries

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Why Israel and the US consider Armenia as the enemy?

L’état hébreu dans les coulisses du conflit Azerbaïdjan-Arménie.

Since early October, Israel was shipping by air drones and missiles to Azerbaijan. Israel has been training this State security institution.

By Dominique Delawarde.

Les médias mainstream occidentaux ont beaucoup insisté sur le rôle majeur et indéniable de la Turquie dans la crise opposant l’Arménie à l’Azerbaïdjan, mais ils sont restés extrêmement et étonnamment discrets, voire silencieux sur le rôle tout aussi important, joué, en coulisse, par Israël, et sur son positionnement dans cette affaire.

Ce rôle n’a pourtant pas pu échapper à un géopoliticien ou à un observateur averti

Il y a les discrètes navettes aériennes entre Tel Aviv et Bakou qui, au début d’octobre transportaient de l’armement sophistiqué (notamment des drones et des missiles).

Une part non négligeable de l’armement azéri est d’origine israélienne.

Il faut rappeler que l’Azerbaïdjan est le premier pourvoyeur de pétrole d’Israël et lui fournit 40% de ses besoins.

Ceci suffirait presque à expliquer l’alliance de fait, entre les deux pays, alliance basée sur une sorte d’échange « pétrole contre armement ».

Il y a la relative discrétion des chancelleries et des médias occidentaux – dont on sait qui les contrôle – sur l’ingérence ouverte de la Turquie, pays membre de l’OTAN, contre l’Arménie, pays membre de l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) aux côtés de la Russie.

La coalition occidentale a bien protesté du bout des lèvres: elle a bien appelé « à la retenue » et au « cessez le feu », mais elle a laissé faire la Turquie sans vraiment dénoncer son impérialisme islamiste, désormais tous azimuts (Syrie, Irak, Libye, Méditerranée orientale, Caucase).

Il y a encore la prise de position officielle de Zelenski, premier président juif d’Ukraine, en faveur de l’Azerbaïdjan, et contre l’Arménie.

Il y a enfin cette déclaration de Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro qui nous apprend dans un tweet :

Conflit au Nagorny-Karabakh : au-delà de la station du Mossad basée en Azerbaïdjan pour espionner l’Iran et de la livraison de matériels militaires à Bakou, Israël entraîne les forces de sécurité azéris, confie un diplomate européen, qui fut basé en Azerbaïdjan.

Mais pourquoi l’État hébreu se distingue-t-il aujourd’hui, par sa présence et son action dans cette région du monde aux côtés de la Turquie, de l’Azerbaïdjan et du djihadisme islamiste ?
Il faut se rappeler que l’activisme d’Israël sur la scène internationale n’est pas que régional, mais mondial. Il peut être direct ou indirect.
Son empreinte est souvent perceptible et parfaitement identifiable dans la politique étrangère des grands pays occidentaux (USA, UK, FR, Canada, Australie), mais elle l’est aussi dans presque tous les grands événements qui ont affecté l’évolution géopolitique mondiale des dernières décennies: (guerres au Proche et Moyen-Orient, révolutions colorées et/ou changement de pouvoir (ou tentatives) notamment en Amérique du Sud (Brésil, Bolivie, Venezuela, Colombie, Équateur) mais aussi en Europe (Maïdan …) et en Afrique du Nord (printemps arabes, hirak algérien).
À noter aussi l’ingérence plus ou moins ouverte dans les élections des grands pays de la coalition occidentale (USA, FR, UK, Canada, Australie) par des financements généreux de sa diaspora visant à promouvoir les candidats qui lui sont favorables et à détruire ceux qui ne le sont pas.

Cet activisme pro-israélien s’exerce par le biais d’une diaspora riche, puissante et organisée.

Cette diaspora  collectionne les postes d’influence et de pouvoir, plus ou moins « achetés » au fil du temps et des circonstances, au sein des appareils d’État, au sein des médias mainstream, au sein des institutions financières et des GAFAM qu’elle contrôle.

Le Mossad n’est pas en reste et fonde l’efficacité de son action sur le système des sayanims, parfaitement décrit par Jacob Cohen dans sa conférence de Lyon.

L’action de ces relais et soutiens vise à défendre et à promouvoir les intérêts directs et indirects de l’État hébreu sur la planète entière et à élargir le cercle des pays et des gouvernances qui le soutiennent.

Elle vise aussi à affaiblir celles et ceux qui lui sont opposés. Elle est tenace, efficace et s’inscrit dans la durée.

Pour gagner, l’État hébreu, comme le fait aussi très bien l’OTAN, n’hésite jamais à faire des alliances de circonstance, limitées dans l’espace et dans le temps, avec tel ou tel de ses adversaires (Turquie et djihadistes en Syrie par exemple).

Ses actions sont souvent « préméditées », « concoctées » et « coordonnées » avec ses correspondants « néoconservateurs » de Washington. Comme partout ailleurs le mensonge d’État et la duplicité sont monnaies courantes…

Pourquoi susciter et/ou mettre de l’huile sur le feu dans un conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie et pourquoi maintenant ?

Trois grands pays de la région, la Russie, la Turquie et l’Iran, sont directement concernés par ce conflit et par ses conséquences potentielles, parce qu’ils sont frontaliers avec l’une des deux parties en conflit, et parfois les deux.

Israël, pour sa part, n’est qu’indirectement concerné, mais l’est tout de même.

Cette région du Caucase est également une «zone de friction» entre des alliances qui ne s’apprécient pas vraiment: La coalition occidentale et l’OTAN dont la Turquie et Israël jouent la partition, l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) dont la Russie et l’Arménie sont membres, et l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï) à laquelle la Russie et l’Iran sont liés (pour l’Iran, comme membre observateur et aspirant candidat depuis 15 ans).

Pour compliquer le tout, le premier ministre arménien en fonction, Nikol Pashinyan, a cru bon de devoir afficher sa préférence pour l’Occident dès sa prise de fonction et de prendre ses distances avec Moscou, ce qui met son pays en position délicate pour réclamer aujourd’hui l’aide de la Russie.

Le déclenchement de la crise actuelle est une opération qui dépasse largement le cadre étroit d’un conflit territorial entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Il s’agit d’une opération de plus – après Maïdan en Ukraine, après la tentative de révolution colorée en Biélorussie et après les affaires Skripal et Navalny – visant à mettre la pression sur la Russie, mais aussi sur l’Iran, en les mettant dans l’embarras, voire, en les poussant à la faute.

Il est clair que toute intervention rapide et musclée de la Russie dans ce conflit aurait été immédiatement condamnée par la « communauté internationale autoproclamée » – c’est à dire par l’OTAN – et suivie de l’habituel train de sanctions anti-russes, par les USA, servilement suivis par ses vassaux européens. 

Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, mettre un terme au gazoduc North Stream II reste un objectif majeur pour les USA…

L’absence d’une ferme réaction des occidentaux dans la crise du Caucase est, en elle- même, révélatrice sur quatre points :

1 – La défense de l’Arménie n’est pas une priorité pour la coalition occidentale. Monsieur Nikol Pashinyan, premier ministre arménien, s’est donc trompé de cheval en misant sur l’Occident pour la défense de son pays. La coalition occidentale laisse souvent tomber ses alliés de circonstance comme ils l’ont fait pour les Kurdes en Syrie…

2 – En atermoyant et en laissant venir une réaction russe qu’elle espère pouvoir sanctionner en mettant définitivement fin au North Stream II, la coalition occidentale montre, une fois de plus, sa duplicité et son cynisme. Peu lui importe l’Arménie…

3 – En créant un foyer d’infection djihadiste aux frontières de la Russie et de l’Iran, la coalition israélo-occidentale montre, une fois de plus, qu’elle est prête à pactiser avec le diable et à l’instrumentaliser pour parvenir à ses fins, en l’occurrence l’affaiblissement de ses  adversaires russes et iraniens.

4 – En laissant agir la Turquie et Israël sans réaction, la coalition occidentale reconnaît implicitement, derrière des discours trompeurs, que ces deux pays agissent à son profit.

Le quotidien israélien « The Jerusalem Post » a abordé dans un article récent les affrontements entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie non sans laisser éclater la joie israélienne de voir le Caucase devenir un nouveau foyer de crise potentiellement susceptible d’avoir un impact considérable sur le Moyen-Orient.

L’impact recherché par Israël est toujours le même : alléger les pressions et les actions iraniennes et russes sur le théâtre syrien en ouvrant un « nouveau front de préoccupations » aux frontières de ces deux pays.

En conclusion, quatre points méritent d’être soulignés, à ce stade de la crise,

1 – Monsieur Pashinyan, premier ministre arménien, a fait une erreur d’appréciation en misant sur un camp occidental qui s’avère moins fiable que prévu pour défendre l’intérêt de son pays. Il devra, peut être, in fine, faire des concessions douloureuses et pourrait bien y perdre son emploi lors des prochaines élections.

2 – Monsieur Aliyev, président de l’Azerbaïdjan majoritairement chiite, regrettera peut être un jour d’avoir introduit sur son sol des djihadistes sunnites pour combattre l’Arménie. I

l regrettera peut-être aussi l’instrumentalisation dont il est l’objet par la Turquie et Israël, chevaux de Troie de l’OTAN. Ses voisins russes et iraniens ne  lui pardonneront pas facilement…

3 – La Russie, dont la gouvernance et la diplomatie ne sont pas nées de la dernière pluie, n’est toujours pas tombée, tête baissée, dans le piège de l’intervention immédiate et musclée qui pourrait, après la tragi-comédie « Navalny », sonner le glas du North Stream II.

Elle interviendra, tôt ou tard, lorsque le bon moment sera venu. Les différents protagonistes directs et indirects ne perdront rien pour attendre.

4 –  Israël et l’Occident otanien auront-ils gagné quelque chose à poursuivre leurs  actions de harcèlement aux frontières de la Russie et de l’Iran en instrumentalisant l’Azerbaïdjan et en cherchant à détacher l’Arménie de l’OTSC dans le cadre de la stratégie d’extension à l’Est qu’ils poursuivent depuis trente ans ? Rien n’est moins sûr. L’avenir nous le dira.

Quant à la solution du problème territorial, source du conflit déclenché par l’Azerbaïdjan-contre l’Arménie, elle réside probablement dans l’application de l’article 8 du Décalogue de l’Acte final d’Helsinki voté le 1e août 1975 qui régit les relations internationales entre les états participants. Cet article évoque clairement « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Lorsqu’une volonté de quitter un ensemble étatique est validé par un, voire plusieurs référendums à plus de 90%, et lorsque cette sécession a été effective durant 34 ans, sans conflit majeur – ce qui est le cas pour la république d’Artsakh (Haut-Karabakh)-,  il semble légitime que la communauté internationale puisse prendre en compte la volonté des peuples et d’accepter de reconnaître ce fait en dotant ces nouveaux états d’une structure juridique particulière leur garantissant une paix sous protection internationale.

On me rétorquera que l’article 3 du même décalogue d’Helsinki rappelle l’intangibilité des frontières.

Il s’agira pour la communauté internationale, de déterminer si le droit des peuples à disposer d’eux même doit primer, ou non, sur l’intangibilité des frontières, après 34 ans de séparation totale et effective de vie commune entre deux parties d’un même état.

Cette décision, lorsqu’elle sera prise, ne devrait pas être sans conséquences jurisprudentielles sur le futur du Kosovo, de la Crimée, ou de la Palestine occupée…

Pour ceux qui souhaitent élargir et diversifier leurs connaissances sur ce sujet sensible, je suggère la lecture de deux articles intéressants :

– un article de Jean Pierre Arrignon, historien byzantiniste et spécialiste de la Russie

– un éditorial de Eric Denécé, patron du CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement sous le titre : « Le conflit Arménie/Azerbaïdjan au Haut-Karabakh relancé par la Turquie ».

– Un article de source azérie permettant de mieux comprendre la place du mouvement sioniste en Azerbaïdjan:

– Un autre article de DD (février 2017) expliquant les relations croisées entre la Russie, les USA et Israël et susceptible d’éclairer le sujet d’aujourd’hui:

Baku of 1901: Paris of the Orient Gate?

By 1900, Baku (Capital of Azerbaijan on the Black Sea) was the center of oil production and it supplied half the world’s demands.

The Swedish Alfred Nobel (inventor of dynamite) and his brother ran the first oil tanker named “Zarathustra”; a fitting name since Baku was then the main religious city of the Yazd sect that worshiped the sun and fire since antiquity.

Oil was known for thousands of years in this region, and Baku was the religious capital of the Zarathustra sect after Islam invaded Iran in around 650 AC.   And Azerbaijan became the main Islam Chiaa sect region before Iran adopted that sect in the 18th century.  Actually, many Persian monarchs and dynasties were originated from Azeri khans or tribal leaders in Azerbaijan.

For thousands of years, Baku was lighted at night from the burning oil on the surface of the Black Sea.  Burning waves lighted the night and hit the shores.  After kerosene was distilled in the 20th century, using kerosene lamps were common household appliances in Baku, Russia, and the neighboring regions of the Caucasus.

Baku was the richest city in the Caucasus and rivaled New York, London, and Paris in attracting immigrants and investors.

Baku became an Oriental city competing in its modernity with Paris: elegance in residences and fashion were widespread among all ethnic and religious minorities living in the ultimate of capitalist system of “laissez fair” mind of doing business.  It was a typical “frontier” city where millionaires and the poorest classes of oil workers cohabited.

Baku is a terrible windy city all year round and its soil is muddy black, soaked with oil; but wealth overcomes many climatic disadvantages.

In 1905, widespread revolts swept all over Russia to the borders with Korea.  Everyday, hundreds of politicians and civil servants were assassinated and pogroms were common.

Tsar Nicolas II decided on giving war to Japan in order to appease the revolts.  The Tsar imagined that a quick victory over “these tiny monkeys with short tails” will galvanize the Russian citizens into patriotic zeal.  Russia was quickly defeated; the entire Russian Pacific Navy sunk and hundreds of thousand of Russian soldiers were annihilated by Japanese machine guns in Mongolia.

The Russian revolts intensified.  The only remaining Russian Navy in the Black Sea was overrun my sailors and their officers slaughtered (the Potemkin debacle).  Tsar Nicolas promised a Constitution.  The Cossack cavalry understood Constitution to mean total freedom of doing what they pleased.  Hundreds of pogroms were daily occurrences in Belorussia and Ukraine (formerly belonging to the Catholic Polish Kingdom before 1772.)

The pogroms reached Baku.

The first minority victims were the Armenians who were well established and lived comfortably out of commerce and lending money.  For days, thousands of Armenians were massacred before the Cossacks managed to restore a semblance of security.

Between 1905 and 1917, Baku was kidnapped by a multitude of revolutionary groups that robbed banks, and asked for ransoms.  Joseph Stalin, under the code name of Koba and who was 28 years old, was leading the Bolshevik groups that asked ransoms in order to provide protection for minority ethnic groups.

The Communist Revolution of 1917 ruined Baku in 1920 as a prosperous city; mass transfers of population and assassinations were systematically applied.

Note:  Topic extracted from “The Orientalist” by Tom Reiss


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